Le commandement nouveau (Jn 13, 34)-5ème dim de Pâques (C)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin du 24 avril 2016 Année jubilaire de la Miséricorde

11ème année.

5ème dimanche de Pâques (C)

LES TEXTES DE LA MESSE

Le commandement nouveau.

Nous sommes au soir du Jeudi-saint, après l'annonce de la trahison de Judas et son départ, Jésus donne "un commandement nouveau": C'est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés (Jn 13, 34 – Evangile). C'est-à-dire de l'amour même de Dieu qui est Lui-même Amour (1 Jn 4, 16).

Cet amour dépasse nos propres forces, même aidées par la Foi, car il s'agit d'aimer même ses ennemis et de prier pour eux ! (Mt 5, 44-47; Lc 6, 27-35) et de les pardonner (Mt 6, 14; Mc 11, 25).

De les aimer au-delà d'eux-mêmes, au-delà du mal qui est en eux, de leurs péchés, de leur haine. Ce n'est pas d'être leurs complices par une fausse charité ("il faut être tolérant. Il ne faut pas juger. Ils sont irresponsables", etc.). Car Dieu, le Saint par excellence, n'aime et n'accepte aucun péché, fut-il véniel (voilà pourquoi on s'en confesse) et nul ne pourra paraître devant Lui s'il n'a revêtu la robe absolument blanche (Cf la parabole du festin de noces, Mt 22, 11-13). Tout en nous opposant résolument au mal qui est dans les pécheurs (et dont nous sommes peu ou prou un peu complices à cause du mal qui est aussi en nous), mal de l'esprit (la perversion intellectuelle qui domine dans notre société) et mal moral, en tant que membres du corps du Christ par le baptême, nous sommes tenus d'imiter notre sauveur qui a triomphé du mal, du péché, du démon, en offrant sa vie en sacrifice pour ces mêmes péchés, en pardonnant à ses bourreaux, en intercédant auprès de son Père sur la croix (Luc 23, 34).

Pour aimer de cette façon, il faut que les sarments que nous sommes soient bien unis au cep, ce que rappelle la prière avant la communion reprenant la parabole du cep et des sarments (Jn 15, 1-17). Demeurez en moi et moi en vous (v. 4). Sans moi, vous ne pouvez rien faire (v. 5). Demeurez dans mon amour (v. 9). Et il reprend ce que l'Evangile d'aujourd'hui nous annonce : Ceci est mon commandement: que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés (v. 12). Ce n'est pas n'importe quel amour, mot magique qui veut tout et ne rien dire. Voilà pourquoi l'Eglise lui préfère le mot charité, don surnaturel, vertu théologale. Ajoutant : Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (v. 13). Il s'agit donc de sacrifice. Ne ditons pas que "les parents se sacrifient pour leurs enfants"? Parce qu'ils les aiment. Aujourd'hui, on ne veut rien sacrifier. On ne veut rien choisir. On veut tout avoir (et tout de suite) ! Alors, il n'y a plus d'amour, mais l'égoïsme, l'égocentrisme érigé en norme sociale. On voit le résultat !

Saint Paul et saint Barnabé qui affermissaient le courage des disciples à Lystres, Iconium et Antioche, les exhortant à persévérer dans la foi, ne leur mentaient pas, leur annonçant les souffrances à offrir : Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu (Actes 14, 22 - Ière lecture).

Cet amour est un amour sponsal, très beau. Nous allons vers une Jérusalem nouvelle et nous devons être prêts pour les noces, comme une épouse parée pour son époux (Apoc. 21, 2 – IIème lecture). C'est cela qui transcende tout, qui rend l'impossible possible et accessible, car c'est le Seigneur mort et ressuscité qui vit, pardonne et aime en nous.

Alors, nous serons consolés : Voici la demeure de Dieu avec les hommes, il habitera avec eux... Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur...(vv. 3-4). Oui, ce commandement est nouveau, c'est la charte de la nouvelle Alliance, et sur le Trône l'Agneau qui sera le pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie (Apoc 7, 17) déclare : Voici que je fais toutes choses nouvelles (21, 5-6 à la fin de la IIème lecture).

Abbé Christian LAFFARGUE.

Publié dans Bulletin dominical

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