Je suis le pain descendu du Ciel (Jn 6; 41, 59)-19ème dim du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 9 août 2015

19ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (B)

LES TEXTES DE LA MESSE

Je suis le pain descendu du Ciel

(Jean 6; 41, 59 – Evangile)

Nous aurions pu titrer cette chronique de la même façon que dimanche dernier: Je suis le pain de vie (v. 35), repris aux versets 48 et 51 de l'extrait de ce dimanche, tant le Seigneur insiste sur cette vérité à croire.

Ses auditeurs ne l'entendaient pas de cette oreille, ils récriminaient et murmuraient contre Jésus (v. 41). Ils en restaient aux apparences, à l'humain : Celui-là n'est-il pas Jésus, fils de Joseph dont nous connaissons le père et la mère ?(v. 42). Ils ne voyaient pas en lui le Fils de Dieu, Dieu Lui-même; le fondement de notre foi.

La foi est un don de Dieu : Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire... (v. 44) Ils seront tous instruits par Dieu (Lui-même ajoute la nouvelle traduction liturgique) (citation d'Isaïe 54, 13 et de Jérémie 31, 33-34). Jésus montre ici, et de nombreuses fois, qu'Il est Celui qu'ont annoncé les prophètes de l'Ancien Testament. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. En vérité, en vérité, je vous le dis : celui qui croit en moi a (déjà) la vie éternelle (vv. 46-47). Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement, et le pain que je donnerai, c'est ma chair donnée pour la vie du monde (pour le salut du monde traduit Crampon) (v. 51). Nous aurons la suite dimanche prochain.

La manne (Cf Exode 16, 4-35) – qui annonçait et préfigurait la sainte Eucharistie – nourrissait le peuple élu dans le désert au sortir d'Egypte, physiquement, mais il ne donnait pas l'immortalité bienheureuse à l'âme : Vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. (vv. 49-50).

La foi en "la présence réelle" (du Christ dans la sainte Eucharistie), nous l'avons dit, est un don de Dieu, qu'il faut demander et mériter. Voilà pourquoi, appliqué à l'annonce que fait le Christ aux juifs, saint Paul écrit aux chrétiens d'Ephèse : N'attristez pas le Saint-Esprit qui vous a marqués de son sceau en vue du jour de votre délivrance (pour le jour de la rédemption traduit Crampon) (Eph 4, 30 – IIème lecture). Le sceau, c'est celui reçu au baptême avec les trois vertus théologales: la Foi, l'Espérance et la Charité, les vertus et les dons du Saint-Esprit. Mais c'est à chacun de nous, en grandissant, à faire grandir et épanouir ces dons gratuits; ou à les étouffer, ou encore à les renier. La foi n'est rien – elle est même inutile – sans la charité, sans l'amour de charité qui n'est pas n'importe quel amour ! Au cœur de la charité est le pardon. Sans pardon la charité est illusoire, même si, par ailleurs, on est fidèle aux commandements de Dieu et de l'Eglise. Soyez bons les uns envers les autres, miséricordieux, vous pardonnant les uns les autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ (v. 32) (trad. Crampon). Tant de catholiques fidèles, entretiennent dans le secret de leur cœur une animosité, une opposition, une rancœur contre quelqu'un, souvent depuis longtemps. Et ils ne s'en préoccupent guère, même si leur prochain en souffre ! Leur (s) vertu (s) n'est pas aimée par Dieu et les illusionne.

Le pain que je donnerai, dit le Seigneur, c'est ma chair (Jn 6, 51 repris par l'une des deux prières avant la communion). Comment peut-on communier à Celui qui a offert sa vie pour racheter nos péchés et nourrir des sentiments exactement contraires ? Cette communion sera très peu fructueuse...

Adoptons l'attitude du psalmiste, pleine d'humilité : Je cherche le Seigneur, il me répond... Un pauvre crie; le Seigneur entend... Heureux qui trouve en lui son refuge ! (Psaume 33)

Alors le pain du ciel nous fera vivre, et tant d'autres aussi, et non mourir...

Abbé Christian LAFFARGUE.

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