"Heureux ceux qui croient sans avoir vu" (Jn 20, 29) - 2ème dimanche de Pâques

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 23 avril 2017 (12ème année)

2ème dimanche de Pâques. Dimanche de la Miséricorde (A)                                                      Dimanche in albis, dimanche de quasimodo.*

     LES TEXTES DE LA MESSE

     Heureux ceux qui croient sans avoir vu.                                                                                (Jean 20, 29 – Evangile)

 

   L'apôtre Thomas n'était pas là quand le soir du premier jour de la semaine, notre dimanche, celui de la Résurrection du Christ (voilà pourquoi un chrétien ne dit pas, le vendredi soir ou le samedi, en anglais: Bon week end, mais Bon dimanche, "le week end", pour nous, étant le samedi). Il n'avait pas voulu croire au témoignage de Pierre, des autres apôtres et des disciples (dont les pèlerins d'Emmaüs; Luc 24, 35: Nous avons vu le Seigneur !). Et il avait exigé de voir la marque des clous dans ses mains, de les toucher, de toucher même son côté percé par la lance (Jn 20, 25).

   Thomas, troublé et désemparé par les évènements douloureux qui s'étaient produits et par la Croix, avait, dans un sens, raison de réclamer de voir, et même, de toucher la marque des clous et son côté percé. Mais il avait manqué de foi. Si Jésus accepte de lui apparaître spécialement, c'est peut-être parce qu'il avait été le seul après la nouvelle de la mort de Lazare, alors que Jésus voulait aller à Béthanie et que les apôtres s'étaient récriés, à avoir dit: "Allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! (Jn 11, 16). Jésus n'oublie rien de ce qu'on a fait un jour pour Lui ou pour ses frères...

Jésus accepte de se laisser toucher par Thomas (alors qu'Il n'avait pas voulu que Marie de Magdala le fasse au matin de Pâques: Ne me touche pas; Jn 20, 17), mais avec la leçon: Heureux ceux qui croient sans avoir vu (v. 29).

Saint Pierre écrira: Lui, vous l'aimez sans l'avoir vu; en Lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi (1 P 1, 8 – IIème lecture). Cette foi est éprouvée par les souffrances - la Croix, nos croix – comme le feu. Il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d'épreuves, qui vérifieront la valeur de votre foi (vv. 6-7). Mais ces épreuves, bien loin d'amoindrir ou de mettre en cause notre foi,

nous rempliront de joie: Aussi vous tressaillez de joie (v. 6), vous exultez d'une joie ineffable et remplie de gloire (v. 8). Pourquoi ? Parce que les épreuves unies à la Passion du Christ se changeront en louange, gloire et honneur (v. 7) car vous allez obtenir le salut des âmes (v. 9).

   Pour opérer cette conversion, cette mort et cette résurrection tout au long de notre vie, le Christ ressuscité donne pouvoir (Il souffla sur eux et leur dit: Recevez l'Esprit Saint, Jn 20, 22) à ceux auxquels Il avait transmis Son sacerdoce le Jeudi-saint à l'issue du dernier repas (Faites ceci en mémoire de moi, 1 Cor 11, 25) de remettre les péchés (Jn 20, 23) pour que, mystiquement, Son sang précieux lave les âmes qui veulent être sauvées, chassant le Mal, redonnant force et joie ! Ce sang précieux vous lave de vos iniquités... Le mérite du sang du Sauveur arrose abondamment les pénitents dans les confessionnaux (1)

En instituant le sacrement de pénitence et de réconciliation (2), notre Sauveur nous fait passer de la mort (on dit bien: péché mortel) à la vie (prémices de la Vie éternelle). Mort et résurrection.

La paix et la joie de l'âme sont les fruits de la Résurrection (et du Temps pascal) (Cf. la quatrième semaine des Exercices spirituels de Saint Ignace). Nous devons absolument les cultiver pour ne pas amoindrir ou rendre vains les fruits de la Passion et de la mort de notre Sauveur Jésus.                                                                                                                                                     Ouvrez votre cœur à la joie, rendez grâces à Dieu qui vous a appelés à entrer au ciel dans son Royaume, alleluia. recommande le deuxième introït de cette messe. Ouvrir son cœur... Car la joie, comme la paix, sont des dons de Dieu qu'il faut désirer, qu'il faut vouloir recevoir. Et non pas fermer son cœur sur ses rancoeurs, ses déceptions, ses péchés, finalement. Tout est une question de pardon...

Les premiers chrétiens rompaient le pain et prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur (Actes des Apôtres 2, 46 – Ière lecture). Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie ! (Ps 117, dernière strophe; le fameux Haec dies...). Exultez de joie, même s'il faut que vous soyez affligés pour un peu de temps encore par toutes sortes d'épreuves...                     (1ère lettre de St Pierre 1, 6 – IIème lect.)

   Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur (Jn 20, 20). Et nous ? Sommes-nous remplis de joie ? Le reconnaissons-nous dans l'Eglise, dans les sacrements que nous avons reçus ? Dans Ses manifestations et Sa présence dans tant d'âmes rencontrées ? Il est toujours là, visible par la foi et ressuscité, ayant vaincu Satan en ceux qui veulent bien être de ses disciples, de ses amis !

Par le baptême, vous êtes déjà ressuscités avec le Christ, vivez dès maintenant en enfants du Royaume.     (Bénédiction solennelle de ce dimanche)

                                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.     

* Ce dimanche s'appelle aussi le dimanche in albis depositis car c'est la veille que les baptisés de la nuit de Pâques, lors de la cérémonie de la Veillée pascale, les néophytes, avaient déposé, enlevé, le vêtement blanc dont ils avaient été revêtus. C'est aussi le dimanche de Quasimodo, du nom des premiers mots de l'Introït: Quasi modo geniti infantes, Comme des enfants nouveaux-nés (1 Pierre 2, 2). (Cf la présentation de ce dimanche "de la divine miséricorde" dans le Missel quotidien latin-français édité par l'abbaye bénédictine sainte Madeleine du Barroux, 2013, pp. 695-696).

(1) Saint François de Sales, Introduction à la Vie dévote, P. I, chap. 29 sur la confession générale.

(2) Cf. sous ce titre: le Catéchisme de l'Eglise Catholique, nn. 1423-1424; et "Les effets de ce sacrement": nn. 1468-1470.

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