Qu'ils soient un... (Jn 17, 21) - 7ème dim de Pâques/C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin du 8 mai 2016 (11ème année) Année jubilaire de la Miséricorde 7ème dimanche de Pâques (C) Mois de Marie

LES TEXTES DE LA MESSE

Qu'ils soient un...

(Jean 17, 21 – Evangile)

...comme nous sommes UN: moi en eux, et Toi en moi. Ainsi s'exprime le Christ dans sa "prière sacerdotale", le Jeudi-saint au soir, avant de quitter le cénacle pour aller au jardin des oliviers. C'est "la prière pour l'unité".* Ce n'est pas une unité humaine de façade fruit d'un accord consensuel où l'on évite "les sujets qui fâchent" (pour ne parler finalement de rien) faisant litière (l'impasse dirait-on aussi) de la Vérité, car c'est elle qui fait la vraie unité. Mardi, en la fête des saints Philippe et Jacques nous avons lu et entendu Jésus dire à Thomas: Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, nul ne va au Père que par moi (Jn 14, 6). Qu'ils soient Un en nous (Jn 17, 22). Unité dans la Foi (Pour que le monde croie que Tu m'as envoyé, v. 21) et dans la Charité (Et que Tu les as aimés comme Tu m'as aimé, v. 23; Pour que l'amour dont Tu m'as aimé soit en eux et moi en eux, v. 26). On retrouve toujours le mystère de l'Incarnation: Et le Verbe – la Parole – S'est fait chair et Il a habité parmi nous (in nobis, en nous : Jn 1, 14). La Baptême nous a fait à la fois naître en la grâce, et renaître, en nous conférant la grâce divine ou sanctifiante, en nous faisant participer à la vie divine, la vie trinitaire, puisque nous avons été baptisés au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Le même saint Jean, apôtre, dans la finale de l'Apocalypse que nous lisons aujourd'hui (IIème lecture), nous parle de ceux qui auront droit d'accès à l'arbre de la vie et qui entreront dans la ville par les portes. L'arbre de la vie, la porte, c'est le Seigneur. C'est la Croix. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements (dans le sang de l'Agneau ajoute la Vulgate) (Ap 22, 14). Pour participer "au festin des noces de l'Agneau" (Ap 19, 9 repris par le prêtre présentant l'hostie eucharistique avant la communion), il faut le vouloir, il faut avoir faim et soif du Christ, vrai Dieu et vrai homme : Celui qui entend, qu'il dise : Viens ! Celui qui a soif, qu'il vienne. Celui qui le désire, qu'il reçoive l'eau de la vie (la grâce), gratuitement.

Serons-nous de ceux qui, comme l'apôtre bien-aimé, diront : Oui, je viens sans tarder. Amen ! Je viens, Seigneur Jésus ! (Ap 22,; 17, 20).

Saint Etienne, premier diacre et premier martyr, avait ce désir de Dieu. Il était rempli de l'Esprit-saint et fixait le ciel du regard. Il vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il en témoignait auprès de ses accusateurs (Actes des Apôtres 7, 55-56 – Ière lecture). Mais ils étaient furieux contre lui et se bouchèrent les oreilles (v. 57). Auparavant, il ne les avait pas ménagés (les saints, comme le Christ, avaient cette liberté. De dire la vérité. Aujourd'hui, on ne peut rien dire, sinon on se fait lapider): Hommes à la tête dure (ou: à la nuque raide), vous résistez toujours à l'Esprit-saint ! (v. 51). Alors ils se jetèrent sur lui et ils le lapidèrent (vv. 57-58). Il fut alors la figure du Christ: se mettant à genoux, il s'écria d'une voix forte: "Seigneur, ne leur compte pas ce péché" (v. 60). Il demande à Dieu auquel il offre le sacrifice de sa vie de pardonner à ses bourreaux (cf la première parole du Christ en Croix : Père pardonne-leur..., Lc 23, 34). Saul, le futur saint Paul, était là et approuvait ce meurtre (Actes 8, 1). Mais le sacrifice d'Etienne le convertit plus tard sur le chemin de Damas où il allait persécuter les chrétiens (Cf. Actes 9).

Ne nous décourageons pas. Nous pouvons tout offrir. La fidélité à la Vérité, au Credo, l'unique souci de chercher le Royaume de Dieu (Luc 12, 31-32), d'avoir faim et soif de Sa présence, de nous tenir proches de la sainte Vierge Marie, verra notre conversion et celle de beaucoup !

Nous croyons, Seigneur, que le Sauveur des hommes est auprès de Vous dans la gloire et qu'Il est encore avec nous jusqu'à la fin des temps, comme il nous l'a promis (Cf Mt 28, 20) (Collecte).

Oui, nous le croyons !

Abbé Christian LAFFARGUE.

* Qu'ils soient Un (Ut unum sint), c'est le titre de la Lettre encyclique du Pape saint Jean-Paul II sur "L'engagement oecuménique", du 25 mai 1995. Ceux qui ont été troublés par le faux œcuménisme qui a suivi le Concile Vatican II et sur l'interprétation erronée du décret conciliaire sur la liberté religieuse (7 déc. 1965) seront complètement éclairés et rassérénés en lisant l'encyclique.

Publié dans Bulletin dominical

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