Voici la demeure de Dieu parmi les hommes. (Ap.21,3)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 9 novembre 2014

Dédicace de la basilique du Latran (fête)

LES TEXTES DE LA MESSE

Voici la demeure de Dieu parmi les hommes.

(Apoc. 21,3 - Refrain du psaume 45)

Nous fêtons aujourd'hui la très riche messe de la Dédicace des églises, ces édifices bâtis pour abriter la présence de Dieu, pour Sa gloire, signe de son Alliance avec les hommes rachetés par le Sacrifice du Christ. La Préface (I) le résume fort bien: Dans cette maison que tu nous as donnée, où tu accueilles le peuple qui marche vers toi, tu nous offres un signe merveilleux de ton alliance: ici, tu construis pour ta gloire le temple vivant que nous sommes; ici tu édifies l'Eglise pour que se constitue le Corps du Christ (qui) s'achèvera dans la béatitude de la Jérusalem céleste.

Ces pierres de l'édifice vivent des pierres vivantes que sont les âmes des baptisés sanctifiées par la célébration des mystères sacrés: Vous êtes la maison que Dieu construit, écrit Saint Paul aux chrétiens de Corinthe (1 Co 3,9; IIème lecture), mais que chacun prenne garde à la façon dont il construit avertit l'apôtre, car les seules fondations solides c'est Jésus-Christ. Et ces pierres vivantes que nous sommes sont le Temple de Dieu par l'Esprit de Dieu qui habite en nous (v.16).

Et quelle est le moteur, le foyer (lumineux et chaleureux) de ce temple, de pierres et d'âmes ? La présence de Dieu. C'est la présence de Dieu, l'hostie dans le tabernacle, qui l'a remplie lorsqu'elle a été consacrée (Cf textes propres dans les trois premières prières eucharistiques). C'est l'hostie qui rayonne la grâce de la présence réelle, substantielle, du Christ dans l'Eucharistie; c'est l'hostie qui nourrit les âmes, temples du Saint Esprit (2ème lect. et 6, 19-20).

Quand on a chassé le tabernacle des chœurs - construits pour abriter, honorer la présence en un écrin sacré - la liturgie est devenue verbeuse, comme pour essayer de remplir le lieu déserté. Après avoir déplacé aussi (ou bien détruit, ou encore laissé comme décor) l'autel majeur, le tabernacle a été déplacé dans un coin plus ou moins visible, comme s'il gênait. Il devenait ainsi un lieu de dévotion privée.

Ainsi, les églises sont devenues des lieux de rassemblements bruyants, des lieux seulement historiques et culturels, des lieux sans vie, la vie du Christ ressuscité dans l'hostie en majesté.

Dans la vision de Saint Jean sur la Jérusalem céleste, l'apôtre bien-aimé voit un ciel nouveau et une terre nouvelle, la cité sainte, la Jérusalem nouvelle qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu, qui s'est fait belle, comme une jeune mariée parée pour son époux (Apoc. 21, 1-2 – Introït).

C'est ainsi que doit être le temple, l'église de la nouvelle Alliance: propreté, beauté, lumière et ombre, expressions des mystères de la foi: joyeux, lumineux, douloureux, glorieux.

L'église se prépare pour le festin des noces de l'Agneau et ses invités.

Lesquels, s'ils n'ont pas perdu toute conscience des mystères sacrés auxquels ils sont conviés, ont revêtu l'habit de noces (Mt 22, 11-12): ce qu'ils ont de plus beau pour le Roi qui les a invités et qui les attend. Certes, l'habit de l'âme pure, mais aussi, les vêtements qui revêtent le corps et qui en expriment la beauté.

L'autel est préparé et orné comme on prépare les tables des repas de fête. Le prêtre, autre Christ en ses fonctions sacrées, se revêt des vêtements liturgiques différents de couleur et de qualité selon le mystère qui est célébré. De même, il utilisera des "linges sacrés", des "vases sacrés", etc.

L'heure, alors, sera venue et c'est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Alleluia.

(Jean 4, 23-24 – Verset de l'Alleluia)

Abbé Christian LAFFARGUE.

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