Quelle est notre seule fierté ? (Gal 6, 14) - 14ème dim T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 3 juillet 2016 – 11ème année Mois du Sacré-Cœur de Jésus

14ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

LES TEXTES DE LA MESSE

Quelle est notre seule fierté ?

(cf. Galates 6, 14 – IIème lecture)

Qui, aujourd'hui, même chrétien, répondrait : la croix de notre Seigneur Jésus-Christ ? Nous rêvons volontiers de puissance, de réussite, d'idéaux, mais d'abaissement, non ! Cette croix, quand elle est bien en place dans nos demeures, comme un décor rassurant, n'est pas toujours dans nos cœurs et nous évertuons soit à la mettre de côté, à l'ignorer, soit en faire un moteur de révolte.

La croix de N.-S. Jésus-Christ reste ma seule fierté écrit saint Paul dans la finale de son épître aux Galates. Si le monde est crucifié, c'est parce qu'il est sauvé par le sacrifice du Christ offert à Dieu son Père pour l'expiation de nos péchés, afin que nous devenions une création nouvelle (v. 15). Pour tous ceux qui marchent selon cette règle de vie (v. 16). Paix et miséricorde sera le vœu de l'Apôtre.

La croix n'est pas – certes, elle peut l'être ! – un instrument de supplice mortel, mais un acte d'amour. Une consolation. L'Eglise, notre mère, nouvelle Jérusalem, est comme une mère qui console ses enfants (Isaïe 66, 13 – Ière lecture). Cette consolation, non pas humaine mais spirituelle, surnaturelle, donne la joie : Vous verrez, votre cœur sera dans l'allégresse, et vos os revivront comme l'herbe reverdit (v.14). La joie, d'ailleurs, traverse tous les textes de la messe d'aujourd'hui.

D'abord avec le début de la Ière lecture, le fameux Laetare Jerusalem du 4ème dimanche de Carême : Réjouissez-vous avec Jérusalem... Avec elle soyez pleins d'allégresse, vous tous qui la pleuriez ! Vous serez rassasiés de ses consolations... (Is. 66, 10-11).

Les abaissements du Fils de Dieu donne aux fidèles une joie sainte car Il les a tirés de l'esclavage du péché et ils connaîtront un bonheur impérissable (Collecte). Il changea la mer en terre ferme: ils passèrent le fleuve à pied sec (il s'agit du passage de la Mer rouge par le peuple hébreu après la fuite d'Egypte, la pâque). De là cette joie qu'Il nous donne. (Psaume 65, 3ème strophe).

Les messagers de la croix, les messagers de la paix et de la joie, sont les ouvriers pour la moisson du maître (Luc 10, 2 – Evangile). Dieu les envoie comme des agneaux au milieu des loups (v. 3). Pas d'illusions, de pacifisme, de naïveté, ici. D'autres évangélistes le manifesteront, pour mettre en garde contre les faux prophètes qui viennent à vous comme des brebis mais qui, au-dedans, sont des loups rapaces (Mt 7, 15 et 10, 16 qui reprend Lc 10, 3), ou le mercenaire qui n'est point le berger et qui abandonne les brebis devant le loup et qui s'enfuit alors que le bon berger livre sa vie pour les brebis (Jn 10, 11-12).

Les messagers de la croix, les missionnaires, ne perdent pas leur temps à "faire la causette" (ne saluez personne en chemin, Lc 10, 4), à organiser des rencontres et des réunions "conviviales", des assemblées "festives" – même si elles sont quelquefois utiles -, ils vont à l'essentiel: S'il y là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui, sinon elle vous reviendra... Ne passez pas de maison en maison... (vv. 6, 7). Mais dans toute ville où ils ne seront pas accueillis, ils sortiront et diront publiquement (sur les places) de façon assez brutale d'ailleurs, qu'il enlèveront la poussière de cette ville restée collée à leurs pieds pour la leur laisser ! (v. 10-11). Et cette ville sera maudite, comme Sodome ! (v. 12) (Cette éventualité, pourtant précisée clairement par la Parole de Dieu, ne doit pas plaire aux censeurs "modernes", un peu dépassés d'ailleurs aujourd'hui, qui écartent ce passage d'une "lecture brève" au choix pour les oreilles fragiles !).

La croix, nos croix, vécues, acceptées et offertes à Dieu notre Père par notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, sont les seules qui nous donnent la paix et la joie qui durent et que nul ne nous enlèvera (cf Jn 16, 22 et Col 1, 20)

Que dans vos cœurs règne la paix du Christ; que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse.

(Verset de l'Alleluia)

Abbé Christian LAFFARGUE.

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