Baptême d'eau et de sang. (Cf. Mc 10)-29ème dim du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 18 octobre 2015 (Saint Luc, évangéliste)

29ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (B)

LES TEXTES DE LA MESSE

Baptême d'eau et de sang.

(Cf. Marc 10 – Evangile)

Jacques et Jean, apôtres, demandent inconsidérément à Jésus l'honneur et la gloire, et non l'esprit de la Sagesse qu'ils auraient dû préférer aux trônes et aux sceptres comme le rappelait la première lecture de la messe de dimanche dernier (Sg 7, 7-8). C'est dire qu'ils n'ont pas compris – comme nous, bien souvent – le mystère de la Croix. Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? (Marc 10, 38).

Plus tard, saint Jean écrira : C'est Lui, Jésus Christ, qui est venu par l'eau et par le sang, non avec l'eau seulement, mais avec l'eau et avec le sang. (...) Il y'en a trois qui rendent témoignage: l'Esprit, l'eau et le sang et ces trois ne font qu'un (1 Jn 5; 6, 8). Ce sang, c'est la croix. C'est le côté percé par la lance du soldat d'où est sorti le sang et l'eau (Jn 19, 34) qui donne leur efficacité surnaturelle aux sept sacrements de la loi nouvelle (1). Vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé (Mc 10, 38).

Nous avons reçu ce baptême qui ne sera efficace pour notre salut éternel que si nous acceptons de boire à la coupe, le calice du saint Sacrifice. Ceci est mon corps..., Ceci est mon sang (1 Cor 11, 24-25).

Le prophète Isaïe l'annonçait : Le serviteur a remis sa vie en sacrifice de réparation. (...) Le juste justifiera (2) les multitudes, il se chargera de leurs fautes (Is 53, 11). Le verset suivant (12, non retenu par l'extrait) écrit : Il s'est dépouillé lui-même jusqu'à la mort... Il portait le péché des multitudes et intercédait pour les pécheurs.

La lettre aux Hébreux (3), dans la deuxième lecture, qui explique merveilleusement la théologie du sacerdoce du Christ, "pontife selon l'ordre de Melchisédech" (He 4, 14-6,20), voit en Jésus, le Fils de Dieu, le grand prêtre par excellence qui a traversé les cieux (v. 14). Médiateur de la nouvelle Alliance (He 9, 15)

Il est entré dans le ciel afin de se tenir désormais pour nous devant la face de Dieu (He 9, 24).

Le prêtre, à l'autel, mais pas seulement, en toute occasion et par sa seule présence fidèle, est, dans le Christ auquel il est incorporé par le sacrement de l'Ordre et le caractère qui l'identifie au Christ-prêtre, se tient entre le ciel et la terre pour intercéder, pour offrir le saint Sacrifice et les sacrifices pour le salut des âmes.

Le Fils de l'homme est venu pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude (verset de l'Alleluia).

Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours (He 4, 16).

Le voulons-nous ? Baptisés au Nom de la sainte Trinité, dans l'eau et dans l'Esprit, membres du corps du Christ, nous participons à la rédemption, au salut de nos âmes, par la croix, qu'Il a portée et qu'Il porte, tous les jours, si nous le voulons bien, avec nous. Même si, comme Lui, nous pouvons être broyés par la souffrance (Is 53, 10), celle-ci se changera, s'épanouira même, en joie, celle d'être uni à notre Bien-aimé sauveur, qui nous rend la vie que la souffrance et la mort voudraient nous ôter...

Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi ! (Psaume 32)

Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) De son côté transpercé, laissant jaillir le sang et l'eau, il fit naître les sacrements de l'Eglise... (Préface de la Messe du Sacré-Cœur de Jésus).

(2) Justifiera : rendra juste. "La grâce sanctifiante fait du pécheur un juste, une participation à la justice parfaite, à la sainteté, à la vie même de Dieu, celle qu'apporte l'Esprit saint". (Dictionnaire de la Bible, André-Marie Gérard, éd. Robert Laffont, Paris, 1989, p. 749).

(3) Nos anciens missels et les livres liturgiques écrivaient il n'y a pas si longtemps : Epître de saint Paul aux Hébreux. Puis, saint Paul a disparu (et beaucoup d'autres choses avec lui !). Qu'en est-il ? Le Nouveau Testament traduit par le chanoine Crampon en 1923 (grand classique des traductions sûres doctrinalement) et révisé par le Frère Bernard-Marie, tertiaire franciscain, en 2004 (avec l'imprimatur de Mgr Bruguès, dominicain, alors évêque d'Angers et président de la Commission doctrinale de la Conférence des évêques de France; édité par Téqui, Paris, 2004) précise en note :

"Selon la tradition de l'Eglise d'Orient, cette épître non signée serait de Paul lui-même. Clément d'Alexandrie (+220) soutient que l'Apôtre l'aurait rédigée en hébreu et que l'un de ses collaborateurs, par exemple Apollos (Ac 18, 24), l'aurait traduite en grec. Origène suggère que l'auteur inconnu l'aurait au moins écrite en dépendance de la pensée paulinienne." Etc.

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