La langue des médias. Destruction du langage et fabrication du consentement, d'Ingrid Riocreux (Ed. de L'Artilleur, 2016)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Excellent livre: La langue des médias. Destruction du langage et fabrication du consentement, d'Ingrid Riocreux (Ed. de L'Artilleur, Paris, 2016, 320 pages, plus 12 de références. Livre courageux, dense, qui a obtenu une certaine audience. J'ai mis du temps à le lire, mais je voulais vous en parler. J'ai pris quelques notes pour vous, en indiquant des mises en cause particulièrement pertinentes sur le traitement des informations.

Il faut que les catholiques, sans tout remettre en cause, exercent leur jugement sur ce qu'ils entendent ou voient, en sachant démonter les artifices du démon. Exercice exigeant, mais salutaire pour soi et pour les autres qu'on peut aider et éclairer comme le fait dans ce livre Ingrid Riocreux.

Sur France info: (pages 19 et 42), l'inquisition médiatique (33), Le mur des cons (44), l'avortement (74-75), pour discréditer le Professeur Joyeux (134-136), l'affaire Vincent Lambert (142-143), l'homophobie (144-145), l'islamisme (158...); l'antichristianisme et l'antisémitisme (200-201), les musulmans et les chrétiens (202-203): différence de traitement; les 21 coptes assassinés: F. Hollande et consort (20) 1-202), les Femen "aux scènes d'exhibition hystérique" (256-257), le traitement des chiffres du nombre de manifestants (258...), le reportage de France 2 "A l'extrême-droite du Père" avec le soutien de David Pujadas (264-272). Valeurs actuelles (21), Radio courtoisie (310) et Le salon beige (315-316) sont aussi cités.

Il y a bien donc une continuité fonctionnelle entre propagande totalitaire et matraquage médiatique en contexte démocratique (p. 57). La responsable est une bactérie qui ne peut vivre qu'en parasitant les cellules de l'individu. Autrement dit, c'est la victime qui fait vivre en elle l'agent infectieux; elle nourrit elle-même le mal qui la ronge. Les symptômes les plus alarmants sont les fautes de français.* Les perroquets sont les journalistes. L'agent infectieux, c'est l'idéologie. Nous sommes tous malades ou en danger de l'être. L'information est contaminée. (89)

"Etes-vous Charlie ?" (35). (...) "Il en fut de même lors du massacre à Charlie hebdo : il ne suffisait pas que les assassins fussent des monstres, il fallait que leurs victimes fussent érigées en héros. Et ces dessinateurs adeptes de la provocation basse, de la caricature vulgaire et de l'humour dégradant reçurent un hommage national démesuré sur la base du mantra Je suis Charlie, en des proportions dont n'avaient pas bénéficié les trois enfants victimes de Mohammed Merah." (279-280)

* L'interrogatif: "On fait quoi ?" au lieu de "Que fait-on ?" (111)

L'auteur, Ingrid RIOCREUX, est agrégée de Lettres modernes et docteur de l'Université Paris-Sorbonne; chercheur associé à l'Université Paris IV.

Ab. L.

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