La Croix du Christ est notre seule fierté. (cf Gal 6, 14)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 14 septembre 2014

La Croix glorieuse ou L'exaltation de la sainte Croix

LES TEXTES DE LA MESSE

La Croix du Christ est notre seule fierté.

(cf Galates 6, 14 – Introït)

La croix, une fierté ? Ce serait plutôt le signe d'un échec, d'une déchéance, d'une punition...! Alors que le succès d'une œuvre matérielle, humanitaire, spirituelle, même acquis après des luttes, des contradictions, des persécutions mêmes, se manifeste par une réussite en nombre et en œuvres susceptibles de nous rendre légitimement fiers ! Tandis que l'ignominie de la croix, l'abandon des foules, hier enthousiastes, et même du cercle des plus fidèles, les apôtres, c'est plutôt l'humiliation et non la fierté ! Quel mystère ! Nous ne fêtons pas la croix en tant que telle, avec des souffrances horribles et une mort atroce, la honte d'une telle condamnation. En soi, la mort et la souffrance sont un mal. Mais en les assumant, en les offrant à Dieu son Père pour l'expiation de nos péchés, le Christ Jésus en a fait un merveilleux moyen de salut, de purification, d'union à Dieu, de liberté retrouvée et de joie.

Quand Il mourut, la victoire du mal était manifeste. En réalité, le mal, le péché, Satan étaient vaincus. A jamais. L'admirable Préface de la fête le dit : Tu as attaché au bois de la croix le salut du genre humain, pour que la vie surgisse à nouveau d'un arbre qui donnait la mort, et que l'ennemi, victorieux par le bois, fût lui-même vaincu sur le bois par le Christ, notre Seigneur.

On pense à l'hymne des vêpres du Samedi-saint : Ta mort détruit la mort, ta vie nous donne la vie, car tu as vaincu le diable, perfide serviteur de la mort (2ème strophe).

Vie de la grâce par les sept canaux que sont les sacrements issus du côté percé de Jésus sur la Croix (1) dont le premier, le baptême (cf 1 Jn 5, 6), et l'Eucharistie: corps broyé et sang répandu du Christ-prêtre.

Par ta croix, Seigneur, tu nous rends la vie (refrain du psaume 77) – Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons: par ta croix, tu as racheté le monde (verset de l'Alleluia, que nous reprenons dans les Chemins de croix).

La croix est un autel et pas seulement un gibet: Que cette offrande, nous vous en supplions, Seigneur, nous purifie de toutes nos fautes, puisque sur l'autel de la croix, le Christ a enlevé le péché du monde entier (Prière sur les offrandes) (2)

La croix est un abaissement dans lequel nous devons accepter d'entrer à notre tour : Il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix (Philippiens 2, 8 – IIème lecture). Celui qui veut être mon disciple, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive (Mt 16, 24 et //)

La croix a vaincu Satan. Il le sait. Voilà pourquoi, il la déteste et veut l'effacer (sur les ornements sacerdotaux dits "modernes" par exemple, les hosties, etc) ou la renverser partout (au sommet et dans les églises, dans les maisons religieuses, dans les maisons des chrétiens, sur les tombes dans les cimetières, à la croisée des chemins...). Avec la croix, tout ce qui est pénitence (dont les clercs n'osent plus prononcer le mot) et obéissance avec le refus de se mettre à genoux alors qu'au Nom de Jésus (a fortiori en Sa présence !) (3), aux cieux, sur terre et dans les enfers, tout genou fléchisse, et que toute langue proclame: "Jésus Christ est le Seigneur" (Ph 2, 10-11).

Demandons à "Notre-Dame des douleurs" que nous fêterons le lendemain, la force dans la foi pour nous unir, nous aussi, à la Passion du Christ, afin d'avoir part à sa Résurrection (Collecte de la Messe du 15 sept.).

Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) Cf la Préface de la Messe du Sacré-Cœur de Jésus: Dans son immense amour, quand il fut élevé sur la croix, il s'est offert lui-même pour nous; et de son côté transpercé, laissant jaillir le sang et l'eau, il fit naître les sacrements de l'Eglise, pour que tous les hommes, attirés vers son cœur, viennent puiser la joie aux sources vives du salut.

(2) Purification offerte (elle n'est pas automatique) si les âmes veulent bien reconnaître que le crucifié est bien le Fils de Dieu par la foi; s'ils veulent bien reconnaître leurs péchés, changer de vie (se convertir) et recevoir l'amour de charité qui inclut le pardon des offenses et l'amour surnaturel des ennemis (cf Mt 5, 43-47, etc)

(3) Quand les agenouilloirs n'ont pas été supprimés pour empêcher les fidèles de se mettre à genoux, ils servent à poser confortablement les pieds dans des tenues molles et alanguies irrespectueuses et impolies devant Dieu, y compris devant le Saint-Sacrement exposé.

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