Les trois paraboles de la miséricorde (Luc 15) 24ème dim (C)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 11 septembre 2016 (11ème année) Année jubilaire de la Miséricorde

24ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

LES TEXTES DE LA MESSE

Les trois paraboles de la miséricorde.

(Luc 15, 1-32)

Nous les retrouvons tous les trois ans, lors de la troisième année liturgique (C), et en cette année jubilaire de la Miséricorde (dont ne parlent plus guère les prédicateurs semble-t-il), les lectures de ce dimanche sont vraiment providentielles ! Du moins si les mêmes prédicateurs-célébrants les donnent toutes sans couper la parabole de l'enfant-prodigue (lecture brève, au choix).

Saint Luc livre, seul (du moins pour les deux dernières) au chapitre 15 de son Evangile les trois paraboles de la miséricorde : la brebis perdue et retrouvée (vv. 3-7), la drachme perdue et retrouvée (vv. 8-10) et la célèbre parabole de l’enfant prodigue (vv. 11-32). Avec la morale : Je vous le dis, il y aura plus de joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent* que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentir (v. 7 et Mt 18, 13 pour la brebis retrouvée). Il naît de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent (v. 10 pour la pièce d’argent retrouvée).

Le Seigneur Jésus donne ces paraboles pour répondre aux pharisiens et aux scribes juifs qui récriminaient contre lui parce qu'il faisait bon accueil aux pécheurs et qu'il mangeait avec eux (Lc 15, 2).

Au lieu de les repousser et de les exclure, leur rendant quasiment impossible de se convertir, de revenir, il les accueillait, leur parlait, mangeait avec eux, non pour des raisons mondaines, mettant de côté leurs péchés, la vérité, mais pour les aider à faire le chemin de conversion nécessaire. Car, nous le lisions mardi dans la Ière aux Corinthiens (mardi de la 23ème semaine...): Ni les débauchés, les idolâtres, les adultères, les dépravés et les sodomites, les voleurs, les profiteurs, les ivrognes, les diffamateurs.. ne recevront le royaume de Dieu en héritage (1 Co 6, 9-10).

Un bon pasteur (et Jésus s'est proclamé le Bon Pasteur: Jean 10, 1-18, 27-28) ne craint pas d'abandonner tout son troupeau pour aller chercher la brebis perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve (Lc 15, 4).

Ce qui frappe dans les épilogues de ces paraboles, c'est la joie qui inonde les scènes des retours, des retrouvailles. Une joie qu'on veut partager avec tous: Réjouissez-vous avec moi ! que ce soit pour la brebis retrouvée que le bon pasteur charge sur ses épaules (v. 5), pour la pièce d'argent retrouvée par sa propriétaire (v. 9) ou pour le père qui voit revenir son cadet. Apportez le plus beau vêtement pour l'habiller..., allez tuer le veau gras, mangeons et festoyons... (vv. 22-23).

La parabole du fils prodigue illustre bien complètement le processus de la conversion de pécheur : Il rompt avec sa famille, demande sa part d'héritage, part pour un pays lointain, dilapide sa fortune en menant une vie de désordre. Il subit la conséquence de ses péchés: devenu pauvre, il doit accepter une condition humiliante, lui, le fils de famille, en gardant les porcs, en vivant une existence pire que celle des animaux puisqu'il enviait les gousses du caroubier dont il était privé !

Cette épreuve le fit entrer en lui-même (v. 17) et revenir à la réalité, c'est-à-dire à la vérité. Le péché obscurcit d'abord l'intelligence, la connaissance. Ici, le processus de la conversion s'enclenche : il reconnaît ses fautes, envers Dieu et envers son père (dans la foi, c'est le même). Père, j'ai péché contre le Ciel et contre toi, avec l'humilité: Je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. Il accepte d'avance d'être seulement traité comme l'un de ses ouvriers (vv. 18-19). Puis, il fait la démarche de pénitence: Il se leva et s'en alla vers son père. La réconciliation se fait dans l'Amour miséricordieux de Dieu père qui n'attend pas que son fils devenu "prodigue" fasse la totalité du chemin qui reste à parcourir, mais qui, l'apercevant, fut saisi de compassion, courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers (v. 20). Il ne l'humilie pas (il a été suffisamment humilié par ses péchés et leurs conséquences), il ne réclame pas davantage que sa contrition sincère et organise une fête pour son retour car il était mort, il est revenu à la vie (la vie de la grâce, la vie de l'âme); il était perdu, et il est retrouvé ! (v. 32)

Ne péchons plus, revenons toujours au Père qui nous attend et jetons-nous dans ses bras ouverts !

Abbé Christian LAFFARGUE.

*qui se repent traduisent les bibles de Jérusalem, Crampon et Osty. La nouvelle traduction liturgique traduit qui se convertit et supprimant ici l'adverbe plus (de la joie au lieu de plus de joie).

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