La miséricorde ?

Publié le par Abbé C. Laffargue

LA MISÉRICORDE DE DIEU

INTERVIEW DU CARDINAL BURKE

Don Fier 4 janvier 2016 thewandererpress.com (c'est la dernière question posée)

Q. Alors que nous entrons dans l'année de la Miséricorde décrétée par le Pape François, il est important de reconnaître que les Pères Synodaux ont discuté, sur la base d'une analyse approfondie, du besoin de miséricorde et d'amour de ceux qui vivent hors des préceptes de l'Église. Toutefois, ne devons-nous pas éviter la fausse compassion où le péché - aussi bien que le pécheur - est accepté et toléré?

R. "Oui, c'est exactement le problème. La miséricorde de Dieu est une réponse au repentir et à la ferme intention d'amendement. Le fils prodigue est revenu à son père après s'être repenti de ce qu'il avait fait. Il a dit à son père qu'il n'était plus digne d'être son fils et a demandé à être repris comme esclave. Il avait compris ce qu'il avait fait et s'était repenti - la miséricorde du père était une réponse à cela. Il voyait que son fils avait connu une conversion du cœur.

De même, lorsque des personnes qui sont en des situations de péché grave viennent à l'Église, nous les accueillons avec amour. Nous aimons toujours le pécheur, mais nous devons constater que la personne reconnaît son péché et cherche à le surmonter, qu'il se repent et fait réparation pour le mal qu'il a causé. Autrement la miséricorde perd sa valeur et sa signification.

Je crains que les gens ne disent «miséricorde, miséricorde, miséricorde» sans la comprendre. Oui, Dieu est le Dieu de la miséricorde. Mais la miséricorde est un concept très profond, elle est en rapport avec notre relation intime avec Dieu et notre reconnaissance de l'infinie bonté de Dieu, de notre propre condition de pécheurs, de notre besoin de confession et de repentir.

Nous nous jetons sur la miséricorde de Dieu mais nous implorons aussi la grâce de changer nos vies et de rester fidèles à notre intention d'amendement. Nous voyons cela dans l'Évangile dans les rencontres de Notre Seigneur avec les pécheurs. Il est plein de compassion, mais il est toujours très clair avec eux. Il a dit a la femme surprise dans l'adultère «Va et ne pèche plus» (Jean 8, 11). Et aussi, lorsqu'il rencontre la Samaritaine au puits de Jacob, Il l'interroge sur son mari. Quand elle lui répond: «Je n'ai pas de mari», Il lui dit «Tu as raison de dire: Je n'ai point de mari; car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari» (Jean 4, 17-18).

Séparer la miséricorde de la vérité c'est trahir la miséricorde et en faire ce qu'elle n'est pas dans son essence: une expression de la charité de Dieu."

On peut lire ou relire la Lettre encyclique du Pape Jean-Paul II Dives in misericordia : (Dieu) riche en miséricorde (Ephésiens 2, 4) du 30 novembre 1980, où, encore une fois, tout est (clairement) dit.

Ab. L.

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