Je suis la résurrection et la vie. (Jean 11, 25 – Evangile) - 5ème dimanche de Carême (A)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 2 avril 2017 (12ème année)                               5ème dimanche de Carême* (A) La résurrection de Lazare.

 

LES TEXTES DE LA MESSE

 

     Je suis la résurrection et la vie. (Jean 11, 25 – Evangile)

     Celui qui croit en moi, même s'il meurt vivra; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais poursuit Jésus à Marthe, la sœur de son ami Lazare qui vient de mourir. Dans sa douleur, elle fait reproche à Jésus de n'avoir pas été là et de n'être pas intervenu pour le guérir (v. 21), cependant, elle ajoute: Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera (v.22). (Sa sœur Marie, arrivant peu après, fera le même reproche à Jésus, v. 32). Cette confiance, malgré la douleur, emmènera Marthe à une Foi plus grande et plus élevée.

C'est l'emprise de la chair (St Paul aux chrétiens de Rome, IIème lecture) qui provoque les passions, les révoltes, les doutes... Or, nous sommes, par la grâce du baptême trinitaire, sous l'emprise de l'Esprit, car l'Esprit de Dieu habite en nous (Rm 8, 9). Le corps est devenu mortel depuis le péché d'Adam et Eve (le péché originel), mais l'Esprit est vie (fait vivre: traduction liturgique)... (v. 10)
Plus encore: le Père a ressuscité Jésus en tant qu'homme (l'Esprit de Celui qui...), donnera aussi la vie à vos corps mortels à cause de son Esprit qui habite en vous (v. 11). C'est "la résurrection des corps" qui rejoindront "leurs âmes", soit pour une résurrection de vie (la vie éternelle du ciel, le royaume de Dieu) soit pour une résurrection de jugement (de damnation: Bible de Jérusalem) (Jean 5, 29) (1).

Mais revenons à l'Evangile :
Parce que Dieu nous aime et qu'Il le manifeste avec éclat en son Fils Jésus, le Christ.

"Il est cet homme plein d'humanité qui a pleuré son ami Lazare; il est Dieu, le Dieu éternel qui fit sortir le mort de son tombeau : ainsi, dans sa tendresse pour tous les hommes, il nous conduit, par les mystères de sa Pâque, jusqu'à la vie nouvelle."                             (Préface propre de la Messe)
Quand nous L'appelons, nous reconnaissant malades (Jean 11, 3 – Evangile), Jésus ne répond pas. Il demeura pourtant deux jours à l'endroit où il se trouvait (v. 6), paraissant indifférent, laissant le mal qui ne conduit pas à la mort mais qui est pour la gloire de Dieu (qui la manifestera au contraire) empirer. "D'où venait la mort de l'âme ? De l'absence de la foi. D'où venait la mort du corps ? De l'absence de l'âme. La foi est donc l'âme, la vie de notre âme"              (Saint Augustin. Office des lectures).
Comme Il avait dit:
Je suis la Lumière du monde (Jean 9, 5) et qui me suit a la lumière de vie (8, 12) et ne reste pas dans les ténèbres (12, 46), Il affirme ici: Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra... Le crois-tu ? (11, 25). Oui, Seigneur, je le crois: tu es le Christ, le Fils de Dieu qui vient en ce monde (v. 27).
Saint Jean note que lorsque Jésus
vit que Marie (sœur de Lazare) pleure (après ses reproches), et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, en son esprit, Il fut saisi d'émotion, et bouleversé     (v. 33).
Saint Cyrille d'Alexandrie fait ce commentaire: "Parce que le Christ n'était pas seulement Dieu par nature, mais qu'il était homme aussi, le voici souffrant une faiblesse humaine. Quand la douleur, en effet, commença de l'émouvoir, et que dans sa sainte chair des larmes vinrent à ses yeux, il ne les laissa pas simplement couler, comme nous faisons, mais il
frémit en l'Esprit, ce qui veut dire: sous la motion de l'Esprit, il réprima la tendance de sa chair; alors celle-ci, ne supportant pas l'action puissante de la nature divine qui lui était unie, trembla, bouleversée, redoublant son deuil. (Patrologie grecque 74, 52-53).
   Le voyant pleurer, les Juifs dirent:
Voyez comme il l'aimait ! (v. 36). Bien-sûr, il y a, comme aujourd'hui, des esprits chagrins, des incrédules perpétuels, des durs de cœur, insensibles et fermés à la lumière et à la grâce: Mais certains d'entre eux dirent en persiflant: Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? (v. 37). Jésus, alors, est repris par l'émotion (v. 38). Demandons-nous, en ce carême, si nous ne sommes pas comme Marthe et Marie, comme les juifs de leur entourage, tellement injustes envers Jésus, le Christ, pourtant notre sauveur ? Le péché, la souffrance, la mort, ne sont-ils pas la conséquence du péché ? De la révolte, de la résistance aux commandements de Dieu ? Et nous nourrissons parfois, tellement de rancoeurs (2) envers Lui ou envers nos frères ?
Prions Dieu
d'ouvrir nos tombeaux pour nous en faire remonter (Ezéchiel 37, 12-14 – Ière lecture).

          Ravivons en nous l'Esprit reçu au baptême, ravivé par le sacrements (Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez, je vous donnerai le repos..., c'est-à-dire, pour nous, la paix de l'âme, la paix surnaturelle).

         Des profondeurs je crie vers Toi, Seigneur; Seigneur, écoute mon appel ! (Psaume 129)

Je suis la résurrection et la vie.
     Celui qui croit en moi, même s'il meurt vivra; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.  
(Jean 11, 25)

                                                                                                   Abbé Christian LAFFARGUE.

* Dans la forme extraordinaire du rite romain: 1er dimanche de la Passion (Temps de la Passion). La forme ordinaire en garde le vestige avec deux Préfaces de la Passion qu'on peut utiliser ce 5ème dimanche du carême (mais la Messe d'aujourd'hui a sa préface propre avec l'évangile de la résurrection de Lazare).

(1) Cf aussi le Catéchisme de l'Eglise Catholique, le Credo: Je crois à la résurrection de la chair, nn. 988-1014.
(2)
Rancoeurs: Quand le Seigneur pardonne, Il oublie nos péchés. Il ne fait pas peser sur nous, ni quelques heures, ni quelques jours, ni quelques mois, un regard courroucé de reproche... Au contraire, heureux de la contrition et du retour du pécheur, Il oublie tout et rend sa dignité à son enfant retrouvé, le comblant d'attentions et de bontés... C'est cela le pardon.

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