Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? (Jn 20, 15) Pâques

Publié le par Abbé C. Laffargue

Dimanche de Pâques : 5 avril 2015

Dimanche de la Résurrection du Seigneur –B-

Solennité.

LES TEXTES DE LA MESSE

Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?

(Jean 20, 15)

Elle se tenait près du tombeau et elle sanglotait… On a enlevé mon Seigneur et je ne sais où on l'a mis (vv. 11, 13) dit Marie-Madeleine aux deux anges qui se tenaient où reposait le corps de Jésus (v. 12).

Après avoir apparu à sa mère, selon la Tradition, Jésus apparut en premier à Marie de Magdala.

Le pape Saint Grégoire le Grand (+ 604), relève deux traits de sa démarche: sa persévérance et son obstination dans l'amour.

Sa persévérance: "A cela nous pouvons mesurer quelle était la force de l'amour enflammant l'âme de cette femme qui, alors que les disciples avaient quitté le tombeau du Seigneur, ne le quittait pas. Elle cherchait celui qu'elle n'avait pas trouvé, elle pleurait en le cherchant, et enflammé du feu de son amour, elle brûlait du désir de celui qu'elle a cru enlevé. D'où il arriva que seule elle le vit alors, elle qui était restée pour le chercher, car ce qui donne de l'efficacité à une bonne œuvre, c'est le persévérance, et la Vérité dit: Celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé (Mt 10, 22)."

Son obstination dans l'amour: "Donc, Marie, en pleurant, se pencha et regarda dans le tombeau. Certes, elle avait déjà vu que le tombeau était vide, elle avait déjà annoncé que le Seigneur avait été enlevé; pourquoi donc se penche-t-elle de nouveau ? Désire-t-elle voir encore une fois ?

C'est qu'à celui qui aime, un seul regard ne suffit pas; car la force de l'amour multiplie le zèle de la recherche.

Elle a donc cherché une première fois et n'a rien trouvé; elle a persévéré dans sa recherche, c'est pourquoi elle a obtenu de trouver; il est arrivé que ses désirs ont grandi d'être différés, et qu'en grandissant, ils ont saisi ce qu'ils ont trouvé." (Homélie 25 sur les Evangiles. Matines du jeudi de Pâques)

Elle n'a pas gardé pour elle la découverte du tombeau vide à l'aube de Pâques. Elle ne s'est pas lamentée sur elle-même, sur sa souffrance, sur son amour et sa foi déçus. Elle courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait (Jn 20, 2 – Evangile). Elle s'est tournée vers l'Eglise et vers Pierre, celui que tous, déjà, reconnaissent comme le Vicaire du Christ, même si leur attitude et leur comportement sont bien décevants.

Jean lui-même, bien qu'il soit l'apôtre bien-aimé et qu'il arrive le premier au tombeau (v. 4), attend Saint Pierre pour entrer à sa suite (vv. 5-6). Il voit et il croit (v. 8), alors que Pierre s'en retourne – dans l'expectative – tout surpris de ce qui était arrivé (Luc 24, 12). Ressuscité au matin du premier jour de la semaine, il apparut d'abord à Marie de Magdala. Celle-ci alla avertir ceux qui avaient été avec lui et qui étaient dans le deuil et les larmes. Mais eux, à la nouvelle qu'il était vivant et qu'elle l'avait vu, restèrent incrédules. (Marc 16, 9-11)

C'est celui qui aimait le plus qui vit (surnaturellement) et qui crut. Il faudra que Jésus apparaisse aux autres, au soir de Pâques, après avoir apparu aux "pèlerins d'Emmaüs", dans l'auberge (Luc 24, 31), pour que les apôtres Le reconnaissent en voyant ses mains et ses pieds percés par les clous de la crucifixion (Lc 24, 39).

Nous aussi, nous sommes ressuscités avec le Christ. Et nous recherchons les réalités d'en haut, non pas celles de la terre: c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu (Saint Paul aux Colossiens 3, 1-2). Avec cette belle formule, principe de la vie intérieure: Car vous êtes morts et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu (v. 3).

Dic nobis MariaDis-nous, Marie-Madeleine, qu'as-tu vu en chemin ? J'ai vu le sépulcre du Dieu vivant, j'ai vu la gloire du Ressuscité… Le Christ, mon espérance, est ressuscité !

(Séquence de la Messe de Pâques)

Abbé Christian LAFFARGUE.

(Bulletin paroissial du 8 avril 2012)

Publié dans Bulletin dominical

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