L'arbre de la connaissance du bien et du mal (Cf. Gn 2, 9) - 1er dimanche de Carême.

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 5 mars 2017         Mois de Saint Joseph                                12ème année.

1er dimanche de Carême (A)

LES TEXTES DE LA MESSE

 

        L'arbre de la connaissance du bien et du mal.    (Cf Genèse 2, 9)

 

     La première lecture de ce dimanche nous rappelle le premier péché, celui d'Eve et d'Adam, le péché originel*. Dieu avait permis à l'homme de manger (des fruits) de tous les arbres du jardin. Mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas; car le jour où tu en mangeras, tu mourras (Genèse 2, 16). Lorsqu'il tenta Eve, le démon, bien-sûr, affirma le contraire (c'est un menteur): Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Vous serez comme des dieux connaissant le bien et le mal (Gn 3, 4-5). Le mal, que nous ne devons pas faire sous peine de mort (cf le péché mortel), semble savoureux et agréable à regarder. Ce qui fait qu'il nous semble injuste que Dieu nous en prive. Le mal est attirant, aimable, plein de promesses. Il est enivrant, il brouille la raison, fait oublier les engagements les plus solennels, comme le mariage, il travestit le bien en mal insupportable, il promet la délivrance, la liberté, le bonheur ! Comme ce fruit défendu était agréable à regarder, désirable, et il donnait l'intelligence (Gn 3, 6), c'est-à-dire la connaissance, une connaissance interdite car elle donnait la mort. Fumer tue lit-on sur les paquets de cigarette, de tabac. Quand on n'a pas cette connaissance du plaisir qui entraine la mort, on est plus pauvre en connaissance, on peut même être moqué par ceux qui en font l'expérience, mais on conserve alors sa liberté alors que ceux qui ont cédé sont devenus esclaves du mal. Celui qui tue l'âme et celui qui tue le corps. Quand on est fidèle, quand on est chaste, quand on défend la vie, on est méprisé, moqué, par ceux qui ont désobéi à Dieu, dans l'ordre naturel (le droit naturel) et dans l'ordre surnaturel. Vous serez comme des dieux (v. 5)

Mais ce n'est pas "par gourmandise" qu'Eve désobéit, mais pour avoir la connaissance (v. 6). Péché d'orgueil. Pour être comme Dieu. En perdant la grâce, la vie divine, ils devinrent concupiscents: ils virent qu'ils étaient nus et se couvrirent (v. 7).

Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort (Romains 5, 12 – IIème lecture). Mais Jésus, nouvel Adam, rendra l'homme à la vie et la grâce de Dieu se répandra en abondance (v. 15).

Voilà pourquoi nous L'appelons le Sauveur, et c'est en S'offrant lui-même en sacrifice sur la croix qu'Il nous a offert le salut. "Offert", car nous pouvons le refuser. Pour entrer dans la voie du salut, de la vie, pour éviter la mort et la mort éternelle, nous devons entrer dans la voie du sacrifice.

A l'imitation de notre sauveur Jésus-Christ qui, dans le désert a fait précéder sa vie publique par le jeûne et la prière de quarante jours (Matthieu 4, 1-11 – Evangile), nous sommes entrés mercredi dans le carême qui nous préparera à revivre la Passion (que beaucoup, dans leurs vies, vivent déjà) pour mourir à nous-mêmes avec Jésus et ressusciter avec Lui le jour de la Résurrection, Pâques.

     Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière a dit le prêtre en marquant notre front des cendres provenant des rameaux de l'an dernier brûlés. Auparavant, il avait pu dire la première des prières de la messe du Mercredi des cendres: (…) Répands sur tes serviteurs qui vont recevoir les cendres la grâce de ta bénédiction: par leur fidélité à ce temps de pénitence, qu'ils parviennent avec une âme purifiée à la célébration de la Pâque de ton Fils…

Bon et saint carême !

                                                                                                      Abbé Christian LAFFARGUE.

 

* Le péché originel : relire le Catéchisme de l'Eglise catholique (nn. 396-412)

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