Fête de l'ASCENSION

Publié le par Abbé C. Laffargue

Fête de l'ASCENSION du Seigneur, solennité.                                               Année liturgique A.

Fête d'obligation (On est tenu d'aller à la messe comme un dimanche, sous peine de péché grave)        Jeudi 25 mai 2017.

 

   Le Seigneur tout-puissant (...) élève aujourd'hui son Fils dans la gloire                                         et vous ouvre ainsi le chemin du Ciel.                                                                               (Bénédiction solennelle)

 

   Après sa Passion, il s'était montré vivant à ses apôtres, leur donnant des preuves nombreuses, puisque pendant quarante jours, Il leur est apparu, les entretenant du royaume de Dieu (Actes des Apôtres 1, 3 – Ière lecture).

Après ce temps, alors qu'Il se trouvait avec eux (étant assemblé, qu'on peut interpréter comme la participation à un repas – note de la Bible Crampon – ce que fait la nouvelle traduction liturgique), Il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem mais d'y attendre ce que le Père avait promis (v. 4).

Qu'avait-Il promis ? Qu'ils seraient baptisés dans l'Esprit Saint dans peu de jours (v. 5).

Malgré tout cela, ils demeuraient dans une certaine obscurité (en attendant la Lumière de l'Esprit Saint), attachés à des vues et des ambitions humaines: Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? (v. 6) Ah ! L'ambition ! Le pouvoir (avec l'argent, bien-sûr) ! Pourtant, lorsqu'Il "les entretenait du royaume de Dieu", Il leur parlait de la Vie éternelle, du salut de leurs âmes... Celui qui veut être mon disciple, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive (Mt 16, 24; Mc 8, 34; Lc 9, 23). Et en guise de trône, le Christ fut sur la croix; sa couronne fut d'épines, son manteau de la pourpre de son sang; ses fidèles: une poignée: un seul apôtre, sa mère et quelques femmes...

Nous aussi nous rêvons de puissance et de grandeur, en toute justice, car nous sommes fidèles à ses commandements et à son enseignement...

Le Seigneur annonce des grâces, non pas temporelles mais spirituelles: Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous. Et pour quoi faire ? Pour être ses témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre (Ac 1, 8).

La force, l'un des sept dons du Saint Esprit... (1) Il les prépare à la mission d'évangélisation du monde (en commençant par les Juifs de Palestine).

Dans l'Evangile de cette Messe, la finale de saint Matthieu, le Seigneur est claire: Allez donc, de toutes les nations faites des disciples: baptisez-les au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé (Mt 28, 19-20).

   Avec le don de force, ils recevront un esprit de sagesse (2) qui révèlera le Père et Le fera vraiment connaître. Il ouvrira à Sa lumière les yeux de votre cœur.

Cette connaissance – qui mène à l'amour – fera entrer dans l'Espérance. La lumière ouvre les cœurs pour que vous sachiez à quelle espérance vous ouvre son appel (Ephésiens 1, 17-18 – IIème lecture)L'Espérance qui nous tourne vers le Ciel, vers le Royaume de Dieu, est le fruit de l'Ascension...                                                                                                                       L'élévation du Fils de Dieu dans la gloire nous ouvre le chemin du Ciel (Cf bénédiction solennelle).

En élevant son Fils dans la gloire (Il est monté aux cieux; Il est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant affirme le Credo dans Le symbole des Apôtres) "le Père l'a établi au-dessus de tout être céleste... Au-dessus de tout nom..., dans le monde présent et dans le monde à venir" (Eph 1, 20-21).

Mais Il a aussi fait de Lui la tête de l'Eglise qui est Son corps, et l'Eglise est l'accomplissement total du Christ, Lui que Dieu comble totalement de sa plénitude (vv. 22-23).

Entre parenthèses, l'Eglise ne se réduit ni ne se résume à son existence terrestre dans un espace- temps minuscule, dans une portion de territoire tout aussi réduit (comme l'Occident latin en ce moment), encore moins à tel évêque, à tel prêtre, à tel chrétien... !

Le Christ est inséparable de l'Eglise qu'Il a fondée (Cf Mt 16, 18), et membres de Son corps par le baptême, nous vivons avec Lui comme Il a vécu et comme Il vit avec nous tous les jours, nous effectuons notre pâque: mort et résurrection, appelés à la vie de l'Esprit, dans la foi et l'espérance.

 

   Seul médiateur entre Dieu et les hommes (...) en entrant le premier dans le Royaume, Il donne aux membres de son corps l'espérance de Le rejoindre un jour (1ère préface de l'Ascension).

Devant leurs yeux, Il est monté au Ciel pour nous rendre participants de Sa divinité (2ème préface)

(...) Que cet échange mystérieux nous fasse vivre avec le Christ ressuscité (Prière sur les offrandes)

Les textes propres à cette fête dans les prières eucharistiques disent tous que le Seigneur a pris notre nature avec sa faiblesse pour la faire entrer dans la gloire, près de Toi (le Père).

Quand le Christ s'éleva et qu'une nuée vint le soustraire aux yeux des apôtres, ils ne purent détacher leur regard du ciel où Jésus s'en était allé. Dans sa bonté, Dieu envoya deux anges éblouissants sous une forme humaine qui leur dirent: Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d'auprès de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers la ciel (Actes 1, 9-11, repris dans l'Introït). Il s'agit de la fin du monde (3).

 

   Ne restons pas, nous non plus, à regarder vers le ciel, avec nostalgie et tristesse s'Il nous a "parlé du royaume des cieux" en ce temps pascal; ou à scruter le ciel avec impatience ou désespérance s'Il ne s'est pas manifesté davantage dans nos vies; mais prenons conscience de ce qu'il nous a laissé: la grâce du baptême et des sacrements, de l'Eucharistie surtout, Sa présence réelle et substantielle.

Préparons-nous comme les apôtres avec Marie à "recevoir le Saint-Esprit" dans dix jours (la fête de la Pentecôte), et soyons, à notre tour, des apôtres, des évangélisateurs, sans crainte ni tristesse, car

Il est avec nous, tous les jours, jusqu'à la fin du monde (Mt 28, 20).

                                                                                                         Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(1) Le don de force: Le don de Force nous donne la patience et la fermeté paisible dans l'épreuve. C'est cette force qui transparaît dans la douceur silencieuse et désarmée de Jésus dans sa Passion. Le don de Force nous communique quelque chose de la douceur de l'Agneau immolé et vainqueur.

(2) Par le don de Sagesse le Saint-Esprit nous fait goûter et voir* combien le Seigneur est bon.  

Ce don rend l'âme sensible à l'amour de Dieu avec force, douceur et joie.

* C'est le gustate et videte quoniam suavis est Dominus ("Goûtez et voyez combien le Seigneur est bon")           du Ps du psaume 33, 9.

(3) La fin du monde: Cf le Catéchisme de l'Eglise Catholique, article 7 du Credo, Il reviendra dans la gloire, nn. 668 et suiv. Pour juger les vivants et les morts ("Le jugement général" distinct du "jugement particulier" de nos âmes au moment de notre mort terrestre): nn. 678-679.

Publié dans Bulletin dominical

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