"C'est toi mon Fils, le bien-aimé… (Marc 1, 11)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 11 janvier 2015

Fête du Baptême du Seigneur – B –

Temps de Noël/Epiphanie

LES TEXTES DE LA MESSE

C'est toi mon Fils, le bien-aimé

(Marc 1, 11 – Evangile)

en qui je me complais ! (1) dit la voix du Ciel en même temps qu'on vit les cieux se déchirer et l'Esprit descendre sur Jésus comme une colombe. C'est la manifestation même et la révélation de la Sainte Trinité: la voix du Père; Jésus, le Fils; la colombe, image du Saint-Esprit. Quel beau tableau (dont les représentations dans l'art chrétien sont nombreuses) !

Le baptême de notre Seigneur dans les eaux du Jourdain par Saint Jean-Baptiste est l'une des trois épiphanies (manifestation) de Dieu (qui atteste que Jésus est bien Son Fils) avec la venue des rois mages auprès de l'Enfant - qu'ils ont reconnu comme leur roi et le Dieu dont ils cherchaient la lumière - et avec le premier miracle de Jésus à Cana en Galilée (cf les antiennes du Benedictus et du Magnificat dans l'Office de l'Epiphanie du 6 janvier). Jean-Baptiste avait désigné son cousin Jésus comme l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jean 1, 29). Il annonce maintenant un nouveau baptême, le baptême de la nouvelle Alliance, dans l'eau et dans l'Esprit (Marc 1, 8), ajoutant et le feu (en Mt 3, 11 et Lc 3, 16) (cf aussi la deuxième antienne de l'Office des lectures).

Saint Jean (IIème lecture), ajoute le sang: Jésus-Christ est venu par l'eau et par le sang: non pas seulement avec l'eau, mais avec l'eau et avec le sang. (...) Ils sont trois qui rendent témoignage, l'Esprit, l'eau et le sang. (1 Jean 5, 6-8) Jésus, le Verbe fait chair, est vrai homme (Par l'Esprit Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie proclame le Credo de Nicée (325)-Constantinople (381), chair et sang (2), hostie s'offrant déjà en sacrifice pour l'expiation de nos péchés signifiée par la myrrhe offerte par les rois d'Orient, avec l'or (pour le roi) et l'encens (pour le Dieu).

Dans la prière sur les offrandes, nous demandons à Dieu qu'elles deviennent le sacrifice de celui qui a enlevé le péché du monde. Saint Jean-Baptiste dira de Jésus venant à lui sur le bord du Jourdain: Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jn 1, 29; donné sans doute par erreur dans le "Magnificat" de janvier comme verset de l'Alleluia).

Les interventions de Dieu le Père pour manifester solennellement que ce Jésus est bien son Fils appellent à la Foi des témoins et à la nôtre. Cette foi est déjà une victoire contre l'impiété du monde : La victoire remportée sur le monde, c'est notre foi. (...) C'est celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu. (1 Jn 5, 4-5).

Celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu. En aimant le Père qui nous a donné son Fils aime aussi le Fils qui est né de lui (v. 1). La foi entraîne l'amour (la charité), et aimer Dieu, c'est accomplir ses commandements.

(v. 2. Cf aussi la première lecture du lundi après l'Epiphanie, 1 Jn 3, 22-4,6)

La Foi et l'amour de Dieu sont à chercher avant tout: Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver; invoquez-le tant qu'il est proche (Isaïe 55, 6). Il ne faut pas manquer les rendez-vous de la grâce et ne pas remettre au lendemain (que nous ne sommes jamais sûrs d'avoir) l'essentiel: le salut de son âme. La première lecture est un appel à la conversion: Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme perfide, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu riche en pardon (vv. 6-7). Si le pécheur ne revient pas pour changer de vie, comment le Seigneur pourra-t-il lui montrer sa miséricorde ?

Ma force et mon chant (ma protection), c'est le Seigneur; il est pour moi le salut.

Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut. (Isaïe 12, 2-3 – Cantique)

Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) En qui je me complais: c'est la traduction de la Bible Crampon qui est préférable pour expliquer l'union du Père et du Fils incarné dans la Sainte Trinité. "Littéralement: En lui je me suis complu" écrit en note la synopse d'Osty/Trinquet en l'expliquant. En qui je trouve ma joie traduit la nouvelle traduction liturgique en référence à Is 42, 1.

(2) Chair et sang: on pense à l'Eucharistie. L'Evangile de la messe du 6 janvier donnait le récit de la première multiplication des pains, figure de l'Eucharistie, en St Marc (6, 34-44).

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