Mystère éclatant de la croix ! (Dimanche des Rameaux)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 29 mars 2015 Mois de Saint Joseph

Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur (B)

LES TEXTES DE LA MESSE

Les étendards du Roi s’avancent,

Mystère éclatant de la croix !

(Hymne des vêpres de la Passion)

En ce dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur qui ouvre la Semaine sainte, nous entrons plus avant dans le mystère de la Croix, douloureux certes, mais lumineux et beau à la fois ! Celui qu’acclamaient la foule lors du récit de l’entrée de Jésus à Jérusalem (Marc 11, 9), juché sur un ânon (symbole de douceur et d’humilité), va bientôt être abandonné par les mêmes (car ils avaient été déçus dans leurs ambitions humaines), pris, condamné à la mort de la croix : Au gibet fut pendue la chair du Créateur de toute chair (Hymne). Comme nous, souvent, les juifs, dépossédés de leurs prérogatives et humiliés, rêvaient d’un roi temporel, puissant et conquérant (Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d’Israël ! (Mc 11,10 - Jn 12, 14-15). Le Christ Jésus était bien « Roi du ciel et de la terre », mais Lui qui était de condition divine, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu, mais – au contraire – il s’est dépouillé lui-même en prenant la condition de serviteur (…). Il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. C’est pourquoi, Dieu l’a élevé au-dessus de tout…(Philippiens 2, 6-8 – IIème lecture). Son trône est le bois de la croix, son manteau est rouge de son sang : Arbre dont la beauté rayonne, paré de la pourpre du Roi… D’un bois si beau qu’il fut choisi, pour toucher ses membres très saints ! (Hymne des vêpres, 3ème strophe).

Saint Théodore « le studite » (moine de Constantinople, 759-826), fait la comparaison entre l’arbre (de la connaissance du bien et du mal, Genèse 2, 9; 3, 3) dans le paradis terrestre, qui fut l’occasion de la chute de nos premiers parents, et l’arbre de la croix : C’est un arbre qui donne la vie et non la mort; la lumière et non l’aveuglement. Elle fait entrer dans l’Eden, elle n’en fait pas sortir. Cet arbre sur lequel le Christ est monté, comme un roi sur son char de triomphe, a perdu le diable qui avait le pouvoir de la mort, en délivrant le genre humain de l’esclavage du tyran (…). Après avoir été mis à mort par le bois, nous avons trouvé la vie par le bois (…). C’est par la croix que les Apôtres ont été glorifiés, tous les martyrs couronnés, tous les saints sanctifiés. C’est par la croix que nous avons été ramenés comme les brebis du Christ, et que nous sommes rassemblés dans la bergerie d’en haut. (1). Dans une très belle méditation sur La gloire et la puissance de la croix, Saint Léon le Grand nous prépare au Jeudi-saint où le Christ instituera le sacrement de l’Eucharistie (et le sacrement de l’Ordre) fruit du Sacrifice de la croix, le Vendredi-saint (cf. la prédication du Jeudi-saint dans les Exercices de Saint Ignace) : « Le Christ, notre Pâque, a été immolé » (1 Co 5, 7-8). Il s’est offert au Père en sacrifice nouveau et véritable de réconciliation (…), pour qu’une nouvelle victime fût présentée sur un nouvel autel, et que la croix du Christ fut cet autel, non plus du temple, mais du monde. (2)

Salut, autel ! Salut, victime, de la glorieuse passion ! La vie qui supporta la mort, par la mort a rendu la vie ! (Hymne des vêpres, 5ème strophe)

Entrons avec foi et ferveur dans cette sainte Semaine, sourds aux bruits et aux clameurs du monde, unissons-nous à l’Eglise, corps du Christ, qui va nous faire vivre en ses rites sacrés le mystère de notre Rédemption, afin que notre conversion touche nos frères pour que ce divin Sacrifice les touche et les sauve !

Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) Homélie pour l’adoration de la croix. Bréviaire, office des lectures, vendredi de la 2ème semaine au Temps pascal.

(2) Sermon pour la Passion. Bréviaire, off. des lect., Vendredi-saint.

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