"Augmente en nous la foi !" (Lc 17, 5) - 27ème dim-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 2 octobre* 2016 (12ème année) Année jubilaire de la Miséricorde

27ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

* Les saints Anges gardiens

LES TEXTES DE LA MESSE

Augmente en nous la foi !

(Luc 17, 5 – Evangile)

Le Seigneur leur répond (et semble le leur reprocher) que s'ils avaient de la foi comme une graine de moutarde (qui est une semence minuscule), ils auraient dit au mûrier: "Déracine-toi et va te planter dans la mer", et il aurait obéi. (v. 6) La prière des apôtres nous rappelle que "la foi est une grâce". (1)

"La foi est un don de Dieu – précise le Catéchisme – une vertu surnaturelle infuse par Lui". En rappelant la parole de Jésus à saint Pierre qui a confessé qu'Il était "le Christ, le Fils du Dieu vivant":

Ce n'est pas la chair et le sang (les capacités naturelles, simplement humaines) qui te l'ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux (Mt 16, 17). Mais comme c'est un acte humain (C.E.C., n°154), la liberté (choisir), l'intelligence (connaître) et la volonté (faire, ici: adhérer) sont pleinement utilisées. "Dans la foi, l'intelligence et la volonté humaines coopèrent avec la grâce divine" (n° 155).

On peut donc demander un surcroît de grâce pour que notre foi augmente et, surtout, qu'elle traverse les doutes, les épreuves, les déconvenues. Pour être authentique, elle a besoin d'être purifiée. Ce n'est pas un dû. Voyez l'exemple du serviteur donné par Jésus : Il a labouré, gardé les troupeaux, c'est-à-dire travaillé toute la journée et le maître réclame d'abord d'être encore servi, sans le remercier, le récompenser, avant de lui permettre de prendre place à table ! (Lc 17, 7-8)

Il faut vraiment de l'abnégation ! Pourquoi n'a-t-il pas de reconnaissance envers ce serviteur ? Parce qu'il n'a fait que son devoir, il n'a fait qu'exécuter ce qui lui était ordonné (v. 9). Certes, un remerciement, un sourire, qui sont autant d'encouragements, ne sont pas interdits. En cette époque où la charité s'est refroidie, où l'égoïsme, l'impolitesse règnent, où il y a tant de souffrances, on doit être encore plus attentif aux autres, avec la sensibilité et la délicatesse dont nous sommes heureux d'être bénéficiaires ! Cependant, dans l'ordre de la grâce et de la sanctification, le travail bien fait, le devoir accompli sous le regard de Dieu (et non celui des hommes), même non reconnu, devrait nous suffire. C'est comme la foi: on ne "sait rien", on "n'entend rien", on n'a pas - sur le moment, en tout cas– "de retour", mais on fait confiance, on garde toujours les yeux tournés vers le Ciel, dans l'Espérance, et la paix, la joie que cette abnégation nous apporte, remplissent notre âme !

Car le Seigneur, répond toujours. Il nous rend au centuple ce que nous avons sacrifié, Il exauce, selon ses vues (ne se préoccupant que de notre salut éternel) nos prières. On le voit, on le comprend plus tard si l'on persévère.

A nous de ranimer le don de grâce que nous avons reçu de Dieu car ce n'est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de modération (2 Tm 1, 6 – IIème lecture) (2). La Foi se reçoit, mais se conquiert aussi. Pour la garder dans les épreuves, la faire grandir et fructifier, il faut avec la force de Dieu prendre notre part aux souffrances liées à l'annonce de l'Evangile (v. 8) et la première annonce, c'est celle de la Foi en Jésus mort et ressuscité. Les versets 9 à 12 - étonnamment sautés - illustrent très bien cela. A nous aussi de rester fidèles à l'enseignement reçu, à garder le dépôt de la foi, par l'Esprit Saint qui habite en nous (vv. 13-14).

Le Seigneur est bon pour ceux qui se tournent vers lui, pour ceux qui le recherchent.

(Lamentations 3, 25 – 1ère prière avant la communion)

Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) Catéchisme de l'Eglise Catholique, "Les caractéristiques de la foi", n° 153.

(2) Traduction Crampon, révisée 2004.

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