"Je te donnerai de l'eau vive" (Jn 4, 10) - - 3ème dimanche de carême (A)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 19 mars 2017 (12ème année)                              Mois de Saint Joseph 3ème dimanche de Carême (A)                                                                                                           La solennité de la fête de Saint Joseph est reportée au lendemain.

LES TEXTES DE LA MESSE

        Je te donnerai de l'eau vive…     (Jean 4, 10 – Evangile)

        C'est parce qu'elle avait soif, que cette femme de Samarie, a été désaltérée. Et malgré son éloignement religieux des juifs et de la Loi, malgré sa vie morale chaotique, c'est d'une autre eau dont elle soif, au fond d'elle-même. Jésus lui demande à boire. Il a soif du salut des âmes. J'ai soif ! gémira-t-il sur la croix (Jean 19, 28; 5ème parole). Physiquement, car Il est véritablement homme; et spirituellement, car Il est vraiment Dieu. Il est venu pour offrir son corps en nourriture et son sang en boisson par son Sacrifice.

Et quand Jésus lui propose une eau qui deviendra en celui qui la boira une source d'eau jaillissante pour la vie éternelle. La femme, aussitôt, lui répond: Seigneur, donne-moi de cette eau… (vv. 14-15)

Le vrai désir de la lumière et de la grâce est essentiel dans le chemin de la conversion. Mais, après, il faut poser l'acte libre du choix: changer de vie. Le Christ, avec délicatesse mais fermeté demande à la Samaritaine d'appeler son mari. Elle n'en a pas. Le Seigneur le sait, et aussi, qu'elle en a eu cinq, et, actuellement un sixième, et Il le lui dit (vv. 16-18). C'est un choc. Il faut désigner clairement le mal pour s'en défaire, tout de suite, et non pas attendre "qu'il parte tout seul", car le péché ne peut cohabiter avec la grâce.

Après avoir fait une diversion théologique sur le lieu où il faut adorer Dieu (le Mont Garizim ou Jérusalem ?) – ce qui permet à Jésus d'annoncer que les vrais adorateurs adoreront le Père (que le Fils révèle) en esprit et en vérité (v. 23) – la Samaritaine se rapproche de la foi en ce Messie qui vient et qu'on appelle Christ, et c'est alors qu'Il se révèle: Je le suis, moi qui te parle (vv. 25-26).

C'est avec la Foi plénière qu'elle court à la ville, après avoir laissé là sa cruche (car elle avait trouvé "l'eau vive" !), et qu'elle alla témoigner de sa découverte auprès de ses condisciples (vv. 28-29).

Saint Cyrille d'Alexandrie (+ 444) a ce beau commentaire: Ce n'est pas l'eau d'un puits, ce n'est pas une amphore de terre, qu'elle rapportait à la maison: mais une âme remplie de la grâce céleste et de l'enseignement du Sauveur. Ô changement inattendu ! (P. G. 73, 317).

L'eau ne saurait suffire sans la nourriture. Les apôtres, revenus de la ville pour acheter des provisions (v. 8) se voient proposer plutôt une nourriture pour l'âme, spirituelle : Ma nourriture, c'est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre (v.34).

 

      La foi nous donne l'accès à la grâce dans laquelle nous sommes établis. L'espérance – la deuxième vertu théologale – est vraiment le moteur de nos efforts de Carême. Nous espérons, avec fierté, avoir part à la gloire de Dieu (Romains 5, 2 – IIème lecture). Les versets suivants (qui n'ont pas été retenus dans l'extrait de la messe de ce troisième dimanche de carême) sont à citer et à méditer: Nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse elle-même produit la persévérance; la persévérance produit la vertu éprouvée; la vertu éprouvée produit l'espérance (vv. 3-4); et l'espérance ne déçoit pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné (v. 5).

En demandant à la Samaritaine de lui donner à boire, Jésus faisait à cette femme le don de la foi. Il avait un si grand désir d'éveiller la foi dans son cœur, qu'il fit naître en elle l'amour même de Dieu.   (Préface propre à ce dimanche)

Tu es vraiment le Sauveur du monde, Seigneur ! Donne-moi de l'eau vive: que je n'aie plus soif.(Verset de l'acclamation de l'Evangile)

                                                                                                         Abbé Christian LAFFARGUE.

 

N.B.: On lira avec intérêt (et émotion) les pages sur l'eau dans le Jésus de Nazareth (tome II) du Pape Benoît XVI (pp. 265-275) avec le commentaire sur la rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob  (p. 267). Ed. Flammarion, Paris, 2007.

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