Il fait entendre les sourds... (Marc 7, 37)-23ème du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 6 septembre 2015

10ème anniversaire ! (cf en annexe)

23ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (B)

LES TEXTES DE LA MESSE

Il fait entendre les sourds...

(Marc 7, 37 - Evangile)

...et parler les muets s'exclamèrent les témoins de la guérison d'un sourd-bègue en Décapole (au sud du lac de Tibériade, de part et d'autre du Jourdain). Miracle propre à l'Evangile selon saint Marc. Jésus, qui fuit toujours la théâtralité et la mise en scène (propres au monde et à son prince) prit à part le handicapé, hors de la foule. Il mit ses doigts dans les oreilles et lui toucha la langue avec sa salive (v. 33). Tout est concret. Le Christ utilise les sens qui sont des moyens pour atteindre la fin recherchée, souvent spirituelle, pour atteindre l'âme. C'est toujours le mystère de l'Incarnation ! Et c'est toujours en référence et en union avec son Père que le Fils opère : Levant les yeux au ciel, il poussa un gémissement (*) et lui dit "Ouvre-toi". Aussitôt, ses oreilles s'ouvrirent et sa langue se délia (v. 34).

La langue des témoins se délia aussi, puisqu'ils en parlèrent à tous, alors que le Christ avait recommandé la discrétion; mais comment se taire devant de tels faits et une guérison miraculeuse ?

Il vient lui-même et va nous sauver annonçait Isaïe (35, 4 – Ière lecture). Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s'ouvriront les oreilles des sourds. (v. 5) La suite est un mélange joyeux et bucolique d'évènements affectant la nature (l'eau qui jaillit dans le désert, les torrents en pays aride, la terre asséchée se change en lac, etc), et d'autres affectant l'homme (le boiteux qui bondit, le muet guéri qui crie sa joie) (vv. 6-7).

Ce "retour des déportés" du chapitre 35 d'Isaïe se dessine l'intervention de Dieu pour son peuple. La suite du texte le découvre : Il y aura un chemin, une route..., la voie sacrée; l'impur n'y passera pas car le Seigneur lui-même ouvrira la route... Les rachetés y marcheront..., pleurs et douleurs auront pris fin (vv. 8-10).

Le psaume 145 – récité par les juifs à l'office du matin et qui est une hymne "au Dieu secourable" – décrit aussi les bienfaits corporels (1ère strophe: vv. 6b-8a) et spirituels : le Seigneur redresse les accablés, aime les justes...

Mais pour recevoir ces dons de voir et d'entendre, Dieu choisit ceux qui sont pauvres aux yeux du monde. Il les fait riches de la foi, héritiers du Royaume promis à ceux qui l'auront aimé (Jacques 2, 5 – IIème lecture). Saint Paul dira clairement: Ce que le monde tient pour insensé, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce que le monde tient pour faible, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les forts. Dieu a choisi dans le monde ce qui est sans considération et qu'on méprise, ce qui n'est rien, pour réduire à néant ce qui est… (1 Corinthiens 1, 27-28).

Sans oublier que la Croix, que les croix, deviennent glorieuses pour ceux qui les offrent en union avec Jésus crucifié et ressuscité. Lui qui n'a pas revendiqué son droit d'être traité à l'égal de Dieu, mais au contraire, s'est dépouillé lui-même en prenant la condition de serviteur. (…) C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout… (Philippiens 2; 6, 7, 9 – Messe de La Croix glorieuse au 14 septembre)

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés… (Psaume 145/146, str. 2)

Abbé Christian LAFFARGUE.

(*) Un gémissement (traduit ainsi par le Bibles de Jérusalem, Crampon, Osty). La traduction liturgique (2013) traduit par un soupir. C'est un peu réducteur.

10ème anniversaire ! :

C'est en septembre 2005, que, nommé curé de Tossiat (Ain), je publiais un Bulletin paroissial à livrer le mercredi avant minuit à la paroissienne qui le mettait en page en y ajoutant les chants pour être tiré sur papier par mes soins. Il était plié par d'autres paroissiens pour être mis à l'entrée de l'église principale bien avant la grand' Messe dominicale. J'en pliais moi-même une petite quantité pour la messe de 9 heures (messe non chantée dans une autre paroisse). Internet se répandant, je pris l'habitude de l'envoyer plus tôt (le vendredi vers 11 heures) aux paroissiens, pratiquants ou non, aux amis, aux anciens retraitants (tes), etc.

Quand je suis parti pour la Normandie, beaucoup "d'abonnés" m'ont demandé de continuer à publier ce Bulletin (le dernier date du dimanche 18 août 2013, jour de mes adieux) devenu "dominical". Je crois n'avoir manqué qu'une fois : le bulletin du dimanche suivant 25.

Quand je partais en voyage, en retraite ou en vacances, je le préparais d'avance, ce qui faisait un gros travail. Le Seigneur m'a toujours aidé et éclairé. La rédaction me prend plusieurs jours. "Le mot du curé", deux heures en vérifiant les traductions... C'est un petit ministère sacerdotal de formation théologique et spirituelle, avec la défense des valeurs naturelles et chrétiennes et le style attaché à la personnalité et à l'histoire du rédacteur. Il n'est pas toujours "religieusement correct", mais toujours fidèle à la Foi et au magistère de l'Eglise. Il a uniquement pour but le salut des âmes.

Il comporte trois pages, une de moins que le "Bulletin paroissial" car je n'ai plus à publier les horaires et lieux des messes de la semaine, les baptêmes, mariages et obsèques, les avis concernant les catéchismes, les activités, etc.

De 1995 à 2005, dans ma première paroisse près d'Ars, à Fareins (cf mon livre "Pour l'amour de l'Eglise") je publiais tous les quinze jours un Bulletin paroissial que je tapais moi-même (la secrétaire paroissiale ayant un jour décidé de ne plus le faire, jugeant le contenu non conforme à ses idées !) avec deux doigts (çà n'a pas changé) sur une vieille machine à écrire : une page A4 recto-verso où il y avait déjà "Le mot du curé" (devenu "Les textes de la Messe") et, surtout, le résumé des nombreuses encycliques du Pape Jean-Paul II, les règles de l'Eglise en matière liturgique pour montrer que je ne faisais que les suivre... A cette époque, il était impossible de citer ce Pape, canonisé depuis, dans les homélies dominicales ! Mes paroissiens (entendez : les membres des équipes liturgiques, de la chorale, les catéchistes, le maire pratiquant et sa femme...) ne l'auraient pas supporté ! Ils supportaient déjà les beaux ornements, la progressive suppression des laïcs donnant la communion, la disparition des filles enfants de chœur, la cloche sonnée à l'élévation, la clochette remise en usage, les sermons que j'écrivais en entier car ils étaient critiqués, etc., etc. Certaines choses n'ont pas beaucoup changé en certains lieux vingt ans après !

Ab. L.

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