"La vie éternelle, c'est qu'ils Te connaissent..." (7ème dimanche de Pâques-A)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 28 mai 2017 (12ème année)                                                             Mois de Marie

7ème dimanche de Pâques (A)

LES TEXTES DE LA MESSE

 

   La vie éternelle, c'est qu'ils Te connaissent...

 

   ...Toi, le seul vrai Dieu, et celui que Tu as envoyé, Jésus-Christ (Jean 17, 3 – Evangile). Connaître Dieu (le Père) par son Fils, Jésus, mort, ressuscité le troisième jour, et monté au Ciel à la droite du Père (cf l'Ascension) nous entraîne à L'aimer, à entrer dans son Amour... Les dernières paroles de Jésus, le Jeudi-saint, dans sa "prière sacerdotale" (cf Jn 17, 1-26) sont tellement émouvantes !

Elles évoquent un tel amour pour le Père et le Fils, le Fils dans le Père, le Père dans le Fils, dans l'unité du Saint-Esprit, une telle tendresse, une telle confiance, une telle offrande, qu'elles nous entraînent au sein de la sainte Trinité (que nous fêterons le dimanche après la Pentecôte) !

Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; et je suis glorifié en ceux que tu m'as donnés (v. 10). Ils ont gardé ta parole (v. 6). Ils ont gardé ton enseignement (la Foi), ils ont gardé ta présence, ils ont gardé ta vie, ils ont gardé ton Amour.

Oh ! gardons-les bien dans l'écrin précieux et fragile de notre âme, gardons-nous du Malin, entretenons-les par la prière, la dévotion au Sacré Cœur de Jésus, au Cœur immaculé de Marie !

 

   Bien-aimés, ne soyez pas surpris de l'incendie qui s'est allumé au milieu de vous pour vous éprouver, comme s'il vous arrivait quelque chose d'extraordinaire écrit saint Pierre (1 P 4, 12; verset qui n'a pas été retenu dans la IIème lecture). Incendie (brasier allumé écrit la traduction liturgique) dans les familles et les communautés, entre amis parfois, et, souvent, dans nos âmes. Il ne faut pas s'en scandaliser. "C'est la vie !" dit-on. Il faut seulement savoir les surmonter, discerner les artifices du diable, toujours les mêmes, nous devons être prêts au combat et ne pas nous laisser impressionner. Les dépasser par l'amour (qui est plus fort que la mort – cf note 1 - des incompréhensions et des divisions) et, surtout, le pardon. Ces incendies sont des souffrances que nous devons vivre en ayant part aux souffrances du Christ. Alors, il faut ne pas s'en attrister ou s'en désespérer, mais s'en réjouir au contraire pour être dans la joie et l'allégresse lors de la révélation de sa gloire (v. 13). Mais déjà en ce monde, aujourd'hui, car, à chaque mort (à nous-mêmes), nous ressuscitons avec Lui, en Lui...

Si l'on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous (v. 14). Heureux les persécutés pour la justice, le Royaume des cieux est à eux ! (Mt 5, 10 – les Béatitudes). S'il souffre comme chrétien, qu'il n'en ait point honte, et qu'il rende gloire à Dieu pour ce nom-là (v. 16).

Car nous n'avons à demander à Dieu qu'une chose, la seule que nous devons chercher: c'est d'habiter la maison du Seigneur tous les jours de notre vie pour admirer le Seigneur dans sa beauté (Ps 26, 4).

 

   Après avoir vu Jésus s'en aller vers le ciel, les apôtres retournèrent du Mont des oliviers à Jérusalem (Actes des apôtres 1, 12 – Ière lecture). Ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement (ou cénacle, où probablement Jésus célébra la dernière cène). Tous, d'un même cœur, étaient assidus à la prière avec Marie la mère de Jésus (v. 14).

Marie, l'Immaculée, transparente à la lumière de la connaissance des mystères de la Rédemption et de l'Amour de Dieu. C'est en la regardant prier, c'est en priant avec elle, comme en retraite, de dix jours, qu'Elle les a préparés à recevoir le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte. En silence (2). Elle ne s'est pas mise en avant, elle n'a pas fait des conférences (avec micro !). Elle pouvait, elle savait tout. Ils l'auraient admirée, applaudi même ! Elle est seulement restée transparente à la grâce pour qu'ils se purifient et qu'ils entrent par elle dans la Lumière et dans l'Amour.

   Que notre communion au mystère du salut nous confirme dans cette assurance que tu glorifieras tout le corps de l'Eglise comme tu as glorifié son chef, Jésus le Christ. après la communion)

                                                                                                                           Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) L'amour est plus fort que la mort: cf l'homélie du pape Benoît XVI, Rome, Veillée pascale, 8 avril 2007.

(2) "En silence". Depuis que j’ai lu, dans les années 50, les épîtres de Saint Ignace d’Antioche, je suis resté particulièrement impressionné par un passage de sa Lettre aux Éphésiens : “Il est préférable de rester silencieux et d’être que de parler et de n’être pas. Il est beau d’enseigner si l’on fait que ce que l’on dit. Il n’y a qu’un seul Maître qui a dit et a fait, et les œuvres qu’il a faites dans le silence sont dignes du Père. Celui qui possède vraiment la Parole de Jésus peut entendre Son silence même, afin d’être parfait, afin d’œuvrer par Sa parole et être connu par le seul fait de rester dans le silence” (15, 1s.) Pape émérite Benoît XVI (extrait de la préface qu'il vient d'écrire pour la traduction allemande du livre du Cardinal Sarah La force du silence, Pâques 2017 in La lettre de Paix liturgique n° 595 du 23 mai 2017)

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article