"Mes brebis écoutent ma voix" (Jn 10, 27)-4ème dim de Pâques-C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin du 17 avril 2016 Année jubilaire de la Miséricorde

4ème dimanche de Pâques (C) - Dimanche du bon Pasteur.

Journée mondiale de prière pour les vocations*

LES TEXTES DE LA MESSE

Mes brebis écoutent ma voix

(Jn 10, 27 – Evangile)

A l'opposé de celles qui ne veulent ni écouter ni entendre, comme ces juifs qui enflammés de jalousie (à cause du succès remporté par Paul et Barnabé) contredisaient les paroles de Paul et l'injuriaient (Actes des apôtres 13, 45 – Ière lecture). C'est d'abord à eux que s'adressaient les apôtres (comme le fit saint Matthieu dans son évangile), le peuple élu, avant de s'adresser aux nations païennes, afin que le salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre (Actes, vv. 46-47 citant Isaïe 49, 6). Je donne (à mes brebis) la vie éternelle: jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main (Jn 10, 27).

Saint Jean explique longuement cette allégorie du bon pasteur, du bon berger (10, 1-18 ou 21) dont l'évangile de ce dimanche ne donne qu'un court extrait. Jésus compare le mercenaire auquel les brebis n'appartiennent pas, et le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis (vv. 11-12). Il est ressuscité, Jésus, le vrai Pasteur, lui qui a donné sa vie pour son troupeau, lui qui a choisi de mourir pour nous sauver (Prière avant la communion).

En ce Temps pascal, nous restons marqués par le sacrifice du Bon pasteur sur la croix. Et si nous Le suivons, si nous Lui appartenons, nous effectuerons comme et avec Lui notre pâque, notre passage de la mort (au péché) à la vie (de la grâce, prémices de la Vie éternelle). On se rapporte, de ce fait, à la deuxième lecture, la célèbre vision du même saint Jean dans l'Apocalypse, où la foule des nations se tiennent debout devant le Trône de l'Agneau, vêtues de robes blanches (les âmes purifiées), lavées par le sang de l'Agneau (Ap 7, 9).

Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. A l'image des relations intimes du Père et du Fils : comme le Père me connaît, et que je connais le Père (Jn 10, 14-15 et le verset de l'Alleluia).

En reconnaissant que Jésus de Nazareth, né à Bethléem de Juda, condamné à mort et crucifié sous le procurateur romain Ponce Pilate, ressuscité le troisième jour, ayant apparu à de nombreux témoins, est le Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme, nous sommes appelés à entrer non seulement dans la connaissance de ce Dieu que Jésus nous révèle, mais dans son intimité, dans sa vie...!

Nous sommes appelés à entrer dans son amour, qui est sa nature (car Dieu est amour: 1 Jn 4, 8), et à le vivre. C'est la vocation (vocare: appeler) de tous ceux qui ont été baptisés dans l'eau et dans l'Esprit (Mt 3, 11 +) pour le répandre tout autour d'eux. Le Christ, Lui-même envoyé du Père (Jn 7, 29 +) en choisit d'autres, librement, pour une mission, une vocation, particulière ou supplémentaire, auxquels il demande d'être davantage configurés à Lui : les religieux et religieuses, les diacres et les prêtres qui reçoivent le sacrement de l'Ordre et le caractère, le sceau, qui marque leur âme à jamais.

C'est une réponse à Quelqu'un qui est amour. C'est une réponse d'amour. Les douze apôtres ont été appelés (Venez à ma suite...) et ils ont répondu (Et eux, aussitôt, laissant tout, ils le suivirent: Mc 1, 17-19 +). L'un d'eux, pourtant, a trahi (Judas), pour la même raison (1) que le jeune homme riche qui avait de grands biens, et qui malgré son désir de sainteté, de perfection, s'en repartit tout triste (Mc 10, 17-22 +).

Dans certaines régions du monde, il n'y a plus de vocations sacerdotales et religieuses car il n'y a plus d'amour. Que l'amour de soi avec l'égoïsme, le matérialisme, l'hédonisme (la recherche du plaisir en toutes choses et avant tout), qui va jusqu'à la haine de soi (cf le suicide) et des autres (cf l'avortement, l'euthanasie. La violence, la haine). Si l'Amour venait à s'éteindre, les apôtres n'annonceraient plus l'Evangile, les martyrs refuseraient de verser leur sang... s'exclamait sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (Man. Autob. A Soeur Marie du Sacré-Cœur).

Concluons par la prière de la Collecte : Dieu éternel et tout-puissant, guide-nous jusqu'au bonheur du ciel; que le troupeau parvienne, malgré sa faiblesse, là où son Pasteur est entré victorieux...

Abbé Christian LAFFARGUE.

* Vocations: cf l'entretien avec le Père Michel Gitton, fondateur de la communauté Aïn Karem, publié dans Famille chrétienne du 16 au 22 avril. L'hebdomadaire – en un temps record – publie des analyses et des réactions fort instructives et remarquablement présentées de l'Exhortation apostolique Amoris laetitia du Pape François sur la Famille (pp. 10 à 22 + l'éditorial, notamment l'entretien avec Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, p. 20)

(1) Le jeune homme riche. C'est juste après que Jésus affirmera combien il est difficile pour ceux qui ont des richesses d'entrer dans le Royaume de Dieu (Lc 18, 24), paroles qui effrayèrent les disciples (Mc 10, 24), avec l'exemple du chameau passant par le trou d'une aiguille (Mt 19, 24).

Publié dans Bulletin dominical

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