PIE XII - Livres recommandés

Publié le par Abbé C. Laffargue

PIE XII. Livre (s) recommandé (s):

Le Vatican des espions; la guerre secrète de Pie XII contre Hitler, de l'américain Mark Riebling (éd. Tallandier, 2016). Dans sa critique (Politique magazine de février 2017, pp. 46-49), Anne Bernet écrit: "Spécialiste de l'histoire du Renseignement, c'est par ce biais que Riebling a découvert, dans les fonds américains et allemands inexploités, les preuves d'un engagement personnel du pape dans la lutte contre Hitler telles qu'elles interdisent définitivement d'accuser Pie XII d'avoir pu soutenir le nazisme."

A sa mort, le 9 octobre 1958, ce saint Pape, a été unanimement salué par la presse internationale et les dirigeants de l'Ouest, par l'état d'Israël, comme l'un des grands acteurs de son temps. Dans sa très complète biographie "Pie XII", Andrea Tornielli (Ed. Tempora et du Jubilé, 2009) donne le texte du télégramme de Mme Golda Meir, ministre des Affaires étrangères d'Israël, où elle fait un éloge vibrant de l'action du Pape pendant la guerre, notamment en faveur du peuple juif. Il publie ensuite les textes des messages élogieux et précis des Grands-rabbins de Jérusalem, des Etats-Unis, de Londres, du président du Congrès juif mondial, du président de l'Etat d'Israël, etc. (pp. 786-787 et la note 84, p. 585, très fournie, qui donne les références et les textes de gratitude d'autorités juives juste après la dernière guerre mondiale).

A compléter par le chapitre XI du livre de Judith Cabaud :Eugenio Zolli, grand rabbin de Rome converti au catholicisme, "Pie XII et les juifs de Rome" (Ed. de Guibert, 2002, p. 87 et sq.; aller jusqu'à la page 94). Sans oublier "L'affaire Pie XII" dans Historiquement correct de Jean Sévillia (Ed. Perrin, 2003, pp. 370 à 393) qui raconte le scénario de l'assassinat politico-médiatique de la figure vénérée du Pape Pie XII.

(On a connu cela avec les Papes Jean-Paul II et Benoît XVI, avec un candidat à l'élection présidentielle française aujourd'hui)

Campagne soigneusement montée avec la pièce Le Vicaire, en 1963, d'un certain Hochhut, dramaturge allemand, téléguidé et financé par la Securitate (services secrets roumains), qui voulait sans doute punir le Pape de ses prises de position anti-soviétiques lors de l'insurrection hongroise de 1956 (on se rappelle la tentative d'assassinat physique de saint Jean-Paul II place Saint Pierre à Rome le 13 mai 1981. Cf "la piste bulgare").

Puis Amen de Costa-Gavras, adapté de la pièce, en 2002, avec l'affiche du film entremêlant la croix du Christ et la croix gammée. Une pétition recueillit les protestations de grandes personnalités juives en France. On aura droit aussi à Hitlers' Pope ("Le Pape d'Hitler") du journaliste anglais John Cornwell, en 1999, publié en plusieurs langues et jouissant de forts moyens financiers pour son lancement.

Bref et en réalité, d'après l'écrivain juif Pinchas Lapide, "le Pape personnellement, le Saint-Siège, les Nonces (ambassadeurs du Saint-Siège à l'étranger, y compris auprès de l'Etat italien) et l'Eglise catholique ont sauvé au moins 700.000, mais probablement jusqu'à 860.000 Juifs d'une mort certaine de la part des nazis" (Rome et les Juifs, éd. du Seuil, 1967). Même le Professeur Pierre Milza dans son livre bâclé Pie XII (éd. Fayard, 2014, 475 pages) conclut à un non-lieu pour le procès qu'on a fait au Pape sur son supposé "silence" face au génocide juif (p. 448. Cf la critique d'Yves Chiron: "Le Pie XII de Pierre Milza, un livre à oublier", Aletheia n°226 du 26 déc. 2014, où il prend la peine de relever et de rectifier les nombreuses erreurs historiques de l'auteur).

Notons enfin, dans Le génie historique du catholicisme, les pages que consacre Olivier Hanne à la polémique autour de Pie XII (Le pape et la question juive) (Ed. de L'Homme Nouveau, 2016, pp. 75 à 78 avec des faits et des chiffres précis sur l'aide concrète apportée par le chef de l'Eglise aux juifs persécutés par les nazies). Annie Laurent fait la critique de cet excellent livre dans La Nef de février 2017, pp. 34-35.

On conclura que ce ne sont pas les paroles (et surtout leur surabondance !) qui font l'efficacité d'un combat, mais les actes. Et aussi, que l'opinion catholique, paresseuse pour se former et donc ignorante, est imbibée de l'esprit du monde et de ses jugements par la télévision et la mauvaise presse. Ajoutons la pusillanimité des évêques et de l'Institution, très soucieux de l'opinion du monde et de leur réputation, défendant si peu la foi, ses Papes valeureux et ses saints !

Ab. L.

(Bulletin dominical du 12 février 2017)

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