Je ne vous laisserai pas orphelins (Jn 14, 18) - 6ème dimanche de Pâques (A)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 21 mai 2017 (12ème année)                                                     Mois de Marie

6ème dimanche de Pâques (A)

LES TEXTES DE LA MESSE

 

   Je ne vous laisserai pas orphelins.                                                                                          (Jean 14, 18 – Evangile)

 

Nous sommes toujours dans le chapitre 14 de l'évangile selon saint Jean (le Jeudi-saint) mais tellement adapté au temps liturgique puisque nous sommes au dernier dimanche avant l'Ascension. Le Seigneur ressuscité apparait de temps à autre aux apôtres (qui ont repris leur métier de pêcheurs) pour les instruire pendant quarante jours et les entretenir du royaume de Dieu comme le précise saint Luc au début des Actes des apôtres (Ac 1, 3).

Pour nous aussi, dans notre vie terrestre d'aujourd'hui, "il est resté". Dans la Semaine-sainte, et surtout pendant le triduum pascal (jeudi, vendredi et samedi-saints), nous avons été tellement associés à sa trahison, à sa condamnation, à sa passion et à sa mort que nous nous sommes identifiés à notre sauveur, que nous nous sommes tellement unis à sa mort et à sa Pâque, qui est aussi la nôtre ! Il est ressuscité et nous L'avons reconnu: à sa voix avec Marie-Madeleine, à la fraction du pain avec les pèlerins d'Emmaüs, nous avons touché ses plaies avec Thomas, l'apôtre incrédule... Il est resté en nous, comme en eux, par la foi.

Et par bonté, par miséricorde, par amour, en un mot, Il s'est manifesté dans nos vies par des grâces, par des signes: rencontres, prières exaucées, espérances diverses, et surtout par l'approfondissement de notre foi et par la vie divine ranimée dans nos âmes...

La clé, c'est le Saint-Esprit (après l'Ascension, la Pentecôte), qu'Il nous annonce: Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur (1) qui sera pour toujours avec vous: l'Esprit de vérité (...) Vous le connaissez car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. (Jn 14, 16-17)

"Qui sera toujours avec vous"... "Il sera auprès de vous, il sera en vous". Quelle merveille ! Quel réconfort ! Quel bonheur ! Nous devons le croire et le découvrir puisque notre Seigneur nous le dit encore aujourd'hui !

Le monde ne me verra plus (qu'est-ce que "le monde" peut voir et entendre des réalités spirituelles et divines d'ailleurs, lui qui cultive l'erreur, l'esquive, le sensible et le matérialisme ?), mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. (v. 19) Sa vie nous est communiquée, si nous voulons bien mourir et renaître, ressusciter, avec Lui...

C'est par l'amour... Celui qui m'aime, qui reçoit mes commandements et qui les garde, sera aimé de mon Père; moi aussi, je l'aimerai et je me manifesterai à lui (v. 21).

Au verset 23 (non retenu dans l'Evangile d'aujourd'hui), Jésus dira de même: Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure. (2)

Il se manifeste à nous... Il fait, avec son Père, chez nous, dans notre âme, sa demeure... !

L'avons-nous reconnu, dans notre âme, dans nos vies ? Est-Il chez lui, chez nous ?

A moins que nous soyons si occupés à autre chose (à nous-même, généralement), si encombrés pour Lui laisser la place, toute la place, parce qu'Il est notre créateur et notre sauveur, et non "un coin", qu'on oublie, pour ne pas être dérangés (on pense à ces églises où on a enlevé les tabernacles – et souvent les autels majeurs – de la place centrale, de la place d'honneur, de la place pour laquelle les chœurs ont été construits avec leur mobilier, leurs vitraux, leur statuaire, etc., pour mettre le Seigneur en Sa présence substantielle dans les hosties consacrées dans un coin, en général peu visible !

 

   Bien-aimés, honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ écrit saint Pierre. C'est la raison de notre espérance qui est en nous (1 P 3, 15 – IIème lecture)

   Il ne nous laissera pas orphelins... Il fait en nous Sa demeure... Il nous donnera un autre défenseur...                                                                                                                                           Rendons grâces à Dieu !

                                                                                                                     Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) Défenseur. Consolateur traduit la bible Crampon qui précise en note: "littéralement Paraclet. Dans le Nouveau-Testament, Paraclet n'est employé que par Jean (14, 26; 15, 26; 16, 7; 1 Jn 2, 1). Il signifie avocat, défenseur, aide, soutien, et par là même consolateur. Remarquez le mot autre: le Christ est le premier Paraclet et Consolateur, comme le désigne nommément 1 Jn 2, 1."

(2) "Sur cette habitation de la divinité dans les âmes des justes, voir Rm 8, 9; 1 Co 3, 16; Gal 4, 6; 2 Tm 1, 14."  (note de la Bible Crampon)

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