"Ma grâce te suffit..." (2 Cor 12, 9)-14ème dim du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 5 juillet 2015

14ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (B)

LES TEXTES DE LA MESSE

Ma grâce te suffit...

(2 Cor 12, 9 – IIème lecture)

car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse poursuit le Seigneur en guise de réponse à la prière de saint Paul d'écarter de lui une écharde reçue dans sa chair envoyé par un envoyé de Satan (un démon) pour le gifler. On ne connaît pas la nature de ce mal. Maladie du corps, maladie, tentation, de l'âme ?

Ce sont des précisions qui ne nous ont pas été révélées et qui restent des mystères, car ils ne sont pas indispensables pour nous en faire comprendre et suivre la leçon. Pourtant, l'apôtre des nations a réitéré ses appels : Par trois fois, j'ai prié le Seigneur de l'écarter de moi (v. 8). "Trois fois" ou peut-être plus encore !

Auparavant, saint Paul avait fait état de ses visions et révélations (2 Co 12, 1-4). Et pour que les révélations extraordinaires qu'il a reçues ne l'empêchent de se surestimer, il a reçu "une écharde dans sa chair" (v. 7).

Le Seigneur permet ou nous envoie des épreuves, physiques ou/et morales, pour notre salut, pour notre sanctification. Elles nous humilient, nous rabaissent, nous ramènent à la réalité de notre condition de pauvres pécheurs (cf l'Ave Maria: Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant, et à l'heure de notre mort.)

Dans les règles de discernement des esprits pour la première semaine des Exercices spirituels, à propos des causes des désolations de l'âme, St Ignace de Loyola écrit : Tout est un don et une grâce de sa divine bonté : Il veut nous apprendre à ne point placer trop haut notre demeure, en permettant à notre esprit de s'élever et de se laisser aller à quelque mouvement d'orgueil ou de vaine gloire*, nous attribuant à nous-mêmes... (n°322, 9ème règle, troisième cause de la désolation)

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus écrivait : Pour m'élever jusqu'au Ciel, je n'ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. (Manuscrits autob., à Mère Marie de Gonzague).

Je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure écrit saint Paul. Fasse en moi Sa demeure... Ce n'est pas rien ! Dieu résiste aux orgueilleux, mais donne sa grâce aux humbles écrit l'apôtre saint Jacques (Jc 4, 6). Aussi faut-il accepter de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. (2 Co 12, 10)

Dieu a choisi ce qui est faible dans le monde pour confondre ce qui est fort (1 Cor 1, 27).

Sinon, c'est la révolte, le visage dur, le cœur obstiné (cf. Ezéchiel 2, 4 – Ière lecture) qui dominent les âmes qui n'acceptent pas dans la foi les contrariétés et les souffrances de la vie; et Dieu sait si elles sont nombreuses pour certains !

L'Esprit venant au secours de notre faiblesse (Romains 8, 26), et l'Esprit du Seigneur étant sur moi, nous sommes envoyés porter la bonne Nouvelle aux pauvres (refrain de l'Alleluia).

Abbé Christian LAFFARGUE.

*Vaine gloire: Saint Thomas d'Aquin lui consacre une question (132) dans la Somme théologique (2a 2ae) et cite Saint Augustin (Cité de Dieu, V, 13): "A dire vrai, il faut reconnaître que l'amour de la gloire est aussi un vice" (Sed contra)

Il s'agit de l'appétit de gloire personnelle ou gloriole.

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