Le Christ roi de l'univers (Année C)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Dimanche 21 novembre 2016                                              Mois des âmes du purgatoire     

Fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ                              Fin de l’Année jubilaire de la Miséricorde  Roi de l’univers, solennité

 

            Règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté,                                                      Règne de justice, d’amour et de paix.                                                                                            (Préface de la Messe)

 

            L’Introït de la messe nous parle de l’Agneau qui a été immolé (Apoc. 5, 12) et l’Evangile nous montre un roi crucifié, et un larron qui demande d’entrer dans son royaume (Luc 23, 42). On est loin d’une puissance et d’une royauté temporelles ! C’est plutôt l’inverse.    Jésus de Nazareth, que nous appelons Notre Seigneur Jésus Christ, comparaissant devant Pilate, avait clairement affirmé : Tu dis bien, je suis roi et il s’était fait acclamer quelques jours avant aux portes de Jérusalem (cf. Jean 12,  12-15) accomplissant la prophétie d’Isaïe : Voici que ton roi vient (40, 9). Cependant, le même Jésus venait de préciser au procurateur romain que son royaume n’était pas de ce monde et que, s’il l’était, ses gens auraient combattu pour qu’il ne soit pas livré aux juifs (Jn 12, 36).

C’est un agneau qui est roi, et prêtre. La Préface résume merveilleusement bien notre Foi catholique : Père très saint…, Tu as consacré Prêtre éternel et Roi de l’univers ton Fils unique, Jésus-Christ, notre Seigneur, afin qu’Il s’offre Lui-même sur l’autel de la Croix en victime pure et pacifique pour accomplir les mystères de notre rédemption…

Sur l’autel de la Croix… Apparemment, c’est le mal, la trahison, l’ignominie qui triomphent. Ceux qui s’opposent à son règne de pardon et d’amour triomphent. Les politiques qui veulent pour eux le pouvoir (le peuple élu dominant les nations), les païens qui honorent les faux-dieux (l’immoralité, les jeux et l’argent), les lâches et les indécis capables de tous les retournements (les Pilate)…

Mais en réalité, c’est lorsque le Christ, ayant tout accompli, rendit son âme entre les mains de son Père (cf Lc 23, 46), qu’Il vainquit Satan, qu’Il scella la nouvelle Alliance en son sang.

Le bon larron ne s’y est pas trompé : il s’est d’abord reconnu pécheur (…c’est justice, nous avons ce que nous méritons), il a reconnu l’innocence du crucifié, de l’Agneau (Lui n’a rien fait de mal, v.41) et il a vu dans le regard miséricordieux de Jésus souffrant l’entrée du royaume auquel, sans le savoir, il aspirait : Jésus, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume ! (v. 42)

            Le Vendredi-saint, c’était la nuit, le triomphe des ténèbres, celles du péché. Mais au cœur – pas en dehors, pas après – de cette effroyable nuit, il y’avait la lumière, celle du Verbe fait chair, la lumière née de la lumière du Credo, celle qui brille dans les ténèbres du prologue de l’Evangile de saint Jean car elle est vie (Cf Jn 1, 4-5). La vie et non la mort !

Nous arrachant au pouvoir des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé : en lui nous avons la rédemption des péchés (Colossiens 1, 13-14 – IIème lecture). Le Christ a tout réconcilié avec le Père, faisant la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel (v. 20).

   Le Seigneur est Roi, Il règne éternellement ; le Seigneur donne à son peuple la bénédiction de la paix (Ps. 28, 10-11 – Prière avant la communion)

                  Renouvelons la demande que nous ferons après le Gloria (cf Seigneur Dieu, Roi du ciel…) dans la Collecte : Dieu éternel, tu as voulu fonder toutes choses en ton Fils bien-aimé, le Roi de l’univers ; fais que toute la création, libérée de la servitude, reconnaisse ta puissance et te glorifie éternellement ; par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur… et dans le Pater : Que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel…

            Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance, divinité, sagesse, force et honneur.     A Lui, gloire et puissance dans les siècles des siècles ! (Apoc 5, 12 – Introït)

 

                                                                                                       Abbé Christian LAFFARGUE.

 

Publié dans Bulletin dominical

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