Qu'il renonce à lui-même... (Lc 9, 23)-11ème dim du T.A.-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 12 juin 2016 Mois du Sacré-Cœur de Jésus

11ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (C)

LES TEXTES DE LA MESSE

Tes péchés sont pardonnés.

(Luc 7, 48 – Evangile)

C'est ce que Jésus dit à la pécheresse (1) de la ville venue chez Simon le Pharisien qui avait invité le Christ à manger avec lui (vv. 36-37). Les invités en furent interloqués: Qui est cet homme qui va jusqu'à pardonner les péchés ? (v. 49). En effet, seul Dieu peut pardonner les péchés… Ce n'est pas par l'observance de la Loi (de Moïse) – à laquelle Simon devait être fidèle – qu'on peut être sauvé, mais seulement par la foi en Jésus-Christ écrira Saint Paul aux Galates (2, 16 – IIème lecture). Foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi (v. 20). Le Christ montre aux pharisiens et aux docteurs de la Loi ancienne qu'Il inaugure une nouvelle Loi, une nouvelle Alliance, celle de l'Amour. Un amour qui sait reconnaître ses fautes, en demander pardon et être pardonné. La femme "de mauvaise vie" avait déjà demandé pardon, au fond de son cœur, à Celui qu'elle avait reconnu, par la foi, comme le Sauveur. Et elle vient, publiquement, surmontant la honte et l'humiliation, manifester qu'elle avait rencontré en Lui le véritable amour. Elle l'avait cherché et avait cru le trouver dans des amours coupables et mauvaises. Ses nombreux péchés lui sont pardonnés parce qu'elle a beaucoup aimé (2) (Lc 7, 47).

La nouvelle Loi est une vie nouvelle: la vie de la grâce qui transforme et purifie les cœurs, et non une Loi qui sauverait parce qu'on s'en tiendrait à l'observance de règles, comme dans le judaïsme ou dans l'islam qui ne connaissent pas le pardon parce qu'ils n'ont pas connu et accepté l'amour de Celui qui a aimé et pardonné jusqu'à mourir sur la Croix. C'est la Loi qui a fait mourir le Christ et Saint Paul a cessé de vivre pour la Loi afin de vivre pour Dieu. En allant jusqu'à être crucifié avec le Christ (Galates 2, 19). L'apôtre des nations a cette très belle expression: Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi (v. 20).

Le roi David lui-même, qui avait pris la femme d'Urie le Hittite, Bethsabée, et qui l'avait fait tuer à la guerre contre les Ammonites (2 Samuel 11; 1-4, 15-17), reconnut son péché devant le prophète Nathan envoyé par Dieu pour le confondre (2 S 12 – Ière lecture). Il fut pardonné: Voici que Yahvé efface ton péché, tu ne mourras pas (v. 13). Mais il fut puni: Cependant, parce que tu as méprisé Yahvé dans cette affaire, le fils qui t'est né – de cette union adultère – mourra (v. 14). Cependant, Dieu "ne se venge pas", il pardonne et se montre généreux. Un autre enfant naîtra de Bethsabée, que David épousera: ce sera le futur roi Salomon que Dieu choisira pour succéder à son père.

Nous sommes heureux avec le roi David qui composera le psaume de la messe de ce dimanche :

Heureux l'homme dont la faute est effacée et le péché remis… Je t'ai fait connaître ma faute, je n'ai pas caché mes torts. Je rendrai grâces au Seigneur en confessant mes péchés. (Psaume 31/32; 1, 5)

Ce n'est qu'à cette condition qu'on pourra bénéficier de la miséricorde du Cœur de Jésus...

Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) "Une tradition confond les trois femmes: 1-La pécheresse de cet évangile, 2-Marie de Magdala (Marie-Madeleine) de laquelle étaient sortis sept démons (Lc 8, 2) et 3-Marie de Béthanie, sœur de Lazare et de Marthe (Lc 10, 39). L'exégèse actuelle les distingue, notamment Marie de Béthanie" (note de la synopse de Bompois, traduction Osty-Trinquet; éd. Mame, 1965)

Saint Jean Chrysostome, Origène, Bossuet distinguaient les trois; Saint Augustin en retenait deux (Marie de Béthanie et la pécheresse de cet évangile); Saint Grégoire le Grand n'en voyait qu'une.

(2) Le Père Bandelier dans le Billet spirituel de Famille chrétienne du 15 au 21 juin 2013, p. 5, propose cette traduction plus orthodoxe, plus fidèle et plus compréhensible: Si elle montre un si grand amour, c'est que ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés. L'amour retrouvé est la conséquence de la contrition et du pardon et non le contraire ! On pense à la formule de Luther: Pecca fortiter sed fortius crede : Pèche fortement mais crois plus fortement (encore) dans sa lettre à Mélanchon du 1er août 1521. C'est l'erreur qui sous-tend le comportement de bien des chrétiens ! Ab. L.

(Bulletin paroissial de Tossiat du 16 juin 2013)

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