Lui, vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu (Lc 3, 16)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 10 janvier 2016 Année jubilaire de la Miséricorde.

Fête du Baptême du Seigneur (C)

LES TEXTES DE LA MESSE

Lui, vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu

(Luc 3, 16 – Evangile)

Le baptême de notre Seigneur dans les eaux du Jourdain par Saint Jean-Baptiste est l'une des trois épiphanies (manifestation) de Dieu (qui atteste que Jésus est bien Son Fils) avec la venue des rois mages auprès de l'Enfant - qu'ils ont reconnu comme leur roi et le Dieu dont ils cherchaient la lumière - et avec le premier miracle de Jésus à Cana en Galilée (cf les antiennes du Benedictus et du Magnificat dans l'Office de l'Epiphanie du 6 janvier). Jean-Baptiste avait désigné son cousin Jésus comme l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jean 1, 29). Il annonce maintenant un nouveau baptême, le baptême de la nouvelle Alliance, dans l'eau et dans l'Esprit (Marc 1, 8), ajoutant et le feu (en Mt 3, 11 et Lc 3, 16).

Le feu de la lumière de Vérité, le feu de l'Amour de Dieu, mais aussi le feu purificateur (cf. Isaïe 1, 25 et Malachie 3, 2-3). La myrrhe apportée par les rois mages (Mt 2, 11) préfigurait le sacrifice expiatoire du Christ, ce que rappelle Saint Paul à Tite : Notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ s'est livré lui-même pour nous afin de nous racheter de nos fautes, de nous purifier pour faire de nous son peuple (2, 14 que nous avons lu aussi à la Messe de la Nuit de Noël).*

C'est ainsi que Saint Jean – qui était le seul apôtre au pied de la Croix le Vendredi-saint – écrira: C'est lui, Jésus-Christ, qui est venu par l'eau et par le sang, non avec l'eau seulement, mais avec l'eau et avec le sang (…). Car il y'en a trois qui rendent témoignage: l'Esprit, l'eau et le sang; et ces trois ne font qu'un (1 Jn 5, 6-8)

Il avait vu l'eau et le sang couler du côté de Jésus, lorsque le soldat romain l'avait transpercé de sa lance (Cf. Jn 19, 34).

Notre baptême nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l'Esprit Saint (Tt 3, 5). C'est un don gratuit, répandu sur nous avec abondance par Jésus Christ notre Sauveur (…) pour devenir héritiers de la vie éternelle (vv. 6-7). A nous de rejeter le péché et les passions d'ici-bas, pour vivre dans le monde présent avec tempérance, justice et piété… (2, 12)

C'est une grande consolation. Consolez, consolez mon peuple dit votre Dieu... Proclamez que son crime est expié... (Isaïe 40, 1-2 – Ière lecture). Il nous faut prendre de la hauteur, par rapport aux évènements violents dont nous sommes abreuvés, aux polémiques qui s'ensuivent, aux agitations médiatiques et informatiques qui troublent les âmes, leur font perdre la paix et la joie fruits de la présence du Dieu incarné en Jésus-Christ dont nous devons témoigner avec force : Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle… Elève la voix (N'aie pas peur de crier traduit la Bible des peuples), ne crains pas de dire : Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance et son bras lui a tout soumis. (...) Comme un berger il conduit son troupeau: son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits.

Consolation, force - virilité pourrait-on dire - et tendresse. Rien de faible, de pusillanime, de médiocre...Le feu !

Comme avant chaque instruction des Exercices de Saint Ignace, le prédicateur à genoux fait dire aux retraitants la prière au Saint-Esprit "pour demander lumière et courage" (la lumière pour comprendre et la force pour entreprendre) : Venez, Esprit Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre Esprit Seigneur, et il se fera une création nouvelle. En continuant par les versets mêmes du psaume de la Messe d'aujourd'hui (103, 30) : Et vous renouvellerez la face de la terre.

Renouvelons en nous les grâces de notre baptême (baptême de désir pour les catéchumènes) en ce Temps de Noël et de l'Epiphanie pour renouveler les forces de la terre !

Abbé Christian LAFFARGUE.

* Cf aussi l'hymne de l'Office des lectures de la fête de l'Epiphanie (3ème strophe) du poète latin Prudence (348-415) et le sermon de Saint Pierre Chrysologue (Vème s.) pour l'Epiphanie (Office des lectures, lundi ap. l'Epiphanie).

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