"J'étais aveugle, et à présent je vois." - 4ème dimanche de Carême (A)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 26 mars 2017                                                    Mois de Saint Joseph 4ème dimanche de Carême (A) L'aveugle-né.                                                                                   Dimanche Laetare*

          LES TEXTES DE LA MESSE

          J'étais aveugle, et à présent je vois.    (Jean 9, 25 – Evangile)

 

      C'est l'évangile de l'aveugle-né et de l'aveuglement des pharisiens. L'aveugle de naissance s'en tient aux faits: L'homme qu'on appelle Jésus (il ne dit pas: "le Messie" ou "le fils de Dieu") a fait de la boue, il me l'a appliquée sur les yeux… (v. 11) Saint Augustin commente: Jésus a commencé par oindre l'aveugle de naissance avec de la terre et de la salive. Nous-mêmes, du fait d'Adam, nous sommes des aveugles de naissance et nous avons besoin du Christ pour voir clair. Il a mélangé de la salive et de la terre: "Le Verbe s'est fait chair, et il a établi sa demeure parmi nous". (…) Il a mélangé de la salive et de la terre, de là cette prophétie: "La vérité germera de la terre; et lui-même a dit: "Moi je suis le Chemin, la Vérité et la Vie". Soyons donc éclairés, mes frères, en recevant un remède pour les yeux, celui de la foi. (Commentaire sur l'Evangile de Jean, office des lectures de ce dimanche).

Dans son dialogue avec les pharisiens qui résistent aux faits (J'étais aveugle, et à présent je vois, v. 25) et qui polémiquent, l'aveugle guéri affirme: C'est un prophète (v. 17). Ce n'est qu'après qu'il fut jeté dehors (v. 34) par les pharisiens furieux de ses répliques pleines de bons sens (et d'humour !) que le Christ, le retrouvant, lui pose la question essentielle: Crois-tu au Fils de l'homme ? Et lui de répondre: Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? Jésus, alors, se révèle à cet homme de bonne volonté (et prudent): Tu le vois, et c'est lui qui te parle. Alors, il croit, il accepte de croire: Je crois, Seigneur ! Et il se prosterna devant lui. (vv. 35-38)

Par contre, ceux qui ne veulent pas voir – tout en prétendant avoir la lumière et l'affirmer de façon péremptoire - , qui refusent même les faits réels et concrets (Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir, v. 18), sont des aveugles, non de naissance, mais de volonté. Vous avez des yeux et vous ne voyez pas, vous avez des oreilles et vous n'entendez pas!

s'était plaint Jésus à ses disciples (Marc 8, 18 + Jérémie 5, 21 et Ezéchiel 12, 2). C'est le pire. Et ils sont aveuglés par leurs péchés, qu'ils ne veulent pas reconnaître, ni confesser, furieux, de ce fait, contre Celui qui affirme: Je suis la lumière du monde (Jn 9, 5) et contre ceux qui portent témoignage à la Lumière selon le commandement du Christ (Vous êtes le sel de la terre…, la lumière du monde…Matthieu 5, 13-16).

Frères, autrefois, vous étiez ténèbres; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière dans le Seigneur; conduisez-vous comme des enfants de lumière…                                                              (Saint Paul aux chrétiens d'Ephèse 5, 8; IIème lect.)

Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres…, démasquez-les plutôt (condamnez-les traduit Crampon; dénoncez-les traduit la Bible de Jérusalem) (v. 10).

 

      En prenant la condition humaine, (le Christ) a guidé vers la lumière de la foi l'humanité qui s'en allait dans les ténèbres; et, par le bain qui fait renaître (le baptême), il a donné aux hommes, nés dans le péché, de devenir vraiment fils de Dieu. (Préface de la messe)

     Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur. Celui qui me suit aura la lumière de la vie (verset avant l'Evangile).

J'étais aveugle, et à présent je vois.

                                                                                                      Abbé Christian LAFFARGUE.

(*) Dimanche Laetare : Comme au milieu du Temps de l'Avent (le dimanche Gaudete), le Temps du Carême a son dimanche rose: le 4ème ou dimanche Laetare où le célébrant peut déposer les vêtements liturgiques violets pour revêtir le rose (Présentation Générale du Missel Romain, 2000, n°346, f). Il nous fait entrevoir l'aurore d'un monde nouveau, celui de Pâques, de la Résurrection, pour nous encourager à poursuivre fermement notre conversion intérieure…

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