4ème dimanche de Pâques (A): "Je suis le bon Pasteur" (Jn 10, 11)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 7 mai 2017 (12ème année)                                                    Mois de Marie

4ème dimanche de Pâques. Dimanche du bon Pasteur                                                                (Journée mondiale de prière pour les vocations)

     LE TEXTES DE LA MESSE

 

     Je suis le bon pasteur...        (Jean 10, 11)

   ...le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis (verset curieusement omis dans l'Evangile du dimanche qui porte son nom). C'est l'allégorie du bon pasteur ou "du bon berger" propre à saint Jean. Le Seigneur est solennel: En vérité, en vérité (1) (vv. 1 et 7) et absolu: Moi, je suis la porte des brebis (vv. 7 et 9: Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé). On pense à Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie; nul ne va au Père que par moi (Jn 14, 6 – Evangile de la messe des Saints Philippe et Jacques le 3 mai). Il est le portier qui ouvre l'unique porte, la voix que les brebis entendent et qu'il appelle chacune par son nom (Il les connaît), Il les fait sortir (pour trouver un pâturage, v. 9), Il marche à leur tête (Il ne marche pas à reculons pour avoir le plaisir de les regarder ou pour ne pas leur tourner le dos. Cf à la messe), et les brebis Le suivent (Jn 10, 3-5). Le Seigneur insiste à nouveau: Je suis la porte des brebis... Je suis la porte: si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé (vv. 7 et 9). Le voleur (2) ne vient que pour voler, égorger et détruire. Alors que le bon pasteur, le Christ, est venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance (v. 10).

Dans son commentaire, saint Grégoire le Grand (540-604), précise que si le bon Pasteur connait ses brebis, c'est qu'Il les aime au point de donner sa vie pour ses brebis (v. 14). Elles entrent dans le bercail "pour avoir la foi", elles sortent "en passant de la foi à la vision, de la croyance à la contemplation" et "elles trouveront un pâturage en arrivant au festin éternel". "Car le pâturage des élus, c'est le visage de Dieu, toujours présent: puisqu'on Le regarde sans interruption, l'âme se rassasie sans fin de l'aliment de vie. (...) Réchauffons nos cœurs, que notre foi se ranime envers ce qu'elle croit, que nos désirs s'enflamment pour les biens célestes: c'est déjà partir à leur rencontre que de les aimer." (3)

Cette foi, cette contemplation, passent par la souffrance. Nous supportons la souffrance pour avoir fait le bien. C'est bien à cela que vous avez été appelés, car c'est pour vous que le Christ, lui aussi, a souffert; il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces (1 Pierre 2, 20-21 – IIème lecture). Par ses blessures nous sommes guéris (cf Is 53, 12) car nous étions comme des brebis errantes (cf Is 53, 6; Mt 18, 11-14: la brebis égarée), mais à présent vous êtes revenus vers votre berger, le gardien de vos âmes (vv. 24-25). Le gardien de nos âmes: l'épiscope (puissent les épiscopes, les évêques, l'être vraiment, car les brebis des diocèses ont souvent l'impression de n'être ni gardées, ni protégées des voleurs, ni conduites vers les pâturages du Ciel !).

Le jour de la Pentecôte, le chef des apôtres, Pierre, adjurait ses auditeurs et les exhortait par ces mots: Détournez-vous de cette génération perverse, et vous serez sauvés (Actes 2, 40 – Ière lecture).

   Père tout-puissant et pasteur plein de bonté, veille sur tes enfants avec tendresse; tu nous as sauvés par le sang de ton Fils: ouvre-nous une demeure dans le royaume des Cieux; par Jésus, le Christ, notre Seigneur.     (Prière après la communion)

                                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.

 

(1) En vérité: Il est regrettable que la nouvelle traduction liturgique (2013) n'ait pas rétabli le mot vérité, dans "en vérité, en vérité, je vous le dis" (Jn 10, 1 et 7) qui était traduit ainsi dans toutes les traductions, au lieu du amen, amen... des années 70.

(2) Le voleur (vv. 1 et 8): "les Pharisiens auxquels s'adresse la parabole et qui viennent de rejeter la brebis miraculée par le Christ au chapitre 9 (cf. Ez 34, 2-4). Mais, par-delà, se trouvent dénoncés tous les Maîtres qui ne se recommandent pas de Lui." (La Bible chrétienne, II, 3ème éd., éd. Anne Sigier, Canada, 1990, p. 536)

(3) Saint Grégoire le Grand, Office des lectures du 4ème dimanche de Pâques, 2ème lecture.

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article