C'est l'heure de ta grâce... (Ps 68, 14) - 15ème dim du T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 10 juillet 2016 (11ème année)

15ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

LES TEXTES DE LA MESSE

C'est l'heure de ta grâce...

(Psaume 68, 14)

C'est souvent "l'heure de la grâce" pour nos âmes et dans nos vies, pourvu que nous y prenions garde et que nous la demandons : Je Te prie, Seigneur... Dans Ton grand amour, Dieu, réponds-moi. Pour cela il faut être humilié et meurtri et en rendre grâces (au lieu de résister et de nous révolter). Car le Seigneur écoute les humbles. "L'heure de la grâce", ce sont toutes les épreuves, physiques ou/et morales que Dieu permet pour nous purifier, nous sanctifier. Nous n'avançons pas, bien souvent, parce que nous laissons passer toutes ces occasions qui sont autant de "paroles de Dieu". Cherchez Dieu, vous les humbles, et votre cœur vivra dit encore le refrain de ce psaume laissé au choix des célébrants, on ne sait pourquoi.

L'humble est confiant, c'est-à-dire dans la foi, absolue, quoiqu'il arrive. L'orgueilleux, qui compte sur ses propres forces, se décourage vite. Les auteurs du Deutéronome ont résumé l'expérience acquise au cours de l'histoire du Peuple élu (Cf l'introduction au Livre dans la Bible des Peuples). Ils nous disent encore aujourd'hui, plus de deux mille ans après le Christ, d'écouter la voix du Seigneur, d'observer ses commandements et ses décrets, de revenir au Seigneur notre Dieu de tout notre cœur et de toute notre âme (Deut 30, 10 – Ière lecture). Souvent nous nous disons: je n'y arriverai pas ! Dieu ne nous demande pas des choses impossibles, sinon Il serait injuste. Ce qui est impossible. "Quand Dieu demande, Il donne de pouvoir" affirmait saint Augustin. Cette loi que je te prescris aujourd'hui n'est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. Elle n'est pas "dans les cieux"... Elle n'est pas "au-delà des mers... Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique (vv. 11 à 14). Le verset 6, non retenu dans l'extrait de ce dimanche, disait : (...) Pour que tu aimes ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme et que tu vives. Ce que reprendra Jésus en précisant l'amour du prochain, le commandement nouveau (Jn 13, 34 - 15; 12, 17).

La parabole du Bon samaritain – propre à saint Luc – illustre ce commandement de la charité théologale, qui va bien au-delà de la simple compassion, de l'empathie, qu'on entend de ci de là dans les conversations et les gazettes.

Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Luc 10, 25 – Evangile). Le Seigneur le renvoie aux commandements, à la Loi, qu'Il n'est pas venu abroger mais accomplir (Mt 5, 17) : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même (v. 27 – Cf Deut 6, 5; Lév 19, 18). Entre parenthèses, si nous pouvions vivre cette exigence essentielle pour avoir la vie éternelle...! N'en sommes-nous pas loin ?

L'interlocuteur, docteur de la Loi, va ergoter sur la notion de prochain (v. 29). Et Jésus donnera sa parabole du bon Samaritain. Un homme a été agressé, laissé à demi-mort sur la route de Jérusalem à Jéricho... Un prêtre le vit et passa son chemin... (v. 31). De même un lévite... (v. 32). Seul, un Samaritain (hérétique pour les juifs, hétérodoxe dans sa foi) fut saisi de compassion. Il s'approcha, pansa ses blessures..., le chargea sur sa monture, le conduisit à l'auberge..., paya sa pension... (vv. 31-35). C'est lui qui s'est montré le prochain du blessé... Et nous ? Passons-nous notre chemin voyant eux qui ne nous plaisent pas ou pourraient nous attirer des ennuis, des retards, des dérangements ? Qui nous obligeraient à nous arrêter, à nous pencher vers tant de blessés de la vie, tant de pauvres et de solitudes ? "L'heure de la grâce", c'est toujours un appel de Dieu à la charité, car Jésus est dans ceux qui ont besoin. Relisons la leçon sur le jugement dernier : J'ai eu faim... J'ai eu soif... J'étais étranger..., nu, malade, en prison... Avec la finale: Ceux-ci s'en iront à l'éternel supplice (l'enfer), les justes à la vie éternelle (Matthieu 25, 31-45). Ne soyons pas des égarés qui ont perdu la lumière de la vérité et reprenons le bon chemin (Collecte), celui de l'amour de Dieu et du prochain...

Abbé Christian LAFFARGUE.

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