L'enfant tressaillit dans son sein... (Lc 1, 41)-4ème de l'Avent

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 20 décembre 2015

4ème dimanche de l'Avent (Année C)

Année jubilaire de la Miséricorde

LES TEXTES DE LA MESSE

L'enfant tressaillit dans son sein...

(Luc 1, 41 – Evangile)

Lors de l'Annonciation, l'archange Gabriel avait dit à la Vierge Marie qu'Elisabeth, avait conçu elle aussi un fils dans sa vieillesse et qu'elle en était à son sixième mois... (v. 36)

N'écoutant que l'élan de son cœur, Marie se rendit avec empressement auprès de sa cousine (v. 39). Dans le deuxième mystère joyeux du Rosaire (la Visitation) nous demandons cette même charité.

Saint Ambroise (v. 340-397), que nous lirons à l'Office des lectures le 21 décembre, a ce beau commentaire :

"Et tout de suite se manifestent les bienfaits de l'arrivée de Marie et de la présence du Seigneur : car au moment où Elisabeth entendit le salut de Marie, l'enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie de l'Esprit Saint (Lc 1, 41). Remarquez le choix et la précision de chaque mot.

Elisabeth a la première entendu la voix, mais Jean a le premier ressenti la grâce : celle-là suivant l'ordre de la nature a entendu, celui-ci a tressailli sous l'effet du mystère; elle a perçu l'arrivée de Marie, lui, celle du Seigneur; la femme celle de la femme, l'enfant celle de l'enfant. Elles parlent grâce; eux la réalisent au-dedans et abordent le mystère de la miséricorde au profit de leurs mères; et, par un double miracle, les mères prophétisent sous l'inspiration de leurs enfants." (...)

Par le baptême nous avons reçu la vie divine (la grâce sanctifiante). En cet Avent, puis dans le Temps de la Nativité, et toute l'année, membres du corps du Christ, il nous est demandé de ranimer en nous cette présence du Verbe de Dieu fait chair. Est-ce que l'enfant tressaille de joie en nous (v. 44) ?

Le désirons-nous ? Ou préférons-nous rester attachés "à notre chair" avec ses dérives et les convoitises du corps et de l'esprit ?

C'est en vertu de cette volonté (du Christ de S'offrir en sacrifice pour nos péchés) que nous sommes sanctifiés par l'oblation que Jésus-Christ a faite de son propre corps (Hébreux 10, 10 – IIème lecture).

L'épître aux Hébreux montre le Christ qui vient pour faire la volonté du Père, pour abolir les sacrifices de l'Ancienne Loi, établir la nouvelle Alliance par l'oblation que Jésus Christ a faite une fois pour toutes de son corps (vv. 9-10).

C'est cette Alliance nouvelle (cf v. 16) que nous devons renouveler en ces jours.

Nous devons aller à Bethléem avec la sainte Famille...

C'est Bethléem (la maison du pain en syriaque et en hébreu), lieu de naissance et de couronnement du roi David, en Palestine, à 10 km au sud de Jérusalem, que le prophète Michée, contemporain d'Isaïe, avait désigné comme le lieu où enfantera celle qui doit enfanter (Michée 5, 1-2 – Ière lecture).

L'Introït de cette Messe, citant Isaïe (45,8), parle de rosée, de pluie bienfaisante descendant des nuées, et demande que la terre s'entrouvre pour donner naissance au Sauveur. C'est le refrain de l'hymne liturgique du Temps de l'Avent: Rorate coeli desuper.

Tandis que la Collecte donne l'oraison de l'Angelus: Que ta grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos cœurs… Elle dit bien aussi: … conduis-nous par sa passion et par sa croix jusqu'à la gloire de la résurrection.

Faisons nôtre la prière après la communion : Nous avons reçu dans Ton sacrement, Seigneur, le gage de la rédemption éternelle; accorde-nous une ferveur qui grandisse à l'approche de Noël, pour bien fêter la naissance de Ton Fils; Lui qui règne avec Toi pour les siècles des siècles.

Abbé Christian LAFFARGUE.

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article