Dimanche 8 janvier: fête de l'EPIPHANIE

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 8 janvier 2017 (A) (12ème année)                                                                      Fête de l'Epiphanie du Seigneur, solennité. Blanc.                                           Temps de Noël-Epiphanie

     LES TEXTES DE LA MESSE

     Nous avons vu son étoile...                                                                                                  (Matthieu 2, 2 – Evangile)

 

      …à l'orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. C'est ce que les mages* venus d'Orient (Cf "Les rois mages" en pièce jointe) dirent au roi Hérode le Grand en demandant: Où est le roi des juifs qui vient de naître ? (Mt 2, 1-2).

Si la tradition latine ne retient de l'épiphanie (la manifestation) de Dieu que la venue des mages conduits par l'étoile miraculeuse auprès du Messie-sauveur, Roi des rois et Seigneur des seigneurs (1 Tm 6,15), elle conserve dans sa liturgie la tradition de l'Orient et ses trois épiphanies: Nous célébrons trois mystères qui ornent ce jour saint: aujourd'hui l'étoile a conduit les Mages vers la crèche; aujourd'hui l'eau a été changée en vin aux noces de Cana; aujourd'hui le Christ a voulu être baptisé par Jean pour nous sauver (antienne du Magnificat des IIèmes vêpres de la fête. Cf aussi l'hymne).

Dans un sermon pour l'Epiphanie, Saint Pierre Chrysologue (406-450) en fait un très beau commentaire (Office des lectures, lundi après l'Epiphanie). Notamment ceci, pour la venue des mages: Les mages considèrent avec une profonde stupeur ce qu'ils voient ici: le ciel sur la terre, la terre dans le ciel; l'homme en Dieu, Dieu dans l'homme; et celui que le monde entier ne peut contenir, dans le corps d'un tout-petit ! Et dès qu'ils voient, ils proclament qu'ils croient sans discuter, en offrant leurs dons symboliques: par l'encens, ils confessent Dieu; par l'or, le roi; par la myrrhe, sa mort future.                                                                                                          

Plus tôt, le poète Prudence (348-415) écrit aussi: Le trésor proclame le Roi, l'encens, du pays de Saba, manifeste qu'il est Dieu; la myrrhe annonce le tombeau (Hymne de l'office des lectures, 3ème strophe).

Cette messe de l'Epiphanie du Seigneur, illuminée de la lumière à laquelle nous avait préparés le Temps de l'Avent (Cf Isaïe), ce Temps de Noël et, maintenant, celui de l'Epiphanie, donne deux leçons: celle de la Foi intérieure et celle de la Foi manifestée et conquérante.

Foi révélée par grâce: Dieu m'a fait connaître le (ce) mystère par révélation écrit l'apôtre saint Paul aux chrétiens d'Ephèse. Il s'agit de l'intelligence (la connaissance) que j'ai du mystère du Christ (Eph 3, 3 et 4: verset omis dans l'extrait – IIème lecture). Révélation faite aux apôtres et aux prophètes par l'Esprit (v.5). Dieu vous a appelés dans votre nuit pour que vous entriez dans Sa lumière dira la bénédiction solennelle.

Et ce mystère, c'est que toutes les nations (païennes écrivent les autres bibles) sont associées au même héritage, (pour être membres d') même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus (v. 6).

Les rois d'Orient, païens de bonne volonté cherchant la Lumière, symbolisent "l'universalité du salut", révolution mentale pour les juifs du peuple élu, offerte par le Messie sauveur à tous. Et saint Paul, juif zélé converti et choisi par le Seigneur, sera "l'apôtre des nations".

Dieu a dévoilé dans le Christ le mystère de notre salut pour que tous les peuples en soient illuminés (Préface de l'Epiphanie).

Les textes de cette messe prophétisent avec solennité la venue, la conversion, des nations: Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore (Isaïe 60, 3 – Ière lecture). Toutes les nations, Seigneur, se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront (Psaume 71, 11 et refrain).

     A nous de reconnaître toujours davantage notre seigneur et notre roi dans l'enfant de la crèche, de tomber à ses pieds et de nous prosterner devant lui (et non d'esquisser un hochement de tête ou même de supprimer toute manifestation de foi et d'adoration devant l'hostie consacrée) comme les rois mages l'ont fait (et qui n'étaient pas n'importe qui !), de Lui offrir "l'or de notre amour, l'encens de nos adorations et la myrrhe de nos souffrances" (Cf les Prières sur les offrandes et avant la communion)de marcher avec Lui pleins de confiance pour que Dieu fasse de nous des lumières pour guider nos frères sur leurs chemins, afin qu'au terme de la route, nous voyions Celui que les mages ont cherché en se guidant sur une étoile: notre Seigneur, le Christ, lumière né de la Lumière (Bénédiction solennelle, Str. 2 et 3).

                                                                                                    Abbé Christian LAFFARGUE.

* Mages: "A l'origine, prêtres mazdéens, astronomes et astrologues dont la tradition fait des rois mages venus d'Arabie (cf. Psaume 72,10)". Note de la Bible Osty-Trinquet.

Note: la fête de l'EPIPHANIE est fêtée le 6 janvier dans l'Eglise latine, transférée au dimanche le plus proche en France où ce jour n'est pas chômé (elle n'est donc pas fête d'obligation).

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