"Vanité des vanités, tout est vanité !" 18ème dim du T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 31 juillet* 2016 (11ème année) Année jubilaire de la Miséricorde

18ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

* Saint Ignace de Loyola

LES TEXTES DE LA MESSE

Vanité des vanités, tout est vanité !

(Qohélet 1, 2 – Ière lecture)

Ainsi commence la première lecture de la messe d'aujourd'hui. Qohélet est un juif de Palestine qui écrit au IIIème siècle avant Jésus-Christ. On appelle aussi le livre L'Ecclésiaste. Voici un homme qui s'est donné de la peine... Il a travaillé avec sagesse, savoir et succès. Que reste-t-il à l'homme de tout son labeur, de tout son effort dépensés durant sa vie, de son souci des affaires, des nuits d'insomnie...? (traduction de la Bible de Jérusalem) Tout cela n'est que vanité (Qo 2,; 20, 21, 23).

Toi, tu es Dieu. Tu fais retourner l'homme à la poussière... C'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit dit le psaume (89, 2-3).

Et voilà cet homme riche dont le domaine avait beaucoup rapporté (Parabole du riche insensé; Luc 12, 16-21-Evangile). Il n'avait pas assez de place pour entasser sa récolte et voulait abattre ses greniers pour en construire de plus grands et y entasser la totalité de ses récoltes et de ses biens pour avoir de grands biens en réserve pour de nombreuses années. Il pouvait se dire repose-toi, mange, bois et jouis de l'existence (fais la fête: trad. Crampon). Comme c'est actuel dans nos pays dits "riches" ! Mais Dieu lui dit: Tu es fou: cette nuit même, on va te redemander ta vie (on te redemandera ton âme: trad. Crampon et Bible de Jérusalem).

En continuant la lecture de ce chapitre, on lit encore : Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et tout le reste vous sera donné par surcroît (v. 31). Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Ayez la ceinture aux reins et vos lampes allumées (vv. 34-35), Tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure que vous ne pensez pas (v. 40).

Toutes ces malheureuses victimes des attentats, à Nice et ailleurs, qui passaient une soirée agréable en famille ou avec des amis... Brutalement tuées, assassinées. Où est leur âme ? Etaient-elles prêtes à paraître devant Dieu, avaient-elles leurs reins ceints et leurs lampes allumées ? Quand "l'époux est venu", quand leurs âmes ont été jugées par Dieu, avaient-elles de l'huile dans leurs lampes comme dans la parabole des vierges sages et des vierges folles ? (Mt 25, 1-13). Ou avaient-elles tout gaspillé en se préoccupant peu de leurs devoirs religieux, d'assister à la messe du dimanche, de se confesser de leurs péchés et de changer de vie ? Quand leur âme a frappé à la porte du Seigneur, la porte du Ciel (Seigneur, ouvre-nous ! v. 11), ne se sont-elles pas entendu répondre : En vérité, je vous le dis: je ne vous connais pas ! Avec la finale: Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure (vv. 12 et 13). Ou, dans ces drames de la mort brutale, imprévisible, comment ne pas penser à la conclusion sévère de la parabole suivante, celle des talents (Mt 25, 14-30) à propos de ce serviteur qui avait enterré son talent (v. 25) sans le faire fructifier: Quant à ce serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres extérieures, là où sont les pleurs et les grincements de dents ! (v. 30).

Oui, même en ce temps d'été (où 40% de Français ne partent pas en vacances), d'insouciance affichée, ces victimes nous ramènent à la réalité, celle de l'état de leurs âmes, celle de l'état de nos âmes...

Saint Paul le rappelle aux chrétiens de Colosses: Si vous êtes ressuscités avec le Christ (c'est-à-dire morts au péchés pour renaître en Lui dans la grâce), recherchez les réalités d'en haut... Pensez aux réalités d'en haut, non à celles de la terre (Col 3, 1-2 – IIème lecture). Et il nomme ce qui fait mourir : fornication, impureté, luxure, convoitise mauvaise, cupidité (la soif de posséder) (v.5). Toutes choses qui attirent la colère de Dieu (v. 6).

Dépouillés du vieil homme, revêtus de l'homme nouveau, nous pouvons nous conformer à l'image de notre Créateur (v. 10). Tout le reste n'est... que vanité...!

Abbé Christian LAFFARGUE.

Publié dans Bulletin dominical

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