5ème dimanche de Pâques (A): Pierres vivantes.

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 14 mai 2017 (12ème année)                                                            Mois de Marie

5ème dimanche de Pâques (A)                                                                                                                        Fête nationale de Jeanne d'Arc  (fêtée liturgiquement le 30 mai en France)

 

     LE TEXTES DE LA MESSE

     Pierres vivantes.       (1 P 2, 5 – IIème lecture)

 

Jésus est la pierre vivante et nous sommes appelés comme pierres vivantes à entrer dans la construction de la demeure spirituelle pour devenir un sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ (vv. 4-5).

Et Saint Pierre a ces paroles étonnantes: Mais vous, vous êtes une descendance choisie (une race élue), un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut (1). Ce sacerdoce royal est "le sacerdoce commun des fidèles" comme participation au sacerdoce du Christ par le baptême (Cf Catéchisme, n° 1268 qui cite le texte d'aujourd'hui), à ne pas confondre avec "le sacerdoce ministériel" où le prêtre, qui a reçu le sacrement de l'Ordre, est configuré au Christ-prêtre par le caractère qui marque son âme d'un sceau indélébile (n°1563). C'est ainsi que dans les sacrements, à la Messe en particulier et dans la confession des péchés, le prêtre "agit in persona Christi capitis", dans la personne même du Christ-Tête (Catéchisme n° 1548) (2).

Les baptisés (dont l'âme a été marquée aussi par le caractère ou sceau baptismal) deviennent membres du corps mystique du Christ, pierres vivantes destinées à construire le Temple spirituel à la suite du Christ, et en Lui, pierre vivante choisie et précieuse devant Dieu                 (1 P 2, 4-5).

Quelle belle responsabilité et quelle mission pour annoncer les merveilles de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière (v. 9).

Quant aux diacres, dont les Actes des apôtres indiquent leur création (Ac 6, 1-6 – Ière lecture), ils ont été institués pour servir aux tables, assumer des tâches pratiques (dont la distribution de nourriture aux pauvres et aux veuves) car les apôtres étaient obligés de délaisser la parole de Dieu. Ils désiraient rester assidus à la prière et au ministère de la Parole (vv. 2-4). C'est l'imposition des mains qui les institua diacres.

Après le Concile Vatican II, l'Eglise latine a rétabli le diaconat (que les Eglises d'Orient avaient toujours maintenu). Le Catéchisme précise leur fonction: Ils assistent l'évêque et les prêtres dans la célébration des divins mystères, surtout de l'Eucharistie, de la distribuer, d'assister au mariage et de le bénir, de proclamer l'Evangile et de prêcher, de présider aux funérailles et de se consacrer aux divers services de la charité (n°1570).

Il faut distinguer les diacres en vue du sacerdoce et les diacres permanents "auxquels on a imposé les mains non pas en vue du sacerdoce, mais en vue du service" et qui donc peuvent être mariés (n°1569 et 1571). Il faut ajouter que c'est à l'ordination diaconale qu'est reçue le caractère sacerdotal, d'où l'éminente dignité des diacres.

Dans ses dernières instructions, le Jeudi-saint, le Christ se révèle comme le Chemin, la Vérité et la Vie et Il affirme que nul ne va vers le Père sans passer par moi (Jean 14, 6 – Evangile).

Il est bien la porte des brebis... Si quelqu'un entre en passant par moi il sera sauvé... Je suis venu pour que les brebis aient la vie et la vie en abondance (Jn 10; 7, 9, 10 – Evangile du 4ème dimanche de Pâques-A).

La prière avant la communion rappelle aussi une autre comparaison que prit le Seigneur: Je suis la vraie vigne, et vous, les sarments... Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit (Jn 15, 5).

Il est venu révéler le Père à travers Lui: Celui qui m'a vu a vu le Père... Je suis dans le Père et le Père est en moi... Le Père qui demeure en moi accomplit ses propres œuvres (Jn 14, 9-11).

Il ajoute ces paroles pleines d'espérance: Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai pour que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai (vv. 13-14: versets qui n'ont pas été retenus dans l'extrait de ce dimanche).

C'est dans l'admirable échange du sacrifice eucharistique que nous participons à sa propre nature divine dit la prière sur les offrandes. Quand le prêtre met un peu d'eau dans le calice, à l'offertoire de la messe, il dit aussi ces belles paroles: Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l'Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité.

     Père tout-puissant et pasteur plein de bonté, veille sur tes enfants avec tendresse; tu nous as sauvés par le sang de ton Fils: ouvre-nous une demeure dans le royaume des Cieux; par Jésus, notre Seigneur...          (Prière après la communion)

                                                                                                     Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(1) Destiné au salut (1 P 2, 9). Autre traduction: un peuple que Dieu s'est acquis (Crampon, avec la note sur race élue, nation sainte, peuple acquis. Tout chrétien participe à la royauté et au sacerdoce du Christ)

(2) Cf aussi Jean-Paul II, enc. L'Eglise vit de l'Eucharistie (Jeudi-saint 2003), nn. 29, 32 et 52 où le saint pape dissipe les confusions entre "les deux sacerdoces" et condamne clairement les abus. Il rappelle que quelqu'un qui a commis un péché mortel ne peut communier s'il ne s'est pas confessé (n° 36).

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