Dimanche des Rameaux (20 mars 2016) C

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin du 20 mars 2016 Année jubilaire de la Miséricorde

Dimanche des Rameaux et de la Passion (C) Mois de saint Joseph

LES TEXTES DE LA MESSE

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

(Luc 19, 38 – Evangile des Rameaux)

Saint Luc ajoutera le Roi, et "Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux". La Prière de bénédiction dit : Dieu tout-puissant, daigne bénir ces rameaux que nous portons pour fêter le Christ notre Roi : accorde-nous d'entrer avec lui dans la Jérusalem éternelle... (cf l'ancienne bénédiction dans la rubrique "Liturgie" de ce blog)

"C'est ainsi que nous préparerons le chemin au Christ: nous n'étendrons pas des vêtements ou des rameaux inanimés, des branches d'arbres qui vont bientôt se faner, et qui ne réjouissent le regard que peu de temps.

Notre vêtement, c'est sa grâce, ou plutôt c'est lui tout entier que nous avons revêtu: Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ (Gal. 3, 27). C'est nous-mêmes que nous devons, en guise de vêtements, déployer sous ses pas." (Saint André de Crète, v. 660-740. Office des lectures, dimanche des Rameaux)

Les étendards du Roi s'avancent, mystère éclatant de la croix ! entonne l'hymne liturgique des premières vêpres de ce dimanche (le Vexilla regis prodeunt de V. Fortunat , VIème siècle).

Mais le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu (...) s'est anéanti, prenant la condition de serviteur (...), Il s'est abaissé, devenant obéissant jusqu'à la mort, et la mort de la croix (Philippiens 2, 6-8 – IIème lecture). Saint Paul poursuit : C'est pourquoi Dieu l'a exalté ("lui a donné la souveraineté"), afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur terre et dans les enfers (ce qu'ont tellement du mal à faire nos contemporains à la messe lors de la consécration, de la communion, de la bénédiction finale, par exemple !), et que toute langue proclame : "Jésus-Christ est Seigneur" à la gloire de Dieu le Père (vv. 9-10).

Jésus a été condamné à mort – et Il l'est toujours aujourd'hui, en Lui-même et dans les membres de son corps – parce qu'Il s'est dit, inlassablement, Fils de Dieu.

Si tu es le Christ, dis-le nous demande le Sanhédrin* (les Anciens, les grands prêtres et les scribes) après l'avoir fait arrêter par sa police et payé l'un des siens pour le trahir. Jésus n'est pas dupe, ils ne cherchent pas la vérité, ils ne veulent pas d'un messie auquel ils devraient se soumettre : Si je vous le dis, vous ne me croirez pas; et si j'interroge, vous ne répondrez pas. Mais désormais le Fils de l'homme siègera à la droite de la puissance de Dieu. Ils insistent : Tu es donc le Fils de Dieu ? Il répondit : Vous le dites (vous dites bien), je le suis (Luc 22, 66-70 – Evangile).

C'est pour cette profession, cette vérité, que Jésus a été condamné. Caïphe, le Grand prêtre en exercice avait solennellement et théâtralement interpellé Jésus après une parodie de jugement: Je t'adjure, de par le Dieu vivant, de nous dire si c'est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu ? (Matthieu 26, 63)

Entrons dans cette grande Semaine, dans cette Semaine sainte, avec une grande ferveur. Plus que jamais, Jésus, notre Seigneur et notre Dieu, est conspué, moqué, condamné et trahi par les siens. Ceux auxquels Il a tout donné et pour lesquels Il S'est offert en sacrifice. Plus que jamais nous devons Lui être fidèles, être fidèles à Son enseignement, à Son Eglise. Plus que jamais nous devons Le défendre et L'aimer, oui, L'aimer de tout notre cœur, de toute notre âme !

Le Jeudi-saint, fête anniversaire de tous les prêtres (que faites-vous de vos prêtres, qu'en faites-vous ?), vous prierez pour eux et les entourerez de votre affection et de votre reconnaissance. Que les anciens retraitants (-tes), se souviennent de la prédication du Jeudi-saint avec le calice, la patène et la croix (sacrement fruit du sacrifice). Ceci est mon corps. Ceci est mon sang, calice de la nouvelle Alliance (Lc 22, 19-20 – Evangile; sans oublier, bien-sûr, 1 Co 11, 23-25: Faites ceci en mémoire de moi où Il institue le sacrement de l'Ordre). Avec la veillée au reposoir.

Le Vendredi-saint avec le Chemin de croix, l'Office de la Passion avec la lecture ou le chant de la Passion selon saint Jean, la Prière universelle, la vénération de la Croix. Ô Croix dressée sur le monde, ô Croix de Jésus-Christ ! Fleuve dont l'eau féconde, du cœur ouvert a jailli...

L'admirable veillée pascale (restaurée par le Pape Pie XII en février 1951), avec la bénédiction du Feu nouveau et la préparation du cierge pascal sur le parvis des églises, l'annonce de la Pâque à l'intérieur (l'Exsultet !), la liturgie de la Parole entrecoupée de psaumes et d'oraisons, le Gloria qui retentit de nouveau, la liturgie baptismale (bénédiction de l'eau, les litanies des saints, les baptêmes éventuels, la rénovation des promesses du baptême ou profession de foi baptismale, la liturgie eucharistique enfin et la communion pour les âmes purifiées par la grâce du sacrement de pénitence dans la confession des péchés), la bénédiction solennelle et l'envoi avec les deux alleluias que nous entendrons et chanterons en réponse).

Enfin, le saint jour de Pâques: Le Christ est vraiment ressuscité, alleluia (Introït) dont nous reparlerons dans le prochain Bulletin...

Terminons par les deux dernières invocations de la bénédiction solennelle du dimanche des Rameaux :

Il vous a donné de vivre en Jésus qui a subi la mort pour vous sauver d'une mort éternelle: qu'Il vous fasse don de sa vie... Après L'avoir suivi dans les épreuves, puissiez-vous entrer avec Lui dans sa gloire de ressuscité...

Et que Dieu tout-puissant vous bénisse...

Abbé Christian LAFFARGUE.

(*) Le sanhédrin : C'était le Grand conseil d'Israël, composé de 70 membres (comme les 70 conseillers de Moïse: Nbres 11, 16), prêtres, scribes et anciens du peuple. Il n'avait plus d'autorité politique depuis l'occupation romaine, mais restait le grand tribunal religieux; il devait notamment poursuivre les faux prophètes.

(Note de la synopse Osty/Trinquet, éd. Mame, 1965, p. 333, sur Lc 22, 66)

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article