C'est le Seigneur ! (Jn 21, 7) - 3ème dim de Pâques (C)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin du 10 avril 2016 Année jubilaire de la Miséricorde

3ème dimanche de Pâques (C)

LES TEXTES DE LA MESSE

C'est le Seigneur !

(Jean 21, 7 – Evangile)

Comme au matin de Pâques (Il vit et il crut en entrant dans le tombeau vide; 20, 8), le disciple que Jésus aimait reconnut le premier Jésus ressuscité se tenant sur le rivage alors que les apôtres rentraient bredouilles de la pêche nocturne. Capable de recevoir davantage d'amour, il avait davantage reçu que Pierre, pourtant nommé chef de l'Eglise fondée par le Christ (Mt 16, 16-18 et confirmé à la fin de l'Evangile d'aujourd'hui) (L'inégalité n'est pas l'injustice), il avait reposé sur le cœur du Maître lors du dernier repas (Jn 13, 25), il était le seul apôtre au pied de la croix et Jésus lui avait confié sa mère (Jn 19, 26-27). C'est l'Esprit-saint qui donne la lumière pour connaître ce qui est vrai et pour faire ce qui est bon et Dieu le donne à ceux qui Lui obéissent (Actes des apôtres 5, 32 – Ière lecture). Saint Jean est le disciple docile et ouvert à la grâce par excellence.

Comme il avait attendu que Pierre arrive en courant au tombeau, par respect et soumission (Jn 20, 5), Il ne part pas à la rencontre du Seigneur, mais il laisse Pierre y aller à la nage (21, 8).

Jésus a préparé un petit-déjeuner : du poisson grillé sur le feu et du pain (v. 9). Il est plein de sollicitude, de bonté. Apportez donc ce poisson que vous venez de prendre (v. 10). Et pour cause, car Jésus avait fait un miracle en leur faisant prendre un grand filet de poissons alors que cette nuit-là ils ne prirent rien (21,3). Malgré leur fatigue, les disciples avaient obéi à ce personnage mystérieux qui se tenait sur le rivage, qui leur avait demandé quelque chose à manger (v. 5. Pour les éprouver. Jésus ne Se révèle qu'après avoir éprouvé notre confiance et par des signes mystérieux qui nous font avancer vers Lui si nous le voulons bien). Le chiffre symbolique de cent cinquante trois poissons (qui correspond au nombre d'espèces connues à cette époque-là) signifie que leur future mission s'adresse à toutes les nations. (1)

C'est après qu'ils eurent mangé que la primauté est confiée à Pierre (on se demande pourquoi une lecture brève, au choix, supprime ce qui suit !). "La triple demande du ressuscité répond point par point au triple reniement de Pierre durant la Passion (Jn 18, 27)" (2)

Ce n'est donc pas seulement la Foi qui est requise pour suivre Jésus et répondre à la mission qu'Il veut confier (3), mais l'amour de Charité. Et l'amour ne se paie que par l'amour écrira saint Jean de la Croix (4). En d'autres termes : Nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru (1 Jean 4, 16).

Voilà Celui qui siège sur le Trône, et à l'Agneau (Apocalypse de saint Jean 5, 13 – IIème lecture), c'est un trône d'amour. Et la voix d'une multitude d'anges qui entouraient le Trône peuvent dire d'une voix forte :

Il est digne, l'Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange (vv. 11-12).

Acclamez Dieu, toute la terre, chantez à la gloire de son nom, rendez-lui grâces, louez-le, alleluia.

(Ps 65, 1-2 – Introït)

Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit (Mt 28, 19 + Mc 16, 15)

(2) Note de la Bible Crampon, N.T., rév. 2004 qui poursuit : "Dans le texte grec s'exprime une nuance qui n'apparaît dans aucune des versions latines ou syriaques. Les deux premières fois, Jésus interroge Pierre au niveau de l'amour surnaturel d'agapé (agapas me), mais, pour le moment, celui-ci ne peut que lui répondre au plan de l'amour humain: Je t'aime d'amitié" (philô se). La troisième fois, Jésus rejoint miséricordieusement son apôtre au plan terrestre où il se trouve à ce moment-là et lui demande: M'aimes-tu d'amitié ? (phileïs me). Et Pierre répond de même."

(3) Qui dites-vous que je suis ? demande Jésus aux disciples. Simon-Pierre, prenant la parole, dit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! Et, immédiatement, Jésus poursuit : Et moi, je te dis: tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise... (Mt 16, 16-18). Comme lors de l'annonce de la sainte Eucharistie, qui les avait tous scandalisés : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ! Quant à nous, nous avons cru et nous avons connu que tu es le Saint de Dieu (Jn 6, 68-69)

(4) St Jean de la Croix, Cantique spirituel, strophe IX. Explication de Et ne pas emporter le vol que Tu fis ? Citée par sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrits autobiographiques, A sœur Marie du Sacré-Cœur, 8 sept. 1896, un an avant sa mort.

Publié dans Bulletin dominical

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