Hymne à la Sagesse (Sg 7-Ière lecture) 28ème dim du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 11 octobre 2015

28ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (B)

LES TEXTES DE LA MESSE

Hymne à la Sagesse.

Comment ne pas être séduit par cette belle hymne à "la Sagesse" que nous lisons en première lecture dans la messe de ce dimanche ! Ecrit en Egypte entre 80 et 50 avant Jésus-Christ, il constitue la manifestation d'un Juif vivant dans le monde grec pour exprimer la foi et la sagesse d'Israël, la réponse aux questions sur le mal, la souffrance et la mort, la miséricorde de Dieu offerte à tous, la résurrection des morts. Plus de deux mille ans (2000 !) après, ce texte qui n'a pris aucune ride, nous interpelle à notre tour aujourd'hui, le Christ étant la Sagesse incréée.

Cette Sagesse trouvée en Dieu fait chair, il faut la demander, la chercher. J'ai supplié, et l'esprit de sagesse est venu à (ou en) moi (Sg 7, 7). Une fois trouvée ou appréhendée, il faut la préférer, la choisir, la garder, comme une épouse. La préférer aux biens matériels, aux pouvoirs. C'est un choix de vie : Je l'ai préférée aux trônes et aux sceptres; à côté d'elle, j'ai tenu pour rien la richesse... Tout l'or du monde auprès d'elle n'est qu'un peu de sable, et, en face d'elle, l'argent sera regardé comme de la boue. Plus que la santé et la beauté, je l'ai aimée; je l'ai choisie de préférence à la lumière (du soleil ajoute la Bible des Peuples), parce que sa clarté ne s'éteint pas (vv. 8-10). C'est la perle de grand prix le royaume des cieux - trouvée par le marchand et pour laquelle il vend tout ce qu'il possédait (Mt 13, 45-46).

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours: que nos cœurs pénètrent la sagesse (ou viennent à la sagesse) (Psaume. 89, 12)

Pour la trouver, la garder, la préférer à tout, il faut être pauvres en esprit : Heureux les pauvres en esprit (plutôt que pauvres de cœur. Les cœurs purs qui verront Dieu sont mentionnés dans la sixième béatitude) le Royaume des Cieux est à eux (Sermon sur la montagne, 1ère béatitude, Mt 5, 3, refrain de l'Alleluia).

"Trouvée en Dieu fait chair", parole de Dieu incarnée en Jésus-Christ, Jésus-Christ Lui-même. Efficace (énergique*) et plus acérée (coupante*) qu'une épée à deux tranchants (Hébreux 4, 12 – IIème lecture).

Elle ne revêt pas les réalités terrestres, matérielles et spirituelles, d'un halo, d'un habillage destiné à masquer les vérités, à plaire au monde et aux âmes peureuses, nulle créature n'échappe à ses yeux, mais tout est à nu et découvert aux yeux de Celui à qui nous devrons rendre des comptes (v. 13).

Pour avoir la vie éternelle, il ne suffit pas de ne pas tuer, de ne pas commettre d'adultère, de ne pas voler, de ne pas porter de faux témoignages, de ne faire aucun tort à personne, d'honorer son père et sa mère, de suivre les commandements de Dieu (Ex 20, 12-16; Deut. 5, 16-17) – ce qui n'est déjà pas si mal, surtout aujourd'hui, et est un préalable ! – il faut suivre le Seigneur jusqu'au bout. Et au jeune homme riche, qui se rendait compte qu'il lui manquait quelque chose, l'essentiel, Jésus, après lui avoir donné un surcroît d'amour pour l'attirer et lui donner la force de faire le pas (Et Jésus, posant son regard sur lui, l'aima) lui dit : "Une chose te manque: va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel; puis, viens et suis-moi"(Marc 10, 19-21 – Evangile). Mais lui, à ces mots, devint sombre et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens (v. 22). Jésus appelle, donne la grâce, mais laisse libre...

Evidemment, à la lecture de ce Bulletin, chacun ne va pas abandonner d'un bond, conjoint, enfants, maison, travail, pour "suivre le Christ". Où d'ailleurs ? Dans quelles aventures et quelles illusions ?

Non, à part les âmes appelées à Le suivre et à tout quitter pour Le suivre (v. 28), chaque baptisé est appelé à tout préférer à l'amour du Christ (cf Saint Benoît, Règle, chap. 4, 21), à purifier et à ouvrir son âme à la Sagesse. Tous les biens me sont venus avec elle et, par ses mains, une richesse incalculable (7,11).

Abbé Christian LAFFARGUE.

* Energique, coupante dans la nouvelle Traduction liturgique.

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