La vertu morale de Force

Publié le par Abbé C. Laffargue

La vertu morale de Force.

La force

La force est la vertu morale qui assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien. Elle affermit la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale. Elle rend capable de vaincre la peur, même de la mort, d'affronter l'épreuve et les persécutions. Elle dispose à aller jusqu'au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause. "Ma force et mon chant, c'est le Seigneur" (Ps 118, 14). "Dans le monde, vous aurez de l'affliction, mais courage, Moi J'ai vaincu le monde" (Jn 16, 33).

(C.E.C. n°1808).

Ses actes: entreprendre et endurer des choses difficiles (l'aggredi et le sustinere).

Elle permet de vaincre la crainte des fatigues et des dangers, des critiques ou des railleries, de déplaire, le respect humain. Son acte principal: le martyre (du sang ou d'épreuves constantes et durables).

L'acte principal de la vertu morale de Force est le martyre.

"Le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi; il désigne un témoignage qui va jusqu'à la mort. Le martyr rend témoignage au Christ, mort et ressuscité, auquel il est uni par la charité. Il rend témoignage à la vérité de la foi et de la doctrine chrétienne. Il supporte la mort par un acte de force. Laissez-moi devenir la pâture des bêtes. C'est par elles qu'il me sera donné d'arriver à Dieu (Saint Ignace d'Antioche, Rom. 4, 1)" (C.E.C. n° 2473)

Martyr du sang, mais aussi de la mémoire, de l'intelligence et de la volonté...

Martyr des sens (la vue, l'ouïe notamment). Martyr dans l'Eglise...

Cf la Vierge Marie regina martyrorum : ... et toi, ton âme sera traversée d'un glaive (Siméon, Lc 2, 35)

Les vices contraires: la peur et la lâcheté d'un côté, la témérité de l'autre.

Les vertus annexes: la magnanimité (la disposition à entreprendre de grandes choses pour Dieu et le prochain) qui a pour défaut contraire la pusillanimité (la crainte excessive de l'échec, mais aussi la mesquinerie ou la prodigalité). La patience (qui fait supporter avec égalité d'âme, par amour pour Dieu et en union avec Jésus-Christ, les souffrances physiques ou morales). La persévérance ou constance (qui permet de ne pas succomber à la lassitude ou au découragement).

Patience et charité: La charité ("L'amour" in ntl...) prend patience, la charité rend service; la charité ne jalouse pas, elle ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil; elle ne fait rien d'inconvenant; elle ne cherche pas son intérêt; elle ne s'emporte pas; elle n'entretient pas de rancune; elle ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais elle trouve sa joie dans ce qui est vrai; elle supporte tout, elle fait confiance en tout, elle espère tout, elle endure tout. (1 Co 13, 4-7 in CEC 1825)

La charité, la joie, la paix, la patience, la longanimité, la bonté, la bénignité, la mansuétude, la fidélité, la modestie, la continence, la chasteté sont les fruits de l'Esprit (Gal 5, 22-23 vulg in CEC n°1832)

"La patience prend le nom de longanimité lorsqu'elle consiste à attendre longuement le bien espéré; et on l'appelle aussi constance lorsqu'elle comporte un effort continu pour la réalisation d'une œuvre bonne."

La persévérance, c'est la force nécessaire pour tenir, non pas pour arriver à bout de telle ou telle entreprise, mais jusqu'à la fin de sa vie dans la pratique de toutes les vertus (cf la persévérance finale qui est une grâce).

Vous serez détestés de tous à cause de mon nom; mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin,

celui-là sera sauvé. Mt 10, 22

(Les derniers temps: "On vous tuera, vous serez détestés de toutes les nations à cause de mon nom, v. 9. Ce sera pour beaucoup une occasion de chute, ils se livreront..., se détesteront les uns les autres, v. 10. Beaucoup de faux prophètes égareront bien des gens, v. 11). A cause de l'ampleur du mal (de l'iniquité) la charité de la plupart des hommes se refroidira. Mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. (Mt 24, 12-13)

La fausse persévérance: la pertinacité, l'obstination, l'entêtement.

Le don du Saint-Esprit correspondant: le don de force (Je puis tout en celui qui me fortifie (Ph. 4,13)

"Dans le monde, vous aurez de l'affliction, mais courage, J'ai vaincu le monde" (Jn 16,33)

Abbé Christian LAFFARGUE.

Janvier 2015

Publié dans Morale

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