"Vous êtes un sanctuaire de Dieu..." (1 Co 3, 16) ) - 7ème dimanche du T.A.-A

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 19 février 2017 (A)                                                      (12ème année)                                                                     7ème dimanche du Temps de l'Année liturgique. Vert.

LES TEXTES DE LA MESSE

     Vous êtes un sanctuaire de Dieu…                                                                                                 (1 Cor 3, 16 – IIème lecture)

 

…et l'Esprit de Dieu habite en vous écrit saint Paul aux chrétiens de Corinthe. Il y reviendra plusieurs fois dans les mêmes termes (cf. 2 Co 6, 16 et 1 Co 6, 19-20, ajoutant, dans ce dernier verset: vous ne vous appartenez plus, car vous avez été rachetés à grand prix). Le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c'est vous (1 Co 3, 17). Affirmation stupéfiante, qui n'est pas le fruit de la sagesse du monde, folie devant Dieu et dont les raisonnements sont vains (vv. 19-20). "Sanctuaires de Dieu", "temples du Saint Esprit", ce sont nos âmes habitées par la grâce (la grâce sanctifiante, la vie divine) reçue au baptême (1)

Rachetés par le sacrifice du Christ, nous Lui appartenons, c'est-à-dire que nous sommes… rendus à nous-mêmes, rendus libres de croire, d'espérer et, surtout, d'aimer. Car c'est le péché qui nous asservit, soit l'esprit (l'erreur, l'orgueil), soit le corps (l'impureté). Tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu (v. 23). On ne souille pas impunément le sanctuaire, le lieu sacré. Celui de pierre, comme les chapelles et les églises devenues halls de gare, de foire, ou de rencontres, où l'on applaudit (2), discute, danse et mange (cf les apéritifs et autres nourritures servies au fond des églises sous la houlette de bons prêtres mais faibles et mondains: ne voulant ni contrarier, ni déplaire à quelques laïcs qui dirigent tout), et le sanctuaire des âmes. Saint Paul est sévère: Si quelqu'un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira… (v. 17).

En revenant au début de cette Lettre (cf le 3ème dimanche de cette année liturgique), saint Paul affirmait: Le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu (1 Cor 1, 18).                                                      En celui qui garde la parole du Christ, l'amour de Dieu est véritablement accompli (atteint sa perfection)   (1 Jean 2, 5 – verset de l'Alleluia)

   L'Evangile, en saint Matthieu, est la suite du "sermon sur la montagne" lors du ministère de Jésus en Galilée et les précisions du Christ sur la "Loi nouvelle" qui est beaucoup plus exigeante que l'ancienne, la Loi de Moïse, car elle est soutenue par la grâce donnée dans l'Amour aux baptisés.

Œil pour œil et dent pour dent (Mt 5, 38), c'est la loi du talion (Ex 21, 23-24, Lv 24, 20) réglée par les juges d'Israël, mais, en pratique, elle ouvrait la voie à la vengeance… Tendre l'autre joue lorsqu'on nous frappe la droite, c'est refuser de "rendre coup sur coup". C'est la guerre, qui n'en finira pas. Ce n'est pas un pacifisme benêt et sot, c'est déjà le pardon, pour arrêter le cycle des guerres en tous genres, et le pardon est une grande victoire sur soi-même et sur le mal. Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux (vv. 44-45). A l'exemple du Christ qui est en nous dans le sanctuaire de nos âmes. Ce n'est pas l'esprit du monde qui n'est qu'haine et violences, c'est l'esprit, l'imitation de Jésus-Christ… Si vous (n') aimez (que) ceux qui vous aiment (l'amour intéressé, égoïste; on aime pour être aimé), quelle récompense méritez-vous ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? (v. 46)

     Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour; il n'agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses (Psaume 102, 8-10). Sinon, nous serions tous condamnés !

C'est une loi exigeante, mais belle. Rappelons-nous les béatitudes, la charte de la nouvelle Alliance: Bienheureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu ! Bienheureux les persécutés, le royaume des cieux est à eux ! (Mt 5, 9-11 – 4ème dimanche). Là est la paix, là est la joie intérieure (Cf Mt 5, 12 et Introït)

     Bon et saint dimanche, unis à Celui qui continue, jusqu'à la fin des temps, à S'offrir sur l'autel pour que nous trouvions la force de nous offrir aussi en sacrifiant dans nos cœurs tant de révoltes et d'opprobres ! Avec l'exemple et le secours de la très sainte Vierge Marie.

                                                                                                        Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) "La grâce du Baptême": cf. le Catéchisme de l'Eglise Catholique, nn. 1262-1270.

(2) Les applaudissements dans les églises, cf "La force du silence" du Cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, (Ed. Fayard, Paris, 2016): nn. 121, 136, 237, 250 et 264 sur les applaudissements.

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