Il commande aux esprits impurs... (Mc 1, 27) 4ème dim du T.A.-B

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 1er février 2015

4ème dimanche du temps de l'Année liturgique (Année B)

LES TEXTES DE LA MESSE

Il commande aux esprits impurs et ils Lui obéissent

(Marc 1, 27 – Evangile)

Après l'appel des quatre premiers disciples (Mc 1, 14-20) pour en faire des pêcheurs d'hommes (v. 17), Jésus se met à enseigner (v. 21). S'il appelle à Le suivre – sans commentaires et sans explications – il le fera cependant plus tard en éclairant leurs âmes, en Se faisant connaître pour mener à Son Père tous ceux qui entendront et suivront son appel. Ses auditeurs étaient vivement impressionnés par son enseignement, car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes (v. 22). Une autorité d'autant plus grande et impressionnante qu'elle ne venait pas de Lui-même – en tant qu'homme – mais d'ailleurs, d'en Haut, d'un Autre.

Jésus n'est pas un chef de parti, une personnalité dotée d'un magnétisme puissant s'exerçant sur des foules qu'il dirigera (on dirait aujourd'hui: qu'il manipulera) selon ses ambitions et ses folies, comme l'ont fait des personnages historiques, avant et après Jésus-Christ, en France, en Europe et dans le monde. Personnages qui remplissent les livres d'histoire, qu'on ne cesse de mettre en scène par l'écrit, le théâtre, le cinéma, la télévision, qui continuent de fasciner et de séduire malgré leurs œuvres: guerres, conquêtes, triomphes et désastres, avec leurs millions de morts, massacres effroyables et inutiles.

Autorité de Son verbe et autorité d'action, pouvoir – non pas sur des foules naïves et bernées - mais sur le mal, sur les démons.

Au début de sa vie publique, Jésus fera très vite un miracle, un exorcisme, en délivrant un homme possédé par un esprit impur (v. 23) qui sortit de lui en jetant un grand cri (v. 26). Et ce démon reconnaît immédiatement que Jésus agit au nom du Dieu Tout-Puissant d'où Il tire son pouvoir, et même, qu'il est lui-même le Fils de Dieu, le Messie: Es-tu venu pour nous perdre – les démons – Jésus de Nazareth ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu (v. 24). Le démon proclame publiquement sa foi, car les démons, anges déchus (cf. "La chute des anges" dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique, nn. 391 à 395), ont la foi (catholique, apostolique et romaine d'ailleurs) (cf. Jacques 2, 19). Ils savent que là est la Vérité, pour la haïr et lutter contre elle jusqu'à la fin du monde.

Jésus commande à ce démon de se taire, sévèrement (v. 25). Quand il guérit d'une grave fièvre la belle-mère de Simon, des malades et des démoniaques, quand il chasse beaucoup d'autres démons, dans le passage qui suit et qui n'est pas dans l'évangile de ce dimanche, il ne leur permit pas de parler, parce qu'ils savaient qui Il était (vv. 29-34; dans la maison de Pierre).

Les témoins sont impressionnés, et par cet enseignement nouveau donné avec autorité, et par Celui qui commande en maître aux esprits impurs (mauvais) qui Lui obéissent (v. 27).

C'est en cela que la Présence de Dieu dans les sacrements, dans l'Eglise, dans les âmes, suscite des réactions hostiles des démons, et c'est en cela que le Christ est un signe de contradiction (Siméon à Marie lors de la Présentation de Jésus au Temple in Luc 2, 34). Supprimer – comme le voudraient certains – le Christ, l'Eglise, les prêtres, loin d'éviter les occasions de conflits religieux, serait le triomphe de Satan. Et Satan, ce n'est pas la paix, la réconciliation: c'est la guerre, la division, la vengeance. Seul le Christ apporte la paix pour l'homme réconcilié avec lui-même et avec Dieu dans la contrition et le pardon. Seule la grâce surnaturelle du Christ permet de pardonner à ceux qui nous ont offensés (le Notre Père, Mt 6, 12), et même d'aimer ses ennemis (Mt 5, 43-48). La société civile en est apaisée, enrichie, transformée.

Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière...

(verset de l'Alleluia)

Abbé Christian LAFFARGUE.

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