Jésus, Marie et Joseph: la Sainte Famille (dimanche 27 déc. 2015)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Dimanche 27 décembre 2015 Année jubilaire de la Miséricorde

Octave de la Nativité

Fête de la Sainte Famille (C)

LES TEXTES DE LA MESSE

Jésus, Marie et Joseph: la Sainte Famille.

Les bergers vinrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une crèche (Introït – Lc 2, 16). Quoi de plus simple: un père, une mère et leur enfant ! Et cette réalité de l'humanité sur terre, si ordinaire et si belle, serait détruite par la folie destructrice des hommes ! Il y avait déjà le péché de la rupture de l'alliance primitive quand Eve, entraînant Adam, désobéit à la défense formelle de leur Créateur. La connaissance sans et contre Dieu: la chute (Genèse 3). Et puis la jalousie de Caïn qui tua son frère Abel (Gn 4). Mais Marie – la nouvelle Eve – avait dit "oui" à Dieu qui voulait réconcilier l'humanité pécheresse avec Lui en S'incarnant pour être ce nouvel Homme, fruit de l'amour, de l'obéissance, de l'humilité, du don de soi. Et le Verbe s'est fait chair avons-nous entendu dans l'Evangile de la Messe du jour de Noël (Jean 1, 14). Joseph avait accepté de prendre avec lui Marie son épouse, de reconnaître que ce qui était engendré en elle était l'œuvre de l'Esprit-Saint et de lui donner le nom de Jésus… (Mt 1, 18-25)

C'est cette sainte Famille unie qui supporta les conditions si dures de l'enfantement à Bethléem, la fuite en Egypte et l'exil, la vie cachée et mystérieuse de Jésus à Nazareth…

Dans l'Evangile de ce dimanche nous retrouvons Joseph et Marie en route pour Jérusalem pour la fête de la Pâque (la délivrance de l'Egypte, le passage de la Mer rouge, le désert, la terre promise). C'était bien 140 km à pied qu'ils devaient faire depuis Nazareth. Jésus a douze ans. Devenant "fils de la Loi", il devait, dès lors, en suivre toutes les prescriptions.

Lors de la Présentation de Jésus au temple de Jérusalem, Siméon, rempli du Saint-Esprit (Lc 2, 25-28), avait prophétisé et dit à Marie, sa mère: Il doit être un signe en butte à la contradiction (cf. Lc 12, 51) et toi-même, un glaive te transpercera l'âme (Lc 2, 34-35). Les conditions douloureuses de la Nativité de Jésus à Bethléem, dans une grotte servant d'étable avait déjà marqué la sainte Famille de la Croix. Marie fut le premier autel et le premier tabernacle. Dans l'Evangile d'aujourd'hui, ils sont frappés de plein fouet. Dans leur affection de parents et dans leur foi. L'enfant Jésus resta à Jérusalem à l'insu de ses parents alors qu'ils s'en retournaient à Nazareth (v. 43). Pendant trois jours ils le cherchèrent, revenus à Jérusalem. Ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs; les écoutant et les interrogeant (v. 46). En le voyant, ils furent bouleversés, et sa mère lui en fait un douloureux reproche: Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?Voici que ton père et moi nous te cherchions tout angoissés (v. 48). Et il leur fait cette réponse déconcertante et douloureuse pour eux, humainement, sans exprimer le moindre regret: Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père ? (v. 49). Leur douleur, leur incompréhension a du être bien grande car ils ne comprirent pas la parole qu'il venait de leur dire (v. 50). C'est Jésus en tant que Dieu et fils de Dieu qui avait parlé et qui discutait avec les docteurs de la Loi. Il était aux affaires de son Père. Mais, tout de suite, il redevint leur fils obéissant: Il descendit alors avec eux et vint à Nazareth; et il leur était soumis. C'est dans l'obéissance à la volonté de Dieu que Marie se tut et gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur (v. 51).

Et Jésus, en son humanité, croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes (v. 52).

Que d'enseignements pour nous ! Souvent, Jésus nous quitte, sans explications. Il nous laisse souffrir en Le cherchant. Mais il se laisse trouver. Il nous associe au mystère de la croix. Il est le Sauveur, pour nous et pour l'humanité. Ainsi est Son amour. Il aimait filialement et tendrement Joseph et Marie, mais, comme pour nous, Il les associait à la rédemption…

Vraiment, tu es un Dieu caché, Dieu parmi les hommes, Jésus, Sauveur. Alleluia. (antienne de l'Alleluia)

Abbé Christian LAFFARGUE.

(Bulletin paroissial du 30 déc. 2012)

Publié dans Bulletin dominical

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