Préférer Dieu à tout. (Cf Lc 14, 26) 23ème dim (C)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 4 septembre 2016 (11ème année) Année jubilaire de la Miséricorde

23ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

LES TEXTES DE LA MESSE

Préférer Dieu à tout.

(Cf Luc 14, 26 – Evangile)

Jésus enseigne ses disciples et les grandes foules qui faisaient route avec Lui (v. 25). Il leur donne les conditions pour être de ses disciples, pour Le suivre vers le Père et les prépare aussi à sa Passion prochaine. Comme toujours, Il est très clair et absolu: Si quelqu'un vient à moi sans me préférer (heureuse traduction) à son père, sa mère, sa femme (son mari, pour elle), ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple (v. 26). Saint Luc écrira plus loin, que pour manger et boire à sa table – celle du Royaume dont le Christ ouvre l'accès – il faudra laisser maison, femme, frères, parents ou enfants (Lc 18, 29 + Mt 19, 29).

C'est une question de prudence, vertu morale cardinale qui fait qu'en toutes choses, nous jugeons correctement de ce qu'il faut rechercher et de ce qu'il faut éviter en vue de la vie éternelle (Catéchisme du cardinal Gaparri, qu. 542). C'est une vertu qui regarde l'intelligence (l'une des trois puissances de l'âme avec la mémoire et la volonté) et utilise le don de Conseil (l'un des sept dons du Saint-Esprit).

Le Seigneur donne deux exemples : celui qui veut bâtir une tour, commence par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a les ressources suffisantes pour mener son projet à terme... Un roi qui part en guerre contre un autre, commence par s'asseoir pour voir s'il peut la gagner, ayant des forces deux fois moindre. Il vaut mieux alors qu'il envoie une délégation pour demander la paix (Lc 14, 28-32). Cette prudence humaine illustre la prudence surnaturelle. C'est une invitation à faire aussi l'usage de la raison, d'éviter la précipitation, les passions, et de réfléchir (s'asseoir). Surtout si le salut, la vie éternelle, sont en jeu !

La vertu théologale de Charité est, elle aussi, impliquée. Car son premier objet est l'amour de Dieu par-dessus toutes choses et pour Lui-même (le second étant la charité envers nous-mêmes et le prochain). Or, ce n'est pas aimer et préférer Dieu révélé en Jésus-Christ si on agit et si on choisit de façon inconsidérée: dans le s choix de vie, dans l'organisation de sa vie quotidienne pour soi et sa famille.

Etre Son disciple, c'est choisir de l'être et de Le suivre, de suivre ses commandements, de porter sa croix: Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut être mon disciple (Lc 14, 27+ Jn 12, 25).

C'est une question de... sagesse. Ce qui brouille notre jugement et nous fait agir de façon inconsidérée, humainement et moralement, c'est "la pesanteur du corps", de ses pulsions et de ses passions. Très liées et influencées par la société dans laquelle on vit, surtout si elle est décadente. Pour s'en justifier, on s'invente des théories, on "fait sa religion" et, si la loi du Seigneur qu'elle transmet est clairement contraire, on la critique, on critique ses membres qui ne sont pas des exemples. Mais les bons exemples et la vie des saints contemporains, on les ignore.

Les réflexions des mortels sont incertaines, et nos pensées instables; car un corps périssable appesantit notre âme, et cette enveloppe d'argile alourdit notre esprit aux mille pensées (Livre de la Sagesse 9, 14-15– Ière lect.) Pour que nos sentiers deviennent droits, il faut recevoir la sagesse divine par l'Esprit Saint (v. 17).

Il ne faut pas trop donner au corps, sinon il devient tyrannique et insatiable. C'est l'esprit qui doit dominer (avec ses aliments intellectuels et spirituels: lecture, étude, sacrements) – c'est le noblesse de l'être humain – et non la chair (Cf Saint Paul aux Galates: la chair et l'Esprit*).

C'est cela la vraie liberté qui nous conduit à la vie éternelle dans la foi au Christ comme nous le demanderons dans la Collecte de la messe de ce dimanche.

Abbé Christian LAFFARGUE.

* Galates 5, 16-25 avec "les fruits de la chair" (impudicité, impureté, libertinage, idolâtrie, maléfices, inimitiés, querelles, jalousies, emportements, disputes, dissensions, scissions, envie, ivrognerie, excès de table...) et "les fruits de l'esprit" (charité, joie, paix, patience, mansuétude, bonté, fidélité, douceur, tempérance). Avec la leçon: Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi par l'Esprit.

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