"Marie, mère de Dieu" (Dimanche 1er janvier 2017)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 1er janvier 2017 (A) (12ème année)                                                                 Sainte Marie, mère de Dieu, solennité. Blanc.                                     (Journée mondiale de la Paix)

 

     LES TEXTES DE LA MESSE

     Marie, mère de Dieu; mère du prince de la paix.

 

     Nous fêtons, dans l'octave de la Nativité, la Sainte Vierge Marie, mère de Dieu. C'est en 431, au concile d'Ephèse, dans l'actuelle Turquie, que fut proclamée le dogme de la (la mère de Dieu). C'est à Ephèse que Saint Jean vécut avec la Vierge Marie, qu'il y rédigea son Evangile et qu'il y mourut (on visite la maison de la Sainte Vierge à 8 km de là).

L'Introït la salue ainsi: Nous vous saluons, Mère très sainte: vous avez mis au monde le Roi qui gouverne le ciel et la terre pour les siècles des siècles. Pendant l'Avent, Elle nous a accompagnés; dans la crèche de Bethléem, nous l'avons contemplée; lors de la fête de la Nativité et dans son octave, la gloire discrète de Dieu l'a illuminée.  Elle a donné au monde la Lumière éternelle, Jésus-Christ, notre Seigneur (1ère Préface de la Vierge Marie).

Elle a donné naissance à l'auteur de la Vie (la vie et la paix; la mort et la guerre vont ensemble), la Vie de la grâce qui nous est transmise par le Christ en Son Eglise par les sacrements.  Nous sommes ses enfants comme nous sommes des fils de Dieu. Dieu a envoyé son Fils; il est né d'une femme (…) pour faire de nous des fils (…) héritiers par la grâce de Dieu (Saint Paul aux Galates 4; 4, 5, 7 – IIème lecture). Il écrira aux chrétiens de Rome: Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ si, toutefois, nous souffrons avec lui pour être glorifiés avec lui (Rm 8, 17).

La Vierge Marie, c'est l'humilité même. Je suis la servante du Seigneur avait-elle répondu à l'archange Gabriel (Luc 1, 38). Dans la grotte, il faisait si froid, qu'elle avait dû déposer son enfant dans la mangeoire des animaux pour qu'ils Le réchauffent de leur souffle (Lc 2; 7, 12). Mais toujours, avec Saint Joseph, elle restait en contemplation, silencieuse, toute tournée vers son fils selon la chair, et vers Dieu selon l'Esprit (cf Lc 1, 35): Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur (Lc 2, 19 – Evangile). Le silence !

Ceux qui parlent sans cesse dans les églises méprisent la présence silencieuse du Christ dans la sainte Eucharistie conservée dans les tabernacles, elle qui, pourtant, les appelle au silence de Foi et d'amour (et de renoncement à soi-même). Ils risquent de ne pas connaître Dieu qu'on ne trouve que dans le silencieux amour (St Jean de la Croix aux carmélites de Béas) (Cf note).

La présence de Dieu trouvée dans le silence donne la paix à l'âme; présence qui fuit le bruit et l'agitation. L'humble se tait et s'efface, l'orgueilleux parle et se met en avant. C'est la paix des âmes qui procure la paix dans les sociétés et, d'abord, dans la première des sociétés (la cellule de base): la famille. Ce qui unissait Saint Joseph et la Sainte Vierge, qui les gardait unis dans les grandes épreuves (cf les doutes de St Joseph, les circonstances de la Nativité, la fuite en Egypte, et même… le probable silence de Jésus à Nazareth qui n'expliquait ni ne prouvait rien), c'est l'Amour de Dieu trouvé dans le silence de la Foi; ciment de la grâce, don de force.

La paix des familles (on parle de "paix des ménages") entraînera la paix dans les quartiers, les villages, la cité, le pays. Alors qu'aujourd'hui, tout le monde est en guerre et en conflit contre tout le monde sous la férule des médias ("le battage médiatique").

A la Messe, après le Notre Père, on demande à Dieu de nous délivrer de tout mal et de donner la paix à notre temps. Puis, en rappelant que le Christ avait dit à ses apôtres: Je vous laisse la paix, je vous donne la paix (Jn 14, 27) (qui n'est pas la fausse paix du monde où personne n'a pardonné à personne)…, donne-lui toujours cette paix et conduis-la vers l'unité parfaite. Après la fraction du pain, on demande à l'Agneau de Dieu de nous donner la paix (troisième demande).

La Vierge Marie contribue largement à la paix parce qu'Elle-même l'a toujours possédée et qu'Elle est chargée d'écraser la tête de Satan: le diviseur, le pourvoyeur de haine et de guerre, qui, dans le bruit (y compris, rappelons-le, dans les églises et chapelles) empêche d'entendre Celui qui parle (Cf Hébreux 12, 25).

      Prions-la et quelle nous garde tous les jours de cette année dans la paix d'une âme qui pardonne et qui aime.

                                                                                                           Abbé Christian LAFFARGUE.

J'ai publié ce texte dans mon Bulletin paroissial du 1er janvier 2012; je l'ai un peu amélioré. Le monde n'a hélas pas changé, et moi non plus ! Cf mes remarques sur le bruit, qui a fait l'objet du dernier livre du Cardinal Sarah.

(Note sur la citation de saint Jean de la Croix sur le silencieux amour. La citation complète est : La plus grande nécessité que nous ayons est de faire faire silence à l'appétit et à la langue près de ce grand Dieu, Lui dont le seul langage qu'Il entende est le silencieux amour. P.S. d'une lettre aux religieuses carmélites déchaussées de la ville de Béas, datée de Grenade le 22 novembre 1587. On retrouve cette recommandation, mot pour mot, dans ses Dichos de luz y amor (Les dits de lumière et d'amour), au n°131, qui sont antérieurs à la lettre précitée. Ab. L.

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