Résister jusqu'au sang (Cf He 12, 4) - 20ème dim (C)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 14 août 2016 (11ème année) Année jubilaire de la Miséricorde

20ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

LES TEXTES DE LA MESSE

Résister jusqu'au sang.

(Cf Hébreux 12, 4 – IIème lecture)

Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans votre lutte contre le péché lisons-nous ce dimanche (nous lirons la suite dimanche prochain). Un péché qui nous entrave si bien (qui nous assaille traduit Crampon, qui nous assiège traduit la Bible de Jérusalem). Courons avec endurance (avec persévérance, avec constance. Id.) l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de la foi (He 12, 1-2). Jésus a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice et, de ce fait, siège à la droite de Dieu. Il est notre modèle : Il a enduré de la part des pécheurs une grande hostilité et son exemple nous permet de ne pas être accablés par le découragement (v. 3).

S'il n'y a pas de combat en nous et autour de nous contre le péché, c'est que nous nous sommes peut-être livrés à lui, que nous avons rendu les armes tout en le désignant ou en désignant ses effets. Voilà pourquoi les divisions dans les familles même, sont annoncées par Jésus (Cf l'Evangile de ce dimanche). Quand Jésus, de façon presque provocatrice, dit à ses disciples: Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division (Luc 12, 51), c'est bien à cause de ce combat qu'Il a mené et qu'à sa suite nous devons mener contre le Mal. Contre l'erreur, contre les ténèbres, contre le péché, contre Satan. Satan que l'archevêque de Rouen a osé nommer clairement dans l'homélie de la messe des obsèques du prêtre assassiné près de Rouen.

Le vieillard Siméon l'avait annoncé lors de la Présentation de Jésus au Temple : Il sera un signe de contradiction (...) ainsi (car) seront révélées les pensées de beaucoup de cœurs (Lc 2, 34-35). Certains sont heureux de trouver la Vérité, d'autres non. Certains sont heureux de connaître le Christ et de Le suivre, d'autres non, même s'ils Le regardent avec sympathie.

C'est une grande illusion et une tromperie funeste de croire ou de faire croire que, finalement, "tout le monde se sauve, tout le monde va au ciel; que, si l'enfer existe, il n'y a personne dedans" ! Dieu ne force personne, mais pour être sauvé, il faut se convertir. C'est à toutes les pages de l'Evangile et dans les évangiles vivants que furent les saints ! Je suis venu apporter un feu sur la terre (Lc 12, 49). C'est le feu de l'Esprit Saint annoncé par Jean Baptiste (Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu: Lc 3, 16), le feu purificateur (cf Mc 9, 49) Et le baptême que Jésus doit recevoir, c'est celui de la croix et quelle n'est pas son angoisse jusqu'à ce qu'il soit accompli ! (Lc 12, 50). La Croix est le seul signe de contradiction qui sépare (et qui divise) les uns et les autres...

Revenons à la IIème lecture : Il a enduré la croix... Il a enduré de la part des pécheurs (qui ne veulent ni reconnaître leurs péchés, ni en demander pardon, ni les réparer, ni promettre de changer de vie) une telle hostilité... Vous n'avez pas résisté jusqu'au sang dans votre lutte contre le péché (Hébreux 12, 2-4).

Alors, sans résister et en se livrant au Mal, tout le monde se sauve ?!

A la veille de la solennité de la fête de l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, demandons à la toute pure d'éclairer nos consciences, et que dans la lutte qu'Elle mena et qu'Elle continue de mener avec l'archange saint Michel contre le Dragon infernal nous entendions proclamer du Ciel : Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ !

(Apocalypse 12; 3, 7, 10 – Ière lecture)

Abbé Christian LAFFARGUE.

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