N.-S. Jésus-Christ, roi de l'univers

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 23 novembre 2014

Notre-Seigneur Jésus-Christ, Roi de l'univers, solennité (A)

Dernier dimanche de l'Année liturgique.

LES TEXTES DE LA MESSE

"Il est digne, l'Agneau qui a été immolé, de recevoir puissance, divinité, sagesse, force et honneur. A Lui, gloire et puissance dans les siècles des siècles." (Apocalypse 5,12 - 1,6) Introït de la Messe.

Nous sommes au début de la semaine qui clôt l'Année liturgique. Dans cinq semaines nous contemplerons l'Enfant dans l'étable, couché dans la crèche, la mangeoire, que les Rois d'Orient reconnaîtront comme leur Roi en lui offrant l'or, et comme leur Dieu en lui offrant l'encens que nous utilisons au cours de cette solennité.

"Où est le Roi des juifs qui vient de naître ?" demanderont-ils à Hérode. (Mt 2, 2)

Hérode voudra faire mourir l'enfant parce qu'il craindra un concurrent qui menacerait son trône terrestre, et aussi, au fond, parce qu'il ne voulait pas Le reconnaître comme le Messie, annoncé pourtant par les prophètes et dont le lieu: Bethléem, la maison du pain, était aussi clairement attesté par ses scribes, ses exégètes.

"Cet homme se prétend le Christ-Roi !" vocifèreront les pharisiens (Lc 23,2) et Pilate n'aura de cesse de demander : "Es-tu le Roi des Juifs?" (Mt 27, Mc 15, Lc 23 + Jn18) - "Tu l'as dit: Je le suis" répondra Jésus mais en ayant pris soin de préciser: "Mon Royaume n'est pas de ce monde, sinon mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs; non, mon royaume n'est pas d'ici" (Jean 18, 36)

Ce Royaume que désirait tant, au fond de lui, le bon larron sur la croix auprès de Jésus et qu'il a soudain reconnu par grâce, pendant que son comparse, lui, le refusait : "Jésus, souviens-toi de moi, quand tu seras dans ton Royaume!" (Luc 23, 42).

Et sur le haut de la Croix, était inscrit en grec, en latin et en hébreu : "Jésus de Nazareth, roi des Juifs" (Jean 19, 19).

C'est là, à travers les textes de l'Ecriture que se dessine cette Royauté du Christ.

Et s'Il est né, on vient de le relire, c'est pour mourir, pour racheter Ses brebis dont Il est le Bon Pasteur par Sa croix. C'est parce qu'Il est l'Agneau et l'Agneau immolé, qu'Il a été digne de recevoir puissance, divinité, sagesse, force et honneur et qu'il a gloire et puissance dans les siècles des siècles" (cf Introït)

"Le Seigneur est mon berger…" dit le psaume (22).

Le prophète Ezéchiel (34, Ière lecture) nous montre un pasteur, un berger, doux et bon, délicat, attentif à Ses brebis, soucieux de leur salut :

"J'irai moi-même à la recherche de mes brebis et je veillerai sur elles (répété deux fois: versets 11 et 12) - J'irai les délivrer des endroits où elles se sont dispersées un jour de brouillard et d'obscurité (v. 12) - La brebis perdue, celle qui est blessée, je la chercherai; l'égarée je la ramènerai; celle qui est blessée, je la panserai" (v. 16)

"Dispersées, perdues…, un jour de brouillard et d'obscurité…" Nous devons demander à Dieu Notre-Seigneur de dissiper "le brouillard et l'obscurité" dans lesquels se trouvent peu ou prou nos âmes qui ont peut-être perdu l'intelligence des mystères de la Foi…

Ce JESUS, ce CHRIST-ROI, c'est le NOUVEL ADAM…

Mourant sur la Croix, et nous à sa suite, qui a fait mourir en nous le vieil homme, l'Adam révolté, orgueilleux, faible, pécheur pour que ressuscite par Lui et en nous le nouvel Adam.

"C'est en Adam que meurent tous les hommes -écrit Saint PAUL dans la première Lettre aux Corinthiens (IIème Lecture)- c'est dans le Christ que tous revivront, chacun à son rang, en premier le Christ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu'Il reviendra".

Le jugement dernier (cf C.E.C. 1038 à 1041) est bien présent aussi dans cette fête du Christ-Roi :

"Et toi, mon troupeau, déclare le Seigneur Dieu, apprends que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs" a-t-on lu dans la dernière phrase de la Ière lecture en Ezéchiel (34, 17).

C'est ce jugement dernier qui est, peut-on dire, mis en scène dans la parabole du Christ, relatée au chapitre 25 de Saint Matthieu, dont Il a délivré l'enseignement avant de mourir:

"Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire et tous les anges avec lui, alors Il siègera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant Lui; Il séparera les uns des autres comme le berger sépare les brebis des chèvres, il placera les brebis à sa droite et les chèvres à sa gauche. Alors le Roi dira à ceux qui sont à sa droite: "Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde" (vv. 31-34).

Alors Il dira à ceux qui sont à sa gauche: "allez-vous en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges…" (v. 41)

Et sur quoi seront-ils jugés ? Sur la Foi bien sûr - pas seulement sur "l'humanitaire"-, la Foi au Christ Fils de Dieu, annoncé par les prophètes, né de la Vierge Marie, vrai Dieu - attesté par Sa parole et ses miracles qui l'ont prouvé - et vrai homme, crucifié le Vendredi-saint, ressuscité des morts le dimanche de Pâques, monté au Ciel rejoindre son Père quarante jours plus tard après avoir fondé Son Eglise et annoncé la venue du Saint Esprit paraclet…

Sur cette Foi, au moins implicite, mais aussi sur la Charité :

"J'avais faim…, j'avais soif…" : leur avons-nous à manger, à boire ? Car ils avaient faim de cette Foi, de cette Parole, de cette Bonne nouvelle du salut, du Royaume; faim aussi physiquement, puisque le Christ a nourri bien réellement les foules lors des deux multiplications des pains (Mt 14, Mc 6, Lc 9, Jn 6 + Mt 15, Mc 8) (et "l'homme ne vit pas seulement de pain": Mt 4,4; Lc 4,4)

"J'étais un étranger…": les avons-nous accueillis dans notre famille, dans notre paroisse, dans notre pays, dans notre cœur surtout ?

"J'étais malade, en prison…" : les avons-nous soignés, visités ? Avez-vous demandé au prêtre d'aller les voir en préparant sa venue ?

Car le plus grand commandement est "d'aimer le Seigneur notre Dieu -reconnu comme tel- de tout notre cœur, de toute notre âme (Mt 22, Mc 12, Lc 10) et notre prochain (Mt 5, 43) comme nous-mêmes (Mt 19,19; Mc 12), amour qui s'étend aux ennemis auxquels il faut pardonner et pour lesquels il faut prier (Mt 5,44; Lc 6, 27…); "pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi…" (le Pater)

"Au soir de cette vie, nous serons jugés sur l'amour" (Saint Jean de la Croix, maxime 80).

Au seuil du saint Sacrifice, entrons dans le mystère de l'Amour perpétué…, livré…, offert…

Le Bon Pasteur, le Roi, c'est le Prêtre éternel, c'est l'hostie… C'est l'Amour fait chair, méconnu, oublié, dénaturé… La couronne qui fut d'épines est devenue de gloire; sa couronne aussi, ce sont les âmes, rachetées, qui ont bien voulu venir, se laisser ramener, se laisser enseigner, se laisser aimer. Le manteau rouge du soldat romain mais aussi de la flagellation et de la crucifixion est devenue la robe blanche, immaculée, transfigurée: celle des nappes, des linges sacrés, de l'hostie et des hosties.

Son trône, c'est la Croix glorieuse, l'autel paré, le prêtre paré comme l'épouse qui s'est préparée longuement, parfumée, embellie avec toute les délicatesses de la Foi et de l'amour pour accueillir son époux, avec ce qu'elle a de plus beau et que s'exprime visiblement l'amour de son coeur, celui qui est sa vie, son bonheur, son tout !

Le Roi du Ciel appelle nos âmes, jour après jour, pour lesquelles il vient encore aujourd'hui : Lui, l'Agneau, le Seigneur des seigneurs, l'enfant de Bethléem, l'adolescent et l'homme de Nazareth, le Messie de Palestine, celui du Thabor, du Golgotha, du jardin où Il fut pris, où Il fut mis au tombeau, où Il apparut à celle qui L'avait reconnu et rencontré sur ses chemins de perdition: "Marie!" - "Rabbouni !"…

C'est Lui le Roi, c'est Lui… "Il est là…!" s'exclamait saint Jean-Marie Vianney, interrompant sa prédication, en montrant le tabernacle de son église d'Ars.

"Il est digne, l'Agneau qui a été immolé, de recevoir puissance, divinité, sagesse, force et honneur.

A Lui, gloire et puissance dans les siècles des siècles!" (Introït)

Abbé Christian LAFFARGUE.

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article