La Transfiguration (Mc 9, 2-10)-2ème dim de carême-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 1er mars 2015

2ème dimanche de Carême (Année B)

Mois de Saint Joseph.

LES TEXTES DE LA MESSE

De la mort à la résurrection

(La Transfiguration).

C'est une très belle scène évoquée dans l'Evangile de ce dimanche en Saint Marc (9, 2-10) (comme en Mt 17 et en Lc 9) où Jésus est transfiguré "sur une haute montagne" (*) devant Pierre, Jacques et Jean, ses apôtres. Le Pape Saint Léon le Grand (+461) en fait un très beau commentaire : Le Seigneur découvre sa gloire devant les témoins qu'il a choisis… Par cette transfiguration, il voulait avant tout prémunir ses disciples contre le scandale de la croix et, en leur révélant toute la grandeur de sa dignité cachée, empêcher que les abaissements de sa passion volontaire ne bouleversent leur foi. Mais il ne prévoyait pas moins de fonder l'espérance de l'Eglise, en faisant découvrir à tout le corps du Christ quelle transformation lui serait accordée; ses membres se promettraient de partager l'honneur qui avait resplendi dans leur chef. (…) Que la foi de tous s'affermisse avec la prédication de l'Evangile, et que personne n'ait honte de la croix du Christ, par laquelle le monde a été racheté. (…) Puisque le Christ a accepté toute la faiblesse de notre pauvreté, si nous persévérons à le confesser et à l'aimer, nous sommes vainqueurs de ce qu'il a vaincu et nous recevons ce qu'il a promis. Qu'il s'agisse de pratiquer les commandements ou de supporter l'adversité, la voix du Père que nous avons entendue tout à l'heure doit retentir sans cesse à nos oreilles: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis tout mon amour; écoutez-le !" (Mt 17, 5). (Office des lectures du 2ème dim. de Carême).

Cette passion et cette croix, le sacrifice suprême du Fils par son Père (quel mystère !), étaient annoncés et figurés par le sacrifice du fils unique d'Abraham, Isaac, qui devait être offert en sacrifice par son père (Genèse 22, 1-2 – Ière lecture). L'un et l'autre obéissent docilement au commandement de Dieu et immolent d'abord leur raison, leur volonté propre, tous les sentiments et les réactions qu'ils pouvaient avoir humainement. Ils s'immolent d'abord intérieurement. Et ce n'est qu'après cette marche intérieure douloureuse, crucifiante, allant au bout de l'obéissance et de leurs forces, que Dieu interviendra pour empêcher cette mort: Je sais maintenant que tu crains Dieu: tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique (…) Parce que tu as fait cela, parce que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions… (vv. 12 et 16).

Et si Dieu n'a pas épargné son propre Fils mais l'a livré pour nous tous, comment, avec lui, ne nous accordera-t-il pas toute choses ? (Romains 8, 32 – IIème lecture).

En suivant le Christ en sa mort, nous ressusciterons avec Lui. En suivant Sa volonté souvent crucifiante, Il se dévoilera à nous, dans la lumière. Une lumière sûre, forte et douce que nous trouverons au fond de nos nuits, pourvu que nous Le cherchions toujours: Ecoute, Seigneur, mon cri d'appel, pitié, réponds-moi ! En mon cœur je t'ai dit: Je cherche ton visage, Seigneur; je le recherche, ne me cache pas ta face.

(Psaume 26, 7-8 – Introït pour le v. 8).

Abbé Christian LAFFARGUE.

(*) "Sur une haute montagne". L'historien Jean-Christian Petitfils, dans son Jésus (éd. Fayard, 2011), pense qu'il ne s'agit pas du Mont Thabor (588 m), mais du Mont Hermon (2840 m) (p. 247).

(Bulletin paroissial du 4 mars 2012. "Le mot du curé")

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