3ème dimanche de carême (C)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 28 février 2016 Année jubilaire de la Miséricorde

3ème dimanche de Carême (C)

(LES TEXTES DE LA MESSE)

Basilique Notre-Dame de Montligeon Libératrice

3ème dimanche de Carême (C)

Homélie de M. l'abbé Christian Laffargue,

Chapelain.

Tu es la source de toute bonté, Seigneur, et toute miséricorde vient de Toi...

(Collecte)

Au Nom du Père....

La collecte de ce troisième dimanche de carême résume – comme à son habitude – la messe de ce jour, en poursuivant : Tu nous a dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage (l'aumône, la charité, traduit-on aussi); écoute l'aveu de notre faiblesse – car sans aveu en confession la miséricorde de Dieu ne peut s'exercer - : nous avons conscience de nos fautes, patiemment, relève-nous avec amour. Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur.

L'Eglise, nous rappelle, dans la première lecture, le livre de l'Exode (chap. 3), comment Dieu a entendu la souffrance de son peuple, souffrant en Egypte, réduit à l'état d'esclavage...

Il le dit à Moïse : Oui, j'ai vu la misère de mon peuple..., j'ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis venu pour le délivrer... Dieu connaît nos souffrances, nos misères, Il vient nous délivrer. L'Egypte figure l'esclavage où nos péchés nous mettent; la nuée lumineuse qui conduisit Israël vers le délivrance, la lumière du Saint-Esprit, lumière de vérité, qui éclaire notre conscience sur le bien et sur le mal; le passage miraculeux de la Mer rouge, la pâque; le désert qu'il eurent à traverser, la pénitence, la purification nécessaire avant de parvenir à la Terre promise, le Ciel, mais où Dieu fit couler l'eau du rocher (cf. chap. 17) (1), figure du baptême, et la manne (cf chap. 16) qui les nourrissait tous les jours, la figure de la sainte Eucharistie.

Saint Paul, dans la deuxième lecture, rappelle cet épisode aux chrétiens de Corinthe. Il rappelle les bienfaits de Dieu, la délivrance miraculeuse des juifs – qu'il appelle nos pères – d'Egypte, "la protection de la nuée", "la nourriture et la boisson spirituelles", car, au rocher frappé par le même bâton qui avait ouvert les eaux de la mer rouge (cf Exode 17, 5-6), ils avaient non seulement bu pour leur corps, mais aussi pour leur âme : Ils buvaient à un rocher spirituel, et ce rocher, c'était le Christ (1 Co 10, 4) (2)

Dieu S'est révélé à Moïse : Je suis qui je suis (Ex 3, 14) ou, mieux à mon sens, Je suis celui qui suis. Dieu s'appelle Je suis, à la première personne, parce que c'est lui qui parle de Lui-même; l'homme l'appelle Il est. (note de la Bible Crampon).

Il est l'Etre par excellence, le premier existant, le premier moteur, d'où tout découle. Il est bon de se le rappeler aujourd'hui. Ne dit-on pas du Fils, dans le Credo : engendré, non pas créé, consubstantiel au Père ? L'apôtre saint Jean, au début de l'Apocalypse, dernier livre du nouveau Testament et des saintes Ecritures, écrit aux sept Eglises qui sont en Asie : "Grâce et paix vous soient données de la part de Celui qui est, qui était et qui vient (...). Je suis l'alpha et l'oméga (le commencement et la fin), dit le Seigneur Dieu, et, une nouvelle fois : Celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant (Apoc 1; 4, 8).

C'est pour cela que les plaintes, que les récriminations, les ingratitudes du peuple juif, puis de celui des baptisés - les nôtres ! – sont un grand scandale. Saint Paul nous rappelle que si les bienfaits de Dieu ont été accordés à tous, tous n'ont pas été fidèles aux grâces reçues. En parlant des juifs délivrés de l'esclavage, nourris, désaltérés et protégés par le Seigneur, il précise aux Corinthiens : Cependant, la plupart n'ont pas su plaire à Dieu: leurs ossements jonchèrent le désert (1 Co 10, 5). Cessez de récriminer comme l'ont fait certains d'entre eux: ils ont été exterminés. Ce qui leur est arrivé devait servir d'exemple et l'Ecriture l'a relaté pour nous avertir (v. 11).

Dans les versets qui n'ont pas été retenus pour la deuxième lecture, l'apôtre des nations ajoute (en développant): Ne devenez pas idolâtres... en citant justement le livre de l'Exode (32, 6) : Le peuple s'est assis pour manger et boire, et ils se sont levés pour s'amuser; Ne nous livrons pas à la débauche... Ne mettons pas le Christ à l'épreuve... (1 Co 10, 7-9)

Ce sont des rappels bien utiles en temps de carême... Rappelons-nous de l'évangile du premier dimanche (Luc 4, 1-13), des tentations du démon envers le Christ...

Si tu te prosternes devant moi, je te donnerai le pouvoir sur tous les royaumes de la terre et leur gloire, car ils m'appartiennent... Et Jésus avait répondu : C'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul (que) tu rendras un culte.

Il y a un respect dû à Dieu, puisque la vertu de religion est une annexe de la vertu cardinale de justice. Et il y a aussi, en conséquence de notre foi en la présence substantielle du Christ dans la sainte Eucharistie déposée dans les tabernacles des églises, le respect infini des églises consacrées ou des chapelles simplement bénites.

N'approche pas d'ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! s'exclama Dieu à Moïse qui faisait le tour du buisson ardent (Exode 3, 5 – Ière lecture).

C'est pour cela, qu'en Orient, les églises chrétiennes étaient dotées de tapis, tradition reprise pour les mosquées.

Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à Toi, Seigneur avons-nous proclamé avant la lecture de l'évangile.

L'appel à la conversion et à la pénitence est pressant dans cette messe du troisième dimanche de carême, notamment en saint Luc : Eh bien, je vous dis, si vous ne vous convertissez pas si vous ne faites pas pénitence lit-on dans d'autres traductions – vous périrez tous comme les dix huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, dit Jésus à ses auditeurs (Luc 13, 3).

Mais si Dieu (le Père) nous presse et menace de couper le figuier qui ne donne plus de fruits depuis trois ans, le vigneron – figure du Christ, Dieu le Fils – intercède : Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier (qui est un bon engrais naturel). Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas. (vv. 7-9)

Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses – à nous de demander pardon ! – et te guéris de toute maladie...

Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour...

Fort est son amour pour qui le craint.

dit le psaume de David (102; 1-3, 8) que nous avons lu.

Un autre psaume (24, 15-16) – celui de l'Introït – nous engage à l'humilité :

Je tiens toujours mes yeux vers le Seigneur, Lui qui dégage mes pieds du filet. Regarde, Seigneur, et prends pitié de moi, car je suis seul et misérable.

Comme la finale de la deuxième lecture (1 Co 10, 12) :

Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu'il fasse attention à ne pas tomber.

Tu es la source de toute bonté, Seigneur, et toute miséricorde vient de Toi...

(Collecte)

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit;

Ainsi soit-il.

Notes pour l'édition électronique :

(1) La messe de ce 3ème dimanche de carême de l'Année liturgique A donne l'évangile de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob en S. Jean 4.

(2) 1 Co 10, 4 : lire la note remarquable et indispensable de la traduction de Crampon (1923) dans le "Nouveau Testament", révisé en 2004, éd. Téqui, Paris, avec imprimatur.

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