Sauver sa vie ? (cf Marc 8, 35) - 24ème dim du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 13 septembre 2015

24ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (B)

LES TEXTES DE LA MESSE

Sauver sa vie ?

(cf Marc 8, 35 – Evangile)

Celui qui veut sauver sa vie la perdra; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Evangile la sauvera. C'est ce que dit le Christ en appelant la foule avec ses disciples, après avoir prédit qu'Il devrait beaucoup souffrir, qu'Il serait rejeté par les anciens, les grands prêtres (Anne, Joseph, dit Caïphe, son gendre) et les scribes, qu'Il serait tué et que trois jours après Il ressusciterait (v. 31). Ce que Pierre ne supporta pas en lui faisant de vifs reproches (v. 32). Pourquoi ? D'une part, parce qu'il aimait profondément Jésus, qu'il ne voulait pas qu'Il souffrît et qu'Il meure, et aussi, parce qu'il ne voulait lui-même ni souffrir, ni mourir de façon aussi ignominieuse. Jésus réagit très violemment, ce qui prouve que la Voie, le chemin, la fidélité, passait par la croix : Passe derrière-moi (ou : Arrière de moi, loin de moi) Satan ! (v. 33). Il n'y va pas de main morte ! Pourtant, Pierre venait de confesser sa foi dans Jésus, messie et fils de Dieu : Pour vous, qui suis-je ? avait demandé Jésus. Tu es le Christ (v. 29) (le Fils du Dieu vivant ! ajoute St Matthieu 16, 16 avec le Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise..., v. 18). Pour être de Ses disciples et être sauvé, il faut Le suivre, jusqu'au bout:

Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. Celui qui veut sauver sa vie... (v. 34).

Sauver sa vie selon le monde, c'est avoir de l'argent, du pouvoir, du plaisir (un bonheur qui ne satisfait pas, qui déçoit et qui est si fugace), éviter de souffrir par tous les moyens et abréger ses jours si on n'y parvient pas. C'est, finalement, la perdre. Sauver sa vie selon Dieu, c'est tout préférer à l'amour du Christ, c'est accepter, comme Lui, d'être rejeté, moqué, mis à mort d'une façon ou d'une autre. Le verset suivant (non retenu par l'extrait de l'Evangile de ce dimanche) est le suivant : Que servira-t-il à l'homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme ? (v. 36).

La Foi ne suffit pas. Avoir la Foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? La foi, si elle n'est pas mise en œuvre est bel et bien morte (Jacques 2; 14, 17 – IIème lecture). On ne peut séparer les deux (les vertus théologales de Foi et de Charité). Avoir la Foi sans la mettre en œuvre, sans la vivre; ou se dévouer, se donner pour les autres, sans la Foi. L'Eglise n'est pas une "super-ONG" ont répété les Papes Benoît XVI et François. Si un frère ou une sœur n'a pas de quoi s'habiller, ni de quoi manger tous les jours et que vous ne leur donnez pas le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? (vv. 15-16). Il en est de même pour la solitude affective, la méconnaissance ou l'ignorance du vrai Dieu : la pire des solitudes et des détresses.

Il nous faut demander la grâce d'entendre. Le prophète Isaïe, dans le troisième chant du serviteur, l'écrit avec tant de douceur : Chaque matin, le Seigneur mon Dieu éveille mon oreille, pour qu'en disciple, j'écoute. Il m'a ouvert l'oreille, et moi je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient... Je n'ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats... (Is. 50, 4-6 – Ière lecture).

C'est ainsi que nos communions auront sens et effet : La coupe de bénédiction pour laquelle nous rendons grâces nous fait communier au sang du Christ; et le pain que nous rompons – entre nous et avec les plus démunis – nous fait communier au corps du Christ (1 Cor 10, 16 – 2ème prière après la communion).

Alors, nous sauverons notre vie...

Abbé Christian LAFFARGUE.

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