La porte étroite… (Luc 13, 24) - 21ème dimanche (C)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 21 août* 2016 (11ème année) Année jubilaire de la Miséricorde

21ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

*Saint Pie X, Pape (1835-1914)

LES TEXTES DE LA MESSE

Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite…

(Luc 13, 24 – Evangile)*

Jésus a prononcé ces mots pour répondre à quelqu'un qui lui avait demandé: Seigneur, n'y a-t-il qu'un petit nombre de sauvés ? (v. 23). Et il avait ajouté: Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car beaucoup, je vous le déclare, chercheront à entrer et ne le pourront pas (v. 24).

Beaucoup diront : Mais nous avons mangé et bu en votre présence pendant que vous avez enseigné sur les places publiques. Et il vous répondra: Je vous le dis, je ne sais pas d'où vous êtes. Retirez-vous de moi vous tous qui commettez l'injustice ! (vv. 26-27). Et le Seigneur précise au cas où ses auditeurs – dont nos contemporains et nous-mêmes - ne voudraient pas comprendre: Là il y aura des pleurs et des grincements de dents... et vous serez jetés hors du royaume de Dieu (v. 28). Nous pensons aussi à la parabole des vierges sages et des vierges folles: quand elles finissent par arriver, en retard, après que l'époux soit rentré et que la porte soit refermée, elles frappent en criant: Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous ! Mais il répond : en vérité, je vous le dis: je ne vous connais pas ! Avec la finale: Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure (Mt 25, 1-13).

Et il y a trois semaines, le 31 juillet (18ème dimanche), nous avons bien entendu aussi la parabole de l'homme riche avec la finale: Tu es fou; cette nuit même, on te redemandera ton âme ! (Lc 12, 20)

Notre Seigneur Jésus-Christ se fait ici l'interprète du Père qui aime ses enfants. "Qui aime bien châtie bien" dit l'adage. Quand le Seigneur aime quelqu'un, Il lui donne de bonnes leçons; il corrige tous ceux qu'Il reconnaît comme ses fils (Hebreux 12, 6 – IIème lecture. Cf Pv 3, 11-12). Les leçons (communément, en français, on ne dit pas, d'ailleurs: je le châtie, mais je lui donne une leçon, ce qui montre le sens éducatif du comportement des parents ou autres éducateurs. On voit bien d'ailleurs que les enfants insupportables, qui n'ont ni respect ni politesse pour les adultes ou leur entourage n'ont reçu aucune éducation). Quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ? (ne corrige pas traduit Crampon) (v.7)

Bien sûr, par devoir et non par plaisir, on doit peiner ceux qu'on corrige : Quand on vient de recevoir une leçon, on n'éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse. Mais plus tard, quand on s'est repris grâce à la leçon, celle-ci produit un fruit de paix et de justice (v. 11).

Les pasteurs (les prêtres et les évêques) doivent être de bons pères qui disent les choses pour reprendre et ainsi éduquer les brebis dont ils ont la charge (charge de leurs âmes, charge de leur salut éternel) ou qui viennent à eux. Et non pas - par incompétence, infidélité ou lassitude, se taire (alors que la parole de Dieu et l'enseignement de l'Eglise sont on ne peut plus clairs !) - ou pour plaire, pour être aimés (et invités), pour être tranquilles ("ne pas faire des vagues" recommandent les épiscopes avec sévérité): se taire sur l'essentiel, tenir des propos spirituels vagues sans leçons ni morale, ce que n'a pourtant pas cessé de faire le Christ lors de sa vie publique !

L'universalité de ces propos salutaires est manifeste dans les textes de cette messe : Allez dans le monde entier. Proclamez l'Evangile tous les peuples) (Psaume 116). Je viens rassembler toutes les nations, de toutes langues..., les nations les plus éloignées, les îles lointaines. Ceux qui n'ont rien entendu de ma renommée, qui n'ont pas vu ma gloire... (Isaïe 66, 18-20 – Ière lecture).

La porte étroite mérite d'être empruntée...!

Abbé Christian LAFFARGUE.

* Cf aussi: Large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui le prennent; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent (Mt 7, 13-14).

et Il est plus facile à un chameau…, qu'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux (Mt 19, 24 – Evangile du 16 août). Et la parabole du festin de noces (Mt 22, 1-14 – Evangile du 18 août).

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article